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Vignette test total war three kingdoms

Test Total War: Three Kingdoms – Entre romance et frictions

Retour aux sources pour la licence Total War : après un crochet par l’univers fantasy de Warhammer (I & II) et le spin-off Britannia mi-figue, mi-raisin, c’est sur la Chine du début du millénaire que Creative Assembly a jeté son dévolu.

Démonter les Han en solo

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Chose assez inédite, Total War: Three Kingdoms ne s’ancre pas uniquement dans le réel, puisque le titre a été développé avec un pied dans le Roman des Trois Royaumes et un autre dans les Chroniques des Trois Royaumes. Les différences entre les 2 ? 11 siècles et la part réservée à l’imagination. Les 2 ouvrages racontent la même période historique, celle des Trois Royaume au début du premier millénaire alors que l’Empire des Han est sur le déclin. Cependant, là où les Chroniques rédigées au IIIe siècle se veulent un tableau fidèle de la réalité, le Roman du XIVe siècle tend beaucoup plus vers le romanesque et la glorification des héros. Bref, on vire bien davantage dans la fiction.

Total War: Three Kingdoms 2 modes de campagne : Romance et Historique, chacun basé sur un compte-rendu différent des événements.

Fort de son expérience sur Total War: Warhammer, Creative Assembly a décidé qu’il n’était pas obligé de se contenter du réel et propose donc dans Total War: Three Kingdoms 2 modes de campagne : Romance et Historique, chacun basé sur un compte-rendu différent des événements. Dans le 1er cas, les héros ont beaucoup d’importance et peuvent se battre à l’américaine : seuls contre des dizaines d’ennemis. Par ailleurs, des duels peuvent avoir lieu sur le champ de bataille entre généraux de camps opposés. Le résultat est, il faut le dire, assez cool : voire des chorégraphies de combat poussées au milieu de centaines de soldats, ça claque. Le mode Historique se montre quant à lui plus fidèle au reste de la saga Total War avec des héros bien plus humains et entourés de leurs gardes.

Test Total War Three Kingdoms Duel
Les duels en plein milieu d’une grosse bataille sont plutôt cool.

La Chine traverse une période de crise : la dynastie des Han est en chute libre et, forcément, des successeurs en puissance s’élèvent un peu partout dans l’empire. Vous faites partie de ceux-là et allez chercher à établir votre puissance jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne pour contester votre légitimité au trône.

Turbans Gold Master Card

Pour débuter votre partie, vous pouvez choisir parmi 11 seigneurs, la majorité proposant une campagne de difficulté normale. Rectification : vous pouvez choisir parmi 12 seigneurs si vous avez joué et débloqué Dong Zhuo, le tyran que vous devez déloger lorsque vous commencez une partie. Attendez, on me dit dans l’oreillette qu’il y a en fait 14 seigneurs si vous possédez le DLC des Turbans Jaunes. Creative Assembly et sa foutue politique de DLC… vivement que le jeu complet coûte 140€.

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L’arbre des réformes façon cerisier en fleur est magnifique. Une telle direction artistique sur l’ensemble du jeu aurait été oufissime.

Pour chaque seigneur, des unités et bâtiments exclusifs, mais aussi un petit bonus particulier en prime qui mettra l’accent sur telle ou telle composante (revenus en rab & cie). Vous remarquerez bien vite qu’au final, c’est un peu du pareil au même peu importe le personnage que vous choisissez. Faites plutôt en fonction de la difficulté annoncée, un repère bien plus satisfaisant.

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Au fil de sa progression, un personnage débloque des traits. Leur compatibilité avec ceux des autres personnages conditionne pour beaucoup les relations.

Une fois en jeu, vous serez confronté à une liste croissante de factions adverses avec lesquelles il faudra composer afin de faciliter votre ascension vers la gloire et le pouvoir, que ce soit par la diplomatie ou par la guerre. Pour ce qui est de la diplomatie, Total War: Three Kingdoms offre des perspectives intéressantes, en partie liées aux personnages de votre cour. En effet, chacun a des aspirations différentes ainsi que des affinités plus ou moins prononcées avec les autres nobles. Ainsi, vous ferez attention de composer une armée avec des généraux qui s’entendent bien et éviterez de faire travailler étroitement dans votre gouvernement 2 types qui ne peuvent pas se pifrer.

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Attention aux relations entre personnages si vous voulez éviter la guerre civile.

Pour ce qui est de la diplomatie, Total War: Three Kingdoms offre des perspectives intéressantes.

Si le niveau de satisfaction d’un personnage important de votre gouvernement venait à chuter au point qu’il déserte, il créerait une guerre civile que vous devriez gérer. Afin d’empêcher cela, plusieurs solutions, comme offrir des promotions, des équipements (monture, auxiliaire, armure…), etc. Tout dépend des souhaits de chaque personnage que vous pouvez consulter quand bon vous semble.

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Confier des responsabilités à un noble est un bon moyen de vous assurer sa loyauté… pour un temps.

Répartir les tâches ménagères, c’est aussi faire le vassal

Toutefois la diplomatie ne se limite bien évidemment pas seulement aux affaires intérieures. Total War: Three Kingdoms offre la possibilité d’envoyer l’un de vos héros en tant qu’espion dans une faction adverse afin d’y remplir divers objectifs. Il est par exemple tout à fait envisageable de créer des dissensions ou de bloquer des ravitaillements ennemis. On oublie facilement cette composante en début de partie, mais plus on avance, moins on peut s’en passer tant l’apport stratégique est intéressant.

Si les développeurs ont lu les livres des Trois Royaumes, l’IA n’a pas entendu parler de Sun Tzu.

À côté de l’espionnage demeure la possibilité de traiter avec les factions adverses au grand jour. Bon, il faut y aller avec patience parce que, il faut bien le dire, elles se montrent un peu co-connes. Un coup c’est une proposition pour quelque chose qu’on m’a refusé le tour d’avant, l’autre c’est une demande pour rejoindre une guerre contre un type à l’autre bout de la carte… intérêt stratégique ? Zéro. Et je ne parle pas des adversaires frontaliers qui déclarent la guerre, mais ne prennent pas avantage du fait que mes armées sont éloignées de mes villes pour attaquer ces dernières. Si les développeurs ont lu les livres des Trois Royaumes, l’IA n’a pas entendu parler de Sun Tzu.

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Entreprendre une action d’espionnage coûte des ressources spécifiques glanées par l’espion en poste.

En revanche, notons une belle performance du côté de la vassalité et des mariages. Devenir vassal n’est plus réducteur puisqu’on vote lors des décisions et cela peut permettre de prospérer plus facilement si l’on se retrouve en position difficile – en particulier, le lien de vassalité implique un protectorat qui peut se révéler bien pratique. Pour ce qui est du mariage, il peut carrément permettre de récupérer une faction sous sa bannière ; une bonne alternative à la guerre donc.

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Le problème, c’est que pour gérer le volet diplomatique, l’interface ne nous aide pas vraiment. Impossible par exemple de savoir exactement qui vous cause. Pardon hein, mais énormément de noms se ressemblent (il m’est arrivé d’accepter de rejoindre une guerre contre Liu Bei, alors qu’en fait celui que je voulais marrave n’avait rien à voir : c’était Liu Biao. Ben ouais), alors quand on me fait une proposition diplomatique, c’est un peu compliqué de voir si elle a de l’intérêt pour moi ou non, parce que je ne peux pas repérer les territoires liés à ce nom.

Total War: Bureaucratie

À côté de ça, Total War: Three Kingdoms fait l’effort d’offrir un sentiment de progression au joueur un peu plus affirmé que par le passé. À mesure que vous gagnez en puissance armé de votre saint prestige, vous gagnez des titres honorifiques qui étendent votre influence et débloquent des options diplomatiques (vous ne pouvez pas vassaliser qui que ce soit en tant que petit duc perdu dans votre comté, faut pas déconner). Par ailleurs, cela signifie aussi que votre structure administrative prend de l’ampleur et vous pouvez donc nommer les nobles de votre cour à davantage de fonctions au sein de votre gouvernement. Rapidement, vous développez tous les symptômes d’une bureaucratie poussée qui prendra 3 mois pour délivrer un passeport à ses ressortissants (c’est une blague, y’a pas de passeport, calmez-vous !), avec un chancelier, un premier ministre et tout le tintouin.

Total War: Three Kingdoms fait l’effort d’offrir un sentiment de progression au joueur un peu plus affirmé que par le passé.

Vos personnages eux aussi peuvent prendre des niveaux. En plus de l’équipement customisable, des compétences se débloquent selon un arbre qui permet de faire évoluer les héros. Chacune augmente les statistiques, ce qui permet de spécialiser un noble (chacun a un profil de base qui l’oriente dans une direction) et d’obtenir divers bonus à l’échelle de la faction ou d’une armée, tout dépend comment vous employez la personne.

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La narration accompagne cette progression, avec plusieurs fenêtres qui apparaîtront régulièrement pour raconter petits et grands événements : comment vous obtenez tel objet, comment la relation entre untel et untel se renforce ou se dégrade, etc. D’ailleurs, vous avez parfois la possibilité de choisir entre deux options afin d’orienter le récit et les relations. Si cette composante est assez sympathique, on ne peut s’empêcher de ressentir assez rapidement un phénomène de répétition qui nous pousse à expédier ces fenêtres de plus en plus rapidement. Au passage, il en va de même avec l’issue du tour des adversaires : on se choppe une pelletée de notifications sur tel royaume lointain qui forme une coalition avec tel royaume encore plus paumé… clique sur la petite croix à la chaîne. De petites infobulles sur le côté de l’écran auraient été largement suffisantes pour les événements ne nous concernant pas directement.

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Oui, c’est Mao, non je n’ai pas changé

Dans le fond, Total War n’a pas beaucoup changé. Avec Three Kingdoms, la série se bonifie un peu, avec des ajouts là où il faut, mais ça ne bouscule pas mémé dans sa chaumière non plus. Les batailles sont toujours aussi cool à diriger soi-même, mais on aimerait que les proportions soient plus dantesques : ajoutez-nous des unités ras la gueule ! D’autant que ce n’est pas comme si Creative Assembly préférait apporter des graphismes aux petits oignons. Total War stagne sur le plan visuel, que ça soit sur la carte globale où dans les batailles. Qu’on nous propose au moins divers paramétrages de rendu visuel ! Je suppose que c’est un peu le problème quand on veut sortir des opus à la chaîne. Total War: Three Kingdoms est un bon retour aux sources historiques de la saga avec une option romance agréable en prime, mais « retour » est peut-être un terme justement beaucoup trop approprié.

Points forts

  • Ben, c’est un Total War quoi
  • Possibilité de choisir entre Romance et Historique
  • Composante dynastique et aspirations des personnages
  • Diplomatie plus poussée
  • L’espionnage apporte une bonne couche stratégique sur le long terme
  • L’interface est toujours au top (sauf en diplomatie)

Points faibles

  • Ben, ça reste un Total War quoi
  • Graphiquement faiblard
  • L’IA a toujours la toiture qui ondule
  • D’un seigneur à l’autre, du pareil au même
  • Ça manque cruellement d’infos en diplomatie

Total War: Warhammer pour ceux qui n’aiment pas la fantasy

15/20

WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse PC fournie par l’éditeur de ce jeu.
  • GPU : NVIDIA RTX 2080
  • CPU : Intel i7-9700K @5GHz
  • RAM : 16 Go
  • SSD M.2

Total War: Three Kingdoms est disponible sur PC et Mac.

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