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Test Gears 5 – Tel un Fenix

Gears of War a été une petite révolution lors de la génération précédente, mais il faut avouer que la série a tendance à mal vieillir au fil des années,. Est-ce que ce Gears 5 est le début d’un renouveau tant attendu ? En grande partie, oui.

Acceptez-vous les termes de la CGU ?

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Licence phare de l’écurie Xbox depuis le premier épisode sorti en 2006, Gears of War est sûrement l’un des premiers titres qui a contribué à l’évènement de la HD et du AAA. Tous les cover shooters sortis après lui n’étaient que de pâles imitations, et son action non-stop sous perfusion de testostérone en a laissé plus d’un bouche bée, sans oublier de raconter une histoire de camaraderie profonde. Seulement, plus de 12 ans après la sortie de ce premier épisode, l’industrie a bien changé.

En dehors de Halo et Forza, Xbox n’a plus vraiment de licences exclusives qui ferait pencher la balance entre l’achat d’une X-boîte ou d’une Station de Jeu, l’avantage étant clairement chez Sony avec moult gros studios first-party. Après un quatrième épisode qui n’avait pas les épaules pour apporter la série dans le Nouveau Monde du AAA, Gears 5 a de sacrés défis qu’il l’attendent : dépoussiérer un gameplay rigide qui vieillit mal, évoluer et apporter quelque chose de neuf à la série.

Des gros mots ? C’est bien un Gears.

On verra pour les autres, mais il est clair que le dernier point a été énormément mis en avant par The Coalition, le studio de Rod Fergusson parti d’Epic Games pour continuer la série de son côté. En changeant de protagoniste (quitte à faire râler les connards misogynes habituels), Gears 5 veut revoir l’approche de la narration avec quelque chose de plus… émotionnelle, plus intimiste, voire cérébrale (oui, même pour un Gears). Est-ce que c’est réussi ? Hmm, l’intention est bonne et se ressent, mais le résultat n’est pas parfait.

Jamais sans mon rétro-Lanzor

Le souci avec Gears of War, c’est qu’il s’en est passé des trucs. Si le synopsis global peut tenir sur un ticket de métro, il faut avouer que le monde de Sera en proie à une guerre sans fin a ce truc en plus. Entre le fait qu’absolument tout est musclé (la patte Epic Games avant que le studio fasse du Fortnite), les deux studios ont fait des efforts pour donner de l’épaisseur à cet univers impitoyable où des tronçonneuses sont montées sur des fusils d’assaut, à coup d’anecdotes d’un lointain passé qui explique comment on en est arrivé là.

Oui, il grêle.

On ne va pas se mentir, un joueur qui déboule avec Gears 5 ne va pas comprendre grand-chose. Le jeu assume que vous savez qui est Adam Fenix, la Reine Myrrah ou même le savant fou Niles Samson, et il n’y a pas vraiment de classe de rattrapage. La situation débute directement après la fin de Gears of war 4 quand on apprend que l’invasion de la Vermine risque d’être tout aussi coton que celle des Locustes qui a eu lieu presque 25 ans auparavant.

Si le synopsis global peut tenir sur un ticket de métro, il faut avouer que le monde de Sera a toujours ce truc en plus.

La surprise (ou pas, vu la comm qui se focalise sur cet aspect) est que le joueur prend alors le contrôle de Kait Diaz, amie de JD Fenix. On a cru tout le long du 4e opus que le fils du légendaire Marcus Fenix serait le héros de cette nouvelle série, mais passé le premier acte, on incarne Kait jusqu’à la fin.

Ce changement est surprenant, parce que les Gears of War ont toujours tourné autour de la famille Fenix, mais Kait porte également un héritage familial assez lourd et insoupçonné. Intrigue mise en place lors du dernier opus, Kait espère découvrir les origines de sa famille qui semble avoir des liens particuliers avec les Locustes. La jeune femme part donc en quête de réponses dans le Grand Nord, où elle pourrait trouver quelques réponses.

L’épisode qui jette un froid.

Si des efforts de mise en scène sont vraiment louables, avec des transitions parfaites entre les phases de gameplay et les séquences de narration, cet aspect est vite délaissé pour une progression plus classique (mais digne de la série). Au fur et à mesure de l’aventure, Kait connaît une évolution psychologique subtile, mais présente. Ce n’est pas difficile de donner de la profondeur à un personnage qui passe du second au premier plan, mais partir découvrir son passé, épaulée par ses ami prêts à la soutenir, rend hommage à cet ôde à la camaraderie qu’est la série Gears of War.

Malheureusement, quelques bonnes idées de scénarios retombent… assez sec. La bande à JD explose suite à une révélation assez inattendue et on imagine alors que The Coalition va s’engouffrer dans le truc pour faire voler en éclat nos repères. C’est intéressant, couillu et cela donne du crédit en plus pour le changement de protagoniste. Malheureusement, cette audace d’écriture est balayée d’un revers de la main après quelques heures de jeu avec une bonne tape dans le dos genre : « boarf, ce n’était pas si grave (si, ça l’était, ndr). On reste amis ? ».

Malheureusement, quelques bonnes idées de scénarios retombent… assez sec.

Sans rien révéler, il en va de même pour la fin du jeu, où le joueur doit faire un choix… étrange. Dramatique, mais étrange, inséré à coup de crosse de Destructor. On se demande comment cela va se dégoupiller au début de Gears 6. The Coalition avait vraiment toutes les cartes en main pour en faire un scénario engageant et prenant, mais l’ensemble ne parvient jamais à atteindre son plein potentiel. Quand le dernier acte se termine, on se dit : « quoi, c’est tout ? Mais, j’étais chaud, là ! ».

Faites craquer la glace pour vous débarasser rapidement de la Vermine.

Attention, cela ne veut pas dire que l’on ne suit pas les aventures de Kait avec attention, mais avec les ambitions proclamées de Rod Fergusson, on s’attendait à mieux. À l’entendre parler, on avait presque l’impression que Microsoft tenait son God of War ou son Last of Us, avec tout ce discours sur le combat de Kait contre ses démons intérieurs.

Quand le dernier acte se termine, on se dit : « quoi, c’est tout ? Mais, j’étais chaud, là ! ».

Il y a tout de même un discours intéressant sur la CGU et son côté fasciste exacerbé. La poigne de fer du Premier ministre est présentée comme un mal nécessaire pour que l’humanité ait une chance de survivre (et c’est vrai), mais le titre questionne très souvent ses méthodes un peu extrêmes. La frontière entre amis et ennemis n’est pas totalement brouillée, mais on n’en est pas loin.

Tout schuss

Si d’un point de vue scénar’ le titre n’est pas à la hauteur de ses ambitions, la campagne reste pourtant un point fort du jeu, grâce à son rythme et sa variété de situations qui rend hommage aux meilleurs épisodes de la série.

Le gameplay n’a pas bougé d’un iota et est toujours ultra rigide : il faut un chargeur entier pour tuer un ennemi et le système de déplacement ne laisse pas vraiment de liberté de mouvement sur le terrain. L’arsenal reste assez classique avec un best-of des 4 précédents jeux et même le bestiaire ne se renouvelle que très peu, bien que la complémentarité des membres de la vermine suffit souvent à renouveler l’expérience.

On peut tout de même noter l’arrivée des nuées de sangsues volantes : elles ne sont pas aussi dangereuses qu’on pourrait le croire, mais leur modélisation est assez ouf, avec des centaines d’individus qui se déplacent comme un seul.

Cette image immobile ne rend pas justice à cette nuée tourbillonante.

En fait, la vraie nouveauté, c’est l’introduction de niveaux semi-ouverts qui permet au joueur d’explorer les environs. Il n’est pas vraiment question d’en faire un open-world, mais plutôt de rythmer le jeu via des moments d’accalmie entre deux fusillades musclées. Pour ce faire, Kait pourra piloter un skiff pour surfer sur la neige, tiré par un cerf-volant. Si se déplacer d’un point à un autre peut-être assez longuet, le pilotage du machin est extrêmement agréable, d’une fluidité à toute épreuve. C’est vraiment surprenant, surtout pour un jeu pas vraiment pensé pour ça.

Définition de « Satisfaction » : la neige qui s’écarte sous les patins du skiff.

Parce que c’est la mode est aux systèmes de light-RPG quand bien même le genre ne s’y prête pas vraiment (pas vrai Youngblood ?), un droïde débilo-rigolo-qui-n’est-pas-R2D2 vous accompagne tout le long de l’aventure. En récupérant des points d’amélioration dans les dédales et les points d’intérêts du niveau ouvert, vous pouvez l’améliorer avec des compétences très intéressantes qui font vraiment le taf (pour peu qu’on pense à s’en servir).

Enfin un acolyte utile.

Jack peut faire plein de trucs : ramasser une arme au loin, étourdir les ennemis pour mieux les dézinguer et activer des pouvoirs offensifs ou défensifs comme un camouflage, un flashbang ou même la possibilité de retourner un ennemi contre son camp. Chaque arène étant assez différente de la précédente, l’utilisation de Jack apporte quelques options tactiques intéressantes quand on se croit impuissant face à la Vermine. Pas de stats inutiles dans tous les sens, juste des trucs utiles et impactants.

L’utilisation de Jack apporte quelques options tactiques intéressantes quand on se croit impuissant face à la Vermine.

Mais le truc vraiment génial, c’est qu’un joueur peut rejoindre votre partie et prendre le contrôle de Jack. La grande tradition des Gears of War est respecté et le jeu est jouable en coop, jusqu’à 3 dans le cas échéant en ajoutant Del. Le gameplay est alors complètement différent, permettant de créer de belles synergies où un joueur seul a souvent du mal à tirer et commander le petit robot simultanément. Il est juste dommage que les quelques phases de gameplay qui nécessite l’utilisation de Jack pour progresser soient aussi rares et simples.

Mon dieu, de la coop en split-screen en 2019…

Au-delà de ça, les situations marquantes ne manquent pas : entre des « grêlons » qui font la taille d’un bus, un laboratoire secret caché sous la montagne et l’assemblage d’une fusée de A à Z qui offre quelques allers-retours intéressants, l’aventure nous marque encore une fois plus par les la variété des péripéties que par le fond, et c’est le principal quand on porte l’héritage de Gears of War. Cela passe aussi par un nombre hallucinant de variables qui impactent les combats, à tel point que chaque affrontement risque d’être bien différent du précédent. Pour un GOW, rien d’exceptionnel, mais beaucoup de titres d’action n’y arrivent pas forcément.

Les situations marquantes ne manquent pas.

Et comment ne pas évoquer les niveaux semi-ouverts sans aborder la qualité de la réalisation du titre : ce nouveau Gears of War est tout simplement impressionnant. Si la direction artistique est toujours reconnaissable avec ces muscles bien trop gros pour être humainement possibles, les environnements sont tout simplement sublimes et variés, avec un sens du détail très riche (un poil trop selon certains). Grâce à une optimisation à toute épreuve, que ce soit sur PC ou Xbox One, le jeu est fluide en toute circonstance. La version Xbox One X peut même se targuer de tourner à 60 FPS, avec une résolution dynamique qui peut réellement monter jusqu’en 2160p (4K native). Vu le bordel ambiant qui règne à l’écran, c’est même préférable.

Dernier point important, Gears 5 propose toujours du split-screen (même sur PC), et c’est beau parce que trop rare de nos jours. Ajoutez à cela de (très) nombreuses options d’accessibilité pour les joueurs sensibles à différents handicaps ou qui aiment régler leur expérience aux petits oignons et on est très confort. The Coalition a vraiment pensé à beaucoup de choses pour aller dans le sens du joueur.

Rase les murs

Bien sûr, un bon Gears, c’est aussi un bon multi. Pour adhérer, il faut déjà ne pas être rebuté par le gameplay de GOW qui est très étrange vu de l’extérieur. Entre les personnages qui font des translations de 2 mètres entre les couverts et du snapshot au fusil à pompe ou au sniper, le core gameplay est toujours aussi atypique dès qu’il s’agit de compétition. Pourtant, les précédents opus ont fait les beaux jours du Xbox Live et The Coalition a mis un sacré coup de collier pour rendre le tout attrayant et espérer que les joueurs restent sur le long terme.

Les joutes en PvP sont toujours présentes avec différents modes de jeu : classiques, différentes variantes arcade pour du fun et des parties classées sérieuses pour grimper dans le ladder Xbox. Il y a clairement une belle marge de progression pour devenir bon, même si le gameplay reste toujours aussi contre-intuitif pour les novices.

Sarah Connor ? Je veux dire… sérieusement ?

Le mode Horde reste un passe-temps de choix pour ceux qui préfèrent dézinguer de la vermine un peu pataude avec des copains. 5 joueurs, de nombreuses vagues de vermines et de défbots à dézinguer. Accumulez de l’énergie, construisez des éléments de défense et même une petite base pour faire le plein d’armes et de munitions, et serrez-vous les coudes le plus possible.

Le mode Horde reste un passe-temps de choix.

Le choix des personnages est bien plus important en PVE puisque de puissants pouvoirs passifs et un pouvoir ultime permettent de faire la différence en cas de coup dur. Dernier détail, Jack est jouable dans ce mode et fait office de support très rigolo qui apporte une dimension tactique très intéressante selon les situations.

Technique de CRS testé et approuvé.

La grande nouveauté sera incarnée par le mode Fuite, qui séduira les joueurs qui n’ont pas eu leur dose d’action avec le mode Histoire. 3 joueurs armés d’une seule arme de poing et peu de munitions doivent se frayer un chemin à travers un nid de Vermine. Il faudra bien fouiller les recoins de la carte, car le matos nécessaire pour survivre se fait assez rare. Seulement, un nuage de gaz empoisonné poursuit le trio, les obligeant à rester constamment en mouvement vers la sortie.

Chaque personnage possède ses propres capacités en mode PVE.

À l’instar du mode Horde, le mode Fuite est une source d’amusement quasi-infini, parce que les cartes modulaires permettent d’offrir des expériences très différentes selon leur configuration. Si les premières cartes ont été élaborées par The Coalition, attendez-vous à voir débouler une flopée de cartes faites par les joueurs via un outil de création comparable au mode SnapMap de DOOM 2016. Les créateurs peuvent arranger les modules, les ennemis et les armes comme ils l’entendent. Libérez le level designer qui sommeille en vous.

Si les premières cartes ont été élaborées par The Coalition, attendez-vous à voir débouler une flopée de cartes faites par les joueurs via un outil de création.

Ainsi, le mode Fuite peut vite se transformer en labyrinthe, en survival horror avec très peu de munitions et une emphase sur l’infiltration (assez relative), ou bien proposer des gunfights musclés tout du long pour du gameplay court, mais intense. Encore une fois, le choix du personnage influe les capacités du joueur et ce qu’il apporte à l’équipe. Faire le plein de munitions en échange d’un petit peu de votre temps ou étourdir les ennemis, le choix est vôtre.

Entre la Vermine devant et le gaz au cul, s’appelle une situation « délicate ».

Pour garder les joueurs en haleine, The Coalition compte bien mettre son multi à jour de manière récurrente, mais surtout gratuite. Les joueurs gagnent en expérience en jouant à travers les 3 modes principaux et débloquent personnages, skins ou autres emotes. Plus les épreuves sont difficiles et plus les récompenses sont intéressantes, alors devenez bon. La mode est au Battle Pass et Gears 5 en a un. Chaque saison dure 3 mois et remplir des objectifs journaliers permettent de débloquer du contenu exclusif à la saison en cours, mais la bonne nouvelle vient du fait qu’il n’est pas nécessaire de dépenser un kopeck pour en profiter. Une première pour ce genre de mécanique de rétention.

The Coalition compte bien mettre son multi à jour de manière récurrente, mais surtout gratuite.

Évidemment, pour financer tout ça, une boutique avec de l’argent réel est à votre disposition, mais on nous promet que tous les éléments importants seront déblocables à force de jouer. Seuls quelques éléments cosmétiques seront coincés derrière la sacro-sainte barrière de la Carte bleue.

Il faut savoir rester ambitieux

Gears 5 est sûrement l’un des meilleurs épisodes de la série en termes d’action et d’idées, mais son ambition scénaristique qui tourne autour de Kait ne prend pas, avant de nous laisser un peu froid à la fin de l’aventure. En revanche, le titre fait honneur à la série en restant beau ET fluide, et ce n’est quand même pas rien. On aurait aimé que le core-gameplay soit un peu plus bousculé, mais le plaisir de jeu reste présent. Une fois la campagne terminée (avec ou sans amis), vous pourrez vous jeter à corps perdu dans les différents modes multi qui permettent de varier les saveurs, selon si vous aimez tronçonner de vrais êtres humains ou des vermines jusqu’à plus soif.

► Points forts

  • Fluidité et beauté s’unissent pour l’amour du massacre.
  • Des niveaux semi-ouverts qui rythment l’aventure principale.
  • Chaque affrontement possède ses propres mécaniques.
  • Une variété des situations digne de la série.
  • Campagne jouable à 3 en coop.
  • Trois modes multijoueurs complets et complémentaires.
  • Du split-screen en 2019 !
  • De très nombreuses options d’accessibilité.

► Points faibles

  • Ambitions scénaristiques inabouties.
  • Campagne qui laisse un peu sur sa faim.
  • Un core-gameplay qui commence à souffrir de son âge.
  • Des bugs de script gênants.
  • Une I.A. des alliés horripilante.
  • Énormément de sous-titres mélangés.
  • Pas de split-screen pour les modes Horde et Fuite sur PC.

Doit poursuivre ses efforts.

16/20

Configuration de test :

  • GPU : NVIDIA RTX 2080 Ti
  • CPU : Intel Core i9-9900k
  • RAM : 32 Go DDR4
  • Installé sur SSD
WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse PC fournie par l’éditeur de ce jeu.

Gears 5 est disponible sur PC et Xbox One.

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