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Test Blair Witch – Ma sorcière mal-aimée

Blair Witch est un jeu d’horreur à la première personne développé par Bloober Team, responsable des sympathiques Layers of Fear et Observer. Adapté du génial film d’horreur de 1999 qui posa les bases du « Found Footage », le métrage parvenait à vous glacer le sang en suggérant l’horreur plus qu… Qu…quoi ? Le jeu s’inspire en fait du remake complètement naze de 2016 ?! Oh, oh…

Prendre un enfant par la main

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Dans cette adaptation vidéoludique vous incarnez Ellis, brave homme torturé par son passé voulant donner un coup de main à la police locale. Peter, un enfant visiblement trop jeune pour avoir vu le premier film, a disparu récemment et comme par hasard c’est dans la forêt de Burkittsville que ce petit crétin a été aperçu pour la dernière fois.

Un chien à la fenêtre d'un pick-up
Bullet, chien fidèle.

Parents négligents ? Suicide élaboré ? Avortement tardif ? Pour percer le mystère de sa disparition et tenter de le retrouver, Ellis a eu la bonne idée de ramener son chien Bullet. Un toutou dans un jeu d’horreur, mais quelle bonne idée pour créer de l’empathie. Sans parler que ça fera plus à manger pour les monstres.

Couscous Bullet

On nous promet que la façon dont on traite notre compagnon à poils longs aura des conséquences. Mais à part débloquer des éléments du scénario, difficile de se rendre compte de l’influence de nos choix. On se rend vite compte que Bullet ne peut pas mourir et sur les 6 ordres qu’on peut lui donner, seuls 2 sont vraiment utiles. Je n’ai toujours pas compris quel était l’intérêt de le faire attendre et ce corniaud est incapable de rester près du joueur plus de 15 secondes.

Un chien courant dans une forêt.
« Reviens ici, con d’chien ! »

La gestion de Bullet reste anecdotique durant tout le jeu. Très vite, elle se résume à lui demander de chercher des objets au bon moment. Le reste du temps il se contentera de vous aboyer dessus pour vous indiquer la direction du prochain script à activer.

Le brave Bullet est au final plus un outil qu’un personnage. Dommage que ce ne soit qu’une façon (certes très élégante) de guider le joueur à travers la forêt sans avoir recours à des indicateurs grossiers qui briseraient l’immersion.

Promenade de santé

En plus de son chien, Ellis dispose pour l’aider dans ses recherches de plusieurs objets. En plus de l’incontournable lampe-torche et du sac-à-dos-inventaire, notre héros est muni d’un talkie-walkie qui lui permet de garder le contact avec l’équipe de recherche et d’un téléphone portable.

Ces items permettent de faire avancer le scénario mais aussi, s’ils sont utilisés au bon moment, d’en apprendre un peu plus sur les personnages et leurs relations. C’est aussi un bon moyen de rendre le joueur un peu moins passif dans le déroulement de l’histoire. Enfin, quand il ne passe pas son temps à battre son record sur Snake…

Un téléphone portable présentant un jeu.
On peut faire une utilisation plus ou moins pertinente du téléphone.

Mais malgré cela et quelques rares passages d’action, Blair Witch propose un gameplay assez pauvre. Il fait partie de ces jeux dont la peur repose plus sur la mise en scène que sur les mécanismes. L’action se résume principalement à parcourir des environnements angoissants et à résoudre des énigmes simplistes.

Une main tenant une photo

Attention, je ne dis pas que ce n’est pas un défaut en soi. D’autant que Bloober Team est devenu maître en la matière. On ne s’ennuie pas dans Blair Witch, mais il faut savoir que les choix du joueur n’ont pour conséquence que de débloquer les différentes fins du jeu, au nombre de 4 pour le moment.

Ellis Stérique

On sent que le scénario a fait l’objet de véritables efforts. Notre héros a une personnalité et les autres personnages ont le bon goût de ne pas sombrer dans les clichés insupportables, visiblement si chers aux scénaristes d’horreur.

Une femme au visage flou attablée.
Le passé d’Ellis reviendra le hanter régulièrement.

Mais la narration éclatée à base de flashbacks et d’indices disséminés dans les niveaux n’aident pas à s’y retrouver. Il vous faudra sûrement lancer une nouvelle partie pour saisir tous les détails de l’intrigue. Si bien qu’après quelques heures, les personnages demeurent des inconnus dont on se soucie peu du sort. Même le pauvre Bullet n’échappe pas à la règle.

Si vous n’êtes pas un vieux blasé comme moi, (…) Blair Witch devrait vous procurer votre dose de frousse..

Là où la plupart des titres horrifiques se contentent de nous faire sursauter en nous vrillant les tympans toutes les 5 minutes, Blair Witch prend le temps d’instaurer son ambiance. Il mise sur l’angoisse, attendant son dernier chapitre explosif pour nous envoyer ses premiers jump-scares.

La cime des arbres vu d'en bas.
Quand on vous dit que c’est beau.

Il est compliqué de dire si Blair Witch est effrayant ou pas. Difficile en ce qui me concerne de ressentir de la peur quand on se sent rarement en danger. Mais une chose est sûre : il parvient à poser son ambiance et réussit ses effets.

Si vous n’êtes pas un vieux blasé comme moi (obligé de jouer seul dans le noir et au casque pour ressentir un début de frisson), Blair Witch devrait vous procurer votre dose de frousse.

Tu commences à me Blair

Là où le jeu se distingue vraiment, c’est dans son esthétisme. La forêt est tout simplement magnifique, superbement mise en valeur. À la fois belle et effrayante, j’ai à plusieurs reprise été scotché devant certains panoramas.

Une inquiétante maison dans les bois.
« Mmh, cette maison me dit quelque chose. Et si j’allais y jeter un œil ? »

J’en parlais plus haut : la mise en scène est elle aussi le point fort du jeu. Certains passages sont cauchemardesques et utilisent avec intelligence le médium vidéoludique. On ne se contente plus de regarder la folie, on la joue. Ici très clairement, le titre de Bloober Team a mis le paquet. Rarement je n’avais vu un jeu d’horreur proposer autant de concepts visuels.

Un arbre mort dans la brume.
Non, ceci n’est pas issu des images de promo mais bien de mon PC vieillisant.

Sans les détailler ici afin de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, le jeu reproduit avec intelligence des idées du film qui se plantaient complètement sur pellicule. Parvenir à faire de l’or avec du plomb n’est pas un mince exploit et pourtant le jeu y parvient.

Une adaptation a la hauteur de la licence

Globalement, Blair Witch est un jeu qualitatif possédant de nombreuses bonnes idées mais qu’on aurait aimé voir plus exploitées. Tantôt moche, tantôt sublime, le jeu nous propose une expérience à l’histoire pas renversante mais dans une atmosphère réussie. Si vous avez aimé Layers of Fear, Outlast ou Soma, laissez sa chance à Blair Witch.

► Points forts

  • La forêt belle et flippante
  • Les idées visuelles originales
  • La narration et les personnages

► Points faibles

  • La gestion du toutou sous-exploitée
  • Le gameplay un peu simple

Bien mieux que le remake pourrave/20

14/20

Configuration requise :

  • Processeur : Intel Core i3-3220 (3.30 GHz) / AMD A8-7600 (3.1 GHz)
  • Mémoire vive : 4 GB de mémoire
  • GPU : GeForce GTX 750 Ti / AMD Radeon R7 265
  • Espace disque : 16 GB d’espace disque disponible

Blair Witch est disponible du PC et Xbox One.

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