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Layers of fear 2 vignette

Test Layers of Fear 2 – La peur sans les couches

Après un premier épisode très réussi, Bloober Team nous revient avec Layers of Fear 2 pour nous plonger une nouvelle fois dans l’horreur psychologique. Dans ce nouvel opus, le studio tente de nouvelles façons de susciter la peur chez le joueur qui, malheureusement, ne fonctionnent pas toujours, voire pas du tout. Heureusement pour lui, le titre possède également de nombreuses qualités à son actif.

Il faut percer l’abstrait

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Loin du grincement inquiétant de la charpente agonisante d’un manoir poussiéreux, Layers of Fear 2 nous embarque à bord d’un grand navire, dans un voyage suffoquant aux frontières de la folie.

Le joueur incarne un acteur du nom de James en pleine apogée de sa carrière. Véritable vedette de Hollywood, vous répondez à l’appel d’un réalisateur excentrique qui vous offre un rôle dans son prochain film dont le tournage à lieu à bord d’un transatlantique.

Layers of Fear 2 nous embarque à bord d’un grand navire, dans un voyage suffoquant aux frontières de la folie.

Vous l’aurez compris, comme avait pu l’être la peinture pour le premier opus, le thème du cinéma est omniprésent dans Layers of Fear 2. L’incarnation parfaite d’un rôle et les sacrifices que cela implique sont au centre du récit. Un récit qui se découpe en plusieurs actes proposant chacun une thématique forte.

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Le début de l’aventure vous jette directement à l’eau.

Malgré un début un peu lent, le titre parvient très vite à nous happer dans une narration torturée et superbement mise en scène. Les outils nécessaires à la compréhension de l’histoire sont disséminés intelligemment. Le joueur se questionne alors continuellement et élabore durant sa progression tout un tas de théorie plus loufoques les unes que les autres (ou c’est peut-être moi qui suis bizarre, mais c’est un autre sujet). Aucune réponse ne vous est clairement donnée et c’est à vous d’interpréter les différents indices.

Pendant toute la durée de votre aventure, vous serez guidé par une voix mystérieuse qui vous demandera de faire des choix importants à des moments clés de l’histoire. Choix qui permettront, à l’instar du premier volet, de débloquer les différentes fins du jeu.

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Le titre intègre des collectables sous la forme d’affiches de film.

En revanche il n’est pas possible de comprendre tout de suite la portée de ces choix. Il en résulte, lors du premier run, la sensation d’avoir obtenu une fin aléatoire, sans réelle influence dessus.

Le navire de bord

C’est seulement lorsqu’on arrive au bout de l’aventure (comptez 6 à 7 heures) que l’on se rend compte de l’intelligence d’une telle décision. Tel un réalisateur insatisfait, le titre nous pousse à replonger inlassablement dans l’horreur (sous la forme de new game +) afin de modifier nos choix, et de finalement débloquer la « bonne » fin. On comprend alors le poids de certains dialogues, restés jusque là très obscurs.

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Votre chambre (le HUB) changera d’apparence au fil des actes.

Enfin, quand je dis horreur, le terme est un peu fort, car Layers of Fear 2 ne fait pas spécialement peur, du moins pas autant que les autres cadors du genre. Je me suis pissé dessus en jouant à Alien: Isolation ou encore Outlast, mais je n’ai pas bronché une seule fois devant Layers of Fear 2. Et pourtant ce dernier use et abuse des clichés du genre, à coup de screamers et compagnie. En y réfléchissant, le problème vient peut-être de là. Tout est très prévisible.

Layers of Fear 2 ne fait pas spécialement peur.

L’ambiance, certes malsaine, n’a pas eu autant d’impact sur moi que le premier Layers of Fear. La faute probablement à une bande-son en retrait (et plutôt décevante), une gestion trop maladroite de la tension ainsi que des changements de décor intempestifs. Et c’est con parce que ces derniers étaient plutôt bien amenés dans le premier opus. Cela rajoutait une notion de perte de point de repère et d’impuissance renforçant l’ambiance déjà pesante du titre.

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Certaines mises en scène sont particulièrement inspirées.

Ici, ces changements brusques servent principalement la réalisation et sont utilisés à des fins esthétiques. On sent d’ailleurs que les développeurs s’en sont donné à cœur joie. Le résultat est plutôt bluffant et la mise en scène est impeccable. Chaque objet est disposé au millimètre près afin de donner à chaque pièce un aspect presque artistique. Il s’en dégage une mise en scène impeccable qui accompagne le récit avec brio, mais perd par la même occasion sa dénomination horreur.

Silence, ça tourne (en rond)

Et ce ne serait pas un problème si le jeu n’essayait pas, toutes les 5 minutes, de me jeter un truc au visage en criant « bouh! ». Non, ça ne marche pas. Ça produit même l’inverse de l’effet escompté, car ça me sort totalement du jeu.

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Je me demande bien ce qu’il va se passer.

Pour l’exemple, le bateau sur lequel est piégé notre héros regorge de mannequins en bois qui ne tiennent décidément pas en place. Cela peut surprendre, voire faire peur la première fois que l’on s’en aperçoit, mais on finit par rapidement s’y habituer et leur donner des petits noms pendant qu’ils nous suivent (hors champ bien évidemment, sinon c’est moins cliché) — ou encore les mannequins qui se mettent à bouger lorsqu’on s’approche d’eux… Au bout de la 15e fois, on ne sourcille même plus. C’est ce genre de petites choses qui me sortent en permanence d’un récit pourtant bien ficelé.

Les contrôles à la souris transforment une simple interaction en véritable gymnastique du poignet.

Ça et les contrôles à la souris qui transforment une simple interaction en véritable gymnastique du poignet. En effet, dans un souci de réalisme (je suppose) les gars de chez Bloober Team se sont dit que ce serait une bonne idée de joindre le mouvement aux interactions. Par exemple, pour actionner un interrupteur, il faut rester appuyer sur l’action puis faire glisser la souris vers le bas pour l’actionner. Rien de bien méchant, on est d’accord. Beaucoup d’autres jeux utilisent cette méthode.

Sauf que ce n’est pas aussi simple, oh non, car une fois arrivé à mi-hauteur, votre interrupteur va commencer à faire n’importe quoi. Il vous faudra trouver le bon angle en gesticulant votre souris dans tous les sens — sympa quand vous êtes poursuivi — afin de réussir à l’actionner complètement. Et je ne vous parle même pas des valves à tourner.

Une bonne prise

Layers of Fear 2 nous immerge dans un océan de mises en scène magnifiquement travaillées, pour finalement nous replonger dans les coulisses dérangeantes de la psychologie humaine. Réduisant les interactions à un simple bouton, le titre ne brille pas par son gameplay. Layers of Fear 2 est ici pour nous retourner le cerveau à coup de bobines de film, et il y parvient amplement grâce à son scénario prenant. Toutefois, si vous êtes venu pour ressentir la douce caresse d’un frisson glacé, vous êtes au mauvais endroit. Le titre ne propose pas de moments marquants, mais reste néanmoins une expérience artistique intelligente comme on en voit peu.

►Points forts

  • Superbe direction artistique
  • Une ambiance unique
  • Tortueux dans sa narration
  • Une histoire prenante et intelligente
  • Les multiples fins suivant nos choix

►Points faibles

  • Bande-son en retrait
  • Les interactions à la souris
  • Ne fait pas peur
  • Un peu court pour son prix

Sponsorisé par Liane Foly

14/20

WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse PC fournie par l’éditeur de ce jeu.

Layers of Fear 2 sera disponible sur PC, PS4, Xbox One, Switch, Mac et Linux à partir du 28 mai prochain.

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