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gros plan visage soldat, mains croisées sur la crosse de son fusil planté dans le sol, logo Call of Duty World War II

Test Call of Duty: World War II – Le sans-efforceur

Au fil des ans, l’arrivée d’un Call of Duty est devenu un événement incontournable, à l’image du retour de la grippe hivernale pour certains ou de la superbe bûche de Noël gourmande pour d’autres. La série qui en est mine de rien à son quatorzième épisode est donc de retour à la fois sur le devant de la scène et à l’époque de la seconde guerre mondiale. Ravi d’opérer un retour aux sources tout autant bienvenu que nécessaire, Call of Duty: World War II fait du surplace pour à peu près tout le reste.

Bon débarras les piou-piou lasers

Après des années à explorer le futur, notamment avec le plutôt bon Black Ops III et l’épisode de trop – j’ai nommé Infinite Warfare, dont vous pouvez retrouver notre test là -, nous voilà donc de retour à la guerre la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité, comme le précise d’ailleurs le jeu lorsque l’on démarre sa campagne solo.

Les choses commencent fort puisque l’on se retrouve immédiatement en plein débarquement après une poignée de cinématiques. On est bien vite propulsé dans la fureur des combats, comme une campagne solo de COD sait généralement le faire. Plusieurs théâtres de guerre vont ainsi réclamer votre présence héroïque et si cette campagne ne brille pas nécessairement par son originalité ou son ouverture, elle compense largement grâce à son action incessante, ses cinématiques et sa mise en scène. Cette dernière en particulier m’a donné à plusieurs reprises la sensation de participer à un bon film de guerre au cinéma.

soldat américain criant des encourageaments à ses soldats dans une barge de débarquement

Sledgehammer Games a choisi de proposer un peu de diversité au gameplay en offrant au joueur des phases en véhicule, des prises de bunker, des séquences de mitraillage à la MG 42… Cela renforce le dynamisme de cette campagne solo, on salue l’effort, même si en définitive et un peu comme d’habitude, on a vraiment la sensation de passer de tableau en tableau pour faire du tir au pigeon façon « House of the Dead« .

[La mise en scène] en particulier m’a donné à plusieurs reprises la sensation de participer à un bon film de guerre au cinéma.

« Tu es blessé John ! » « Oui, mais je continuerai pour la grandeur de l’Amérique et du monde libre ! »

En revanche, s’il y a bien une chose qui nous fait hérisser le poil, c’est bien l’écriture du titre. Le scénario en lui-même n’est déjà pas franchement passionnant mais le pire reste probablement les dialogues, qui sont d’un convenu… Heureusement certains éléments relèvent le niveau comme par exemple une profondeur dans l’atmosphère du conflit, avec des évocations de ses horreurs et massacres.

Malgré tout, nous sommes une fois de plus dans le cas typique des attitudes et discours héroïques et du patriotisme exacerbé. Un type qui vient de se faire planter par un nazi devrait prendre huit semaines de convalescence pour que sa blessure soit guérie ? Il prend huit heures et veut immédiatement retourner au front – juste après avoir vécu la boucherie du débarquement. C’est un cas clinique ce genre de personne, on les appelle des suicidaires.

Nous sommes une fois de plus dans le cas typique des attitudes et discours héroïques et du patriotisme exacerbé.

soldats dans l'eau mitraillés par des MG 42 dans des bunkers plus loin sur la plage
Une carte du mode guerre vous propose de revivre le débarquement.

Le problème c’est que tout transpire – disons même suinte – les faux-semblants. Les personnages ne paraissent pas crédibles parce que ce sont tous des héros qui agissent comme s’ils étaient invincibles – ou américains, ça marche aussi – alors même que la mort est partout autour d’eux. Le problème avec Robocop sur les plages de Normandie, c’est que le sable se glisse dans ses jointures, et ça grince…

Innover ? Pour quoi faire ?

Vous l’aurez compris, l’essentiel de l’intérêt de la campagne réside avant tout dans son action sans relâche et c’est au final exactement ce que l’on attend d’un Call of Duty. On ne peut toutefois s’empêcher de se dire qu’en y mettant un peu plus du sien (et probablement plus de temps), on pourrait avoir une campagne qui a vraiment de la gueule de bout en bout.

Et bien entendu, ce vers quoi beaucoup de joueurs vont se tourner demeure le multijoueur. Question complexe que cet aspect de Call of Duty: World War II. En effet, si l’on retrouve la traditionnelle sensation COD, eh bien… ça reste un COD quoi. Je pense honnêtement que c’est ce qui résume le mieux mon sentiment à ce sujet. Le feeling COD est toujours bon, mais il a le goût pâteux du déjà-vu.

plage du débarquement vide
À droite et à gauche de la zone de jeu… personne (mode Guerre).

Qu’on se comprenne bien : on s’amuse sur le multijoueur de ce jeu, à fortiori quand on a goûté au fameux Infinite Warfare, mais on n’observe aucune prise de risque de la part de Sledgehammer Games et Activision. Et pour cause :  les prises de risque, cela peut se traduire par une baisse de revenus si le public n’est pas conquis… La plus grosse prise de risque qui a été réalisée par le passé a probablement été de s’envoler dans l’espace avec IW, alors vous savez ce qu’on dit, chat échaudé craint l’eau froide.

Le feeling COD est toujours bon, mais il a le goût pâteux du déjà-vu.

Ce nouvel épisode relancera donc sans aucun doute la ferveur COD multi pour un an, jusqu’à ce que tout le monde repasse à la caisse encore une fois pour acheter la nouvelle mise à jour. On note la présence du quartier général, un hub à la Destiny en vue à la troisième personne où il est possible de voir les autres joueurs et de communiquer avec eux, pour le meilleur et surtout pour le pire. J’ai du mal à comprendre l’intérêt de ce quartier général (si ce n’est la possibilité de faire du 1v1) qui ne fait qu’ajouter un temps de chargement pour accéder aux ordres et autres fonctionnalités. Vous aurez là la possibilité d’ouvrir des caisses de ravitaillement qui vous donneront des cosmétiques mais aussi parfois des armes et équipements, sous forme de cartes (et on entend même le nain de Hearthstone vous signaler la rareté des cartes… bon c’est pas lui mais c’est la même chose).

EDIT : Des microtransactions ont été ajoutées au titre en aval de la sortie, le quartier général correspond donc à la première idée que nous nous en étions faite : une vitrine pour que les joueurs puissent regarder les autres ouvrir leurs loot boxes ainsi que leurs contenus afin de susciter l’envie d’acheter via argent réel – d’autant qu’ouvrir vos caisses au fameux quartier général vous donne des points d’expérience « social ». Ben voyons. De là à se dire que les microtransactions n’ont été ajoutées que dans un second temps pour brosser le public et la presse dans le sens du poil, il n’y a qu’un pas… Fort heureusement, les loot boxes/caisses de ravitaillement contiennent essentiellement du cosmétique, ce qui reste dans les limites de l’acceptable.

soldat dans le hub de joueurs COD WW2

Visuellement parlant, en solo, le titre est correct voire même beau malgré le fait qu’il s’agisse toujours du même moteur graphique depuis des années. C’est en multi que le titre accuse un peu plus le coup même s’il s’en sort mieux que ce à quoi nous avions peur d’être confrontés en regardant les trailers de gameplay. Quelques problèmes de scintillement par-ci, par-là, mais surtout, ô surtout, ces foutues explosions que je qualifierais de honteuses et qu’on nous ressort depuis tant d’années. On a même l’impression qu’elles se sont enlaidies depuis le premier Black Ops, c’est dire. Que ça soit en solo ou en multi, des bouquets de GROS pixels jaillissent (sûrement un hommage à Minecraft) dans le but de se faire passer pour des flammes et de la fumée.

Ces foutues explosions que je qualifierais de honteuses

nuage de fumée, sniper au premier plan

Le feeling COD, pas plus, pas moins

Ce nouveau Call of Duty vous propose de personnaliser sommairement le visage de votre soldat et, comme d’habitude, son équipement et son apparence. Prenant appui sur les uniformes historiques, les costumes prennent aussi des libertés, notamment avec le pack offert pour l’achat du jeu en précommande. On se retrouve alors avec des joueurs teintés de rouge, de jaune… et étant donné que des costumes déblocables nous amènent par exemple des marins, autant vous dire que certaines parties se révèlent pour le moins… éclectiques en termes de population. Pas plus tard que ce matin, au démarrage d’une partie en mode « Guerre », les premiers mots qui me sont venus à l’esprit ont été : « La Compagnie Créole s’en va-t-en guerre. »

Comme à l’accoutumée, vous aurez également accès à un certain nombre d’armes avec options de personnalisation non seulement cosmétiques mais aussi pratiques. On retrouve donc avec plaisir les armes de la seconde guerre mondiale, dont on regrette toutefois un manque de punch à l’utilisation. Nous avons un peu l’impression de tirer avec des jouets, exception faite de certains flingues, ce qui est tout de même dommage. Vous aurez aussi des divisions qui sont en fait des classes et qui vous permettent de débloquer quelques maigres avantages en jouant avec. Dans les faits, il n’est pas question de classes puisque tous les personnages de division sont pour ainsi dire interchangeables : en dehors de bonus (très franchement, pas bien utiles) spécifiques, tous peuvent prendre n’importe quelle arme et donc remplir n’importe quel rôle.

skin de soldat des forces aériennes britanniques
Comme à l’accoutumée, vous pourrez récupérer des skins.

Le problème avec ce nouveau Call of Duty multi, c’est la toute puissance du sniper, qui permet de faire du quick scope et de tuer en un coup. De fait, dès que les joueurs ont un brin de niveau, ils prennent TOUS ou presque le sniper, qui de fait n’a plus du tout l’usage d’un sniper mais avant tout d’un fusil surpuissant et certaines parties n’ont tout bonnement plus aucun intérêt.

rectangle rouge sur tableau des kills avec présence exclusive de snipers

En revanche, les cartes se montrent toutes très bien dessinées. Le level design est clairement au rendez-vous et nous n’avons pas trouvé une carte qui ait provoqué chez nous un soupir au moment de son chargement. Les différents modes de jeu proposés sont très classiques, « Guerre » étant un repompage efficace de « Ruée » chez le concurrent Battlefield 1. Ce mode en particulier apporte une dimension très sympathique au multijoueur de Call of Duty notamment parce qu’il propose des objectifs plus variés avec plus de possibilités stratégiques et de coopération.

Le level design est clairement au rendez-vous et nous n’avons pas trouvé une carte qui ait provoqué chez nous un soupir au moment de son chargement.

viseur de sniper sur tête de soldat nazi
Voilà l’un des seuls usages que devrait avoir le sniper : rester à distance.

Ben, c’est COD quoi…

Non, Call of Duty: World War II n’est pas mauvais, mais plus que jamais il adopte la solution de facilité. Après la vive réaction de la communauté à Infinite Warfare, la solution de repli pour maximiser de nouveau les profits a été immédiatement mise à exécution. Retour à la seconde guerre mondiale, prenons ce qui marche chez la concurrence pour l’incorporer dans notre jeu et surtout ne changeons rien à ce qui marche déjà. Alors oui, on est ravi de retrouver ce contexte historique si particulier qui a fait le succès de la licence et on s’amuse sur ce « nouveau » Call of Duty… pour un temps. La courte campagne solo, certes haletante et relevant d’une certaine profondeur par certains aspects, n’en est pas moins ridicule à de nombreuses reprises dans son héroïsme exacerbé et ses dialogues qu’on préférerait ne pas entendre. Le mode zombie est sympathique et propose une coopération jusqu’à quatre joueurs mais il s’agit là de déjà-vu et d’un à-côté agréable, au plus.

Non, Call of Duty: World War II n’est pas mauvais, mais plus que jamais il adopte la solution de facilité

pelle enfoncée dans le cou d'un zombie

On le sait, c’est sur le mode multijoueur qu’Activision concentre tous ses espoirs et les cartes proposées se révèlent toutes très bien dessinées. Surtout, le feeling COD est toujours là… pour le meilleur et pour le pire. Cela fait tant d’années qu’on n’observe pas de réelle prise de risque et le soucis, c’est que le gameplay aurait besoin d’être retravaillé, au moins un minimum. Les armes n’offrent pour ainsi dire aucun recul mais aucun feeling non plus et la surpuissance du sniper fait que trop de parties finissent avec tous les joueurs armés de cette arme. Ce problème d’équilibrage a tendance à casser le dynamisme inhérent à COD – si j’ai envie d’un shooter où les armes tuent en un coup, je prends un jeu qui a été développé dans ce sens avec toutes les adaptations de game design prévues pour, comme Day of Infamy. Fort heureusement, toutes les parties ne sont pas comme cela, mais ça montre qu’il est peut-être temps de revoir un peu la recette de la licence, car la concurrence propose du lourd, du très lourd, et plus ça va, moins COD semble avoir les arguments pour faire face.

En définitive, ce COD ravira avant tout les habitués de la licence et les adeptes de FPS ultra nerveux. Le retour au contexte de la seconde guerre mondiale est un plus indéniable et vous passerez de bonnes heures sur le titre malgré ses défauts. C’est un COD quoi, il fait le taf.

► Points forts

  • Campagne à la sensation cinématographique
  • Solo dynamique et bourré d’action
  • Le mode zombie toujours au rendez-vous et en coop
  • Les cartes du mode multi, toutes très bien conçues
  • Retour à la seconde guerre mondiale
  • Le feeling COD en multi
  • Une certaine profondeur du solo malgré un scénario pas bien original
  • Le mode « Guerre »

► Points faibles

  • Les graphismes en multi tiennent la route mais il serait temps de faire peau neuve du côté du moteur
  • Les explosions… les pixels de la honte
  • Quelques soucis d’équilibrage (toute puissance du sniper, inutilité de certaines armes)
  • Dialogues débordant d’héroïsme caricatural et insipides
  • La même soupe depuis des années

    T’as pas changé

WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse offerte par Activision.

Trailer histoire Call of Duty: World War II

Call of Duty: WWII est sorti le 3 novembre 2017 sur PS4, Xbox One et PC.


Achat GocléCD (PC) et Amazon (Xbox One/PS4).

4 commentaires
  • assenka ~ Le 13 novembre 2017 à 15:54

    Pourquoi un edit ? on ne sait pas ce que tu as modifié ;)

  • yamakhalah ~ Le 13 novembre 2017 à 16:01

    « Ivre, il donne une bonne note à Call of Duty »

  • hexen ~ Le 13 novembre 2017 à 17:48

    @assenka Il est vrai que je ne l’ai pas forcément bien placé, je le remets ici !

    EDIT : Des microtransactions ont été ajoutées au titre en aval de la sortie, le quartier général correspond donc à la première idée que nous nous en étions faite : une vitrine pour que les joueurs puissent regarder les autres ouvrir leurs loot boxes ainsi que leurs contenus afin de susciter l’envie d’acheter via argent réel – d’autant qu’ouvrir vos caisses au fameux quartier général vous donne des points d’expérience « social ». Ben voyons. De là à se dire que les microtransactions n’ont été ajoutées que dans un second temps pour brosser le public et la presse dans le sens du poil, il n’y a qu’un pas… Fort heureusement, les loot boxes/caisses de ravitaillement contiennent essentiellement du cosmétique, ce qui reste dans les limites de l’acceptable.

  • hexen ~ Le 13 novembre 2017 à 17:49

    @yamakhalah une note moyenne, pour un jeu dans la moyenne :p