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Les RTX 2080 sont presque décevantes, heureusement il y a le DLSS

Les premiers benchmarks des nouvelles cartes graphiques de NVIDIA sont tombés et révèlent des performances décevantes, mais le DLSS brille en résolution 4K.

La révolution ne sera finalement qu’une petite émeute

Après plusieurs semaines de teasing et de fuites, les benchmarks des RTX 2080 et 2080 Ti sont enfin là. Malheureusement, les chiffres refroidissent. Vu le prix demandé, le gain de puissance est certes attendu, mais pas fou-fou.

Pire, il est encore impossible de pouvoir tester la technologie de ray tracing et de juger son impact sur les performances. Cependant, la technologie de super sampling DLSS permet enfin de jouer en 4K de manière très confortable à plus de 60 images par seconde.

Pour annoncer ces chiffres, je vais m’appuyer sur les benchmarks publiés chez PC Gamer et Digital Foundry, la branche technophile d’Eurogamer.

Sans entrer dans les détails techniques, le nombre de coeurs CUDA entre la GTX 1080 Ti et la RTX 2080 To augmente de 20%, ce qui permet de prétendre à une grosse ambition de capacité de calcul dans le deep learning. L’I.A est importante pour les technologies de ray tracing et de supersampling. On y reviendra.

Si la bande passante est bien plus élevée (616Go/s contre 484Go/s) et la mémoire profite de toutes nouvelles puces GDRR6, on peut déjà se poser des questions sur la fréquence de l’horloge. En mode boost, la puce GPU de la RTX 2080 Ti tourne à 1545 MHz, soit un poil moins que la 1080 Ti.

Pas de panique, l’architecture Turing est toute nouvelle et travaille différemment que la vénérée Pascal. Il faut alors se pencher sur les résultats en jeu pour se rendre compte des gains de performances qu’apporte la nouvelle gamme.

Il est à noté que la RTX 2080 Ti est aussi la plus grosse carte que NVIDIA a jamais produite, avec une surface de puce de 754 mm² contre 471mm² pour la GTX 1080 Ti.

Photo RTX 2080 Ti
C’est quand même une belle bête

Passe-moi l’escabeau

Du coup, si on se penche sur les chiffres obtenus avec la RTX 2080 Ti une fois en jeu, il est clair qu’il y a du mieux, surtout du côté de la très haute résolution (via les benchmarks de PC Gamer). En 4K avec tous les paramètres graphiques à fond, PC Gamer a enregistré une moyenne (totale) de 73,7 FPS sur 12 jeux récents, donc Assassin’s Creed: Origins, Far Cry 5, GTA 5, L’Ombre de la Guerre et PUBG. Wolfenstein II tourne même à presque 130FPS en 4K, mais le jeu a été conçu pour tourner le plus fluidement possible.

En moyenne, cela correspond alors à des performances environ 30% meilleures que la GTX 1080 Ti. C’est également plus puissant qu’une Titan V. C’est chouette, mais ça aurait pu clairement être carrément mieux. Le bat blesse à des résolutions inférieures, bizarrement. Le gain passe à 25% en 1440p et à seulement 18% en Full HD. À titre de comparaison, la différence entre la 980 Ti et la 1080Ti était de 65% en 1080p, ce qui justifie déjà bien plus le prix du passage à la caisse, début 2017 (déjà considéré comme cher à l’époque).

En fait, le problème avec cette gamme vient sûrement de la RTX 2080 qui met beaucoup trop d’efforts pour à peine dépasser les performances de la GTX 1080 Ti. En 4K Ultra, la RTX 2080 donne une moyenne de 57,3 FPS contre 55,4 FPS pour la 1080 Ti. L’écart se joue également à quelques FPS près en 1440p et 1080p en faveur de la RTX 2080.

Se rendre compte que la RTX 2080 fait à peine mieux que la GTX 1080 Ti pour 150€ de plus (850€ contre 700€), c’est quand même assez décevant, nouvelle architecture et technologies propriétaires ou non.

Notons quand même que le HDR est un poil moins gourmand en ressources sur les puces Turing.

Du coup, on peut s’amuser à faire de faire un rapport FPS/euros pour essayer de savoir quelle carte vaut réellement son prix. Tom’s Hardware France a fait les calculs et la GTX 1070 reste au top du classement avec des indices de 0,187 en 1440p et de 0,127 en 2160p. Les indices pour la RTX 2080 sont 0,129/0,089. La RTX 2080 Ti fait clairement moins bien avec 0,100/0,072, mais c’est normal.

On peut bien sûr rester optimiste puisque le driver vidéo pour les RTX est encore jeune, sûrement toujours en développement et pas encore optimisé pour les derniers jeux. Il se peut qu’on gagne des performances ci et là, mais il ne faut pas compter sur un miracle.

Les ampoules ne sont pas encore chaudes

Les nouvelles cartes de NVIDIA ont clairement du potentiel, mais leur prix au premier jour de commercialisation ne permet pas réellement à la série 10 de prendre sa retraite. Après tout, NVIDIA a déclaré cet été qu’il restait énormément de cartes GTX 1000 à vendre (merci la surproduction due à la bulle de la cryptomonnaie).

Pourtant, la série 20 n’est pas sans arguments autre que la puissance brute. À commencer par ses technologies propriétaires qui sont la surcouche RTX et le supersampling par deep learning.

Malheureusement, les testeurs sont pour l’instant dans l’incapacité de se prononcer sur l’intérêt du ray tracing, puisque le patch de Windows 10 qui prendra en charge le DXR (API nécessaire pour le ray tracing) ne sortira qu’au mois d’octobre. De plus, les jeux ne sont pas encore patchés officiellement pour pendre en charge la technologie, mais d’après les jeux qui tournaient avec le RTX activé à la Gamescom, ce n’est pas fameux.

Pour pouvoir jouer de manière un minimum agréable sur Battlefield V, il faut absolument une RTX 2080 Ti qui calcule une image de « faible » résolution à 1080p. Avec ça, la moyenne est de 50FPS. Certes, avec de vrais drivers et un travail d’optimisation de la part des studios, on peut sûrement arranger la chose ou limiter la casse, mais c’est pas encore assez probant pour sauter le pas (surtout à ce prix là).

La fameuse démo technique du ray tracing de Star Wars est tout de même disponible aux testeurs et Digital Foundry a fait les relevés. La RTX 2080 Ti oscille entre les 50 et 60 FPS à 1440p. Le framerate est divisé par deux en 2160p. Cependant, le DLSS est activé.

DLSS à la rescousse

S’il y a bien un truc qui est vraiment intéressant et qui délivre déjà des promesses, c’est le DLSS, le fameux supersampling calculé via deep learning, rendu possible par les fameux tensor cores.

Le DLSS est un type d’anti-aliasing qui permet aux tensor cores « d’imaginer » des informations manquantes à une image affichée à une résolution supérieure. Quand on zoom sur une image, nous voyons plus facilement les pixels qui la composent, et le DLSS interprète l’image pour combler les « trous » entre les pixels. Le rendu sur une image fixe est déjà intéressante, alors imaginez un jeu en action.

L’intérêt est donc de pouvoir émuler un rendu 4K en gardant une fidélité d’image maximale pour une économie de puissance de calcul assez intéressante. Attention, le DLSS ne comble pas l’information manquante, il ne fait que l’interpréter. Un joueur de PUBG au loin qui ne fait que quelques pixels de large ne sera pas clairement visible pour autant, mais l’image sera bien plus agréable à l’oeil avec que sans.

Avec le DLSS, l’anti-aliasing est moins gourmand et plus efficace. Gagnant/gagnant.

Il y a aussi de l’intérêt pour les écrans d’une résolution inférieur à la 4K, puisque le supersampling agira alors comme un puissant anti-aliasing.

Ainsi, Digital Foundry a mené quelques mesures sur Infiltrator et l’outil de benchmark de Final Fantasy XV qui prennent déjà en compte la technologie, et les résultats sont plus qu’encourageants.

Benchmark d’Epic Infiltrator

Sur Infiltrator en 4K natif, la démo technique tourne à environ 43,1 FPS sur la GTX 1080 Ti et à 60,1 FPS sur la RTX 2080 Ti. Seulement, si on active le DLSS sur les cartes RTX, le framerate moyen à 2160p atteint les 84,2. Si vous avez un écran 4K et que vous voulez un taux de rafraîchissement supérieur à 60 pendant vos parties, c’est clairement intéressant.

Benchmark de Final Fantasy 15

Les cartes galèrent un peu plus avec Final Fantasy 15, mais la comparaison des performances entre un rendu 4K natif et un calcul d’image 1080p supersamplé via le deep learning est très similaire à Infiltrator.

Jouer en 4K à FF15 à 60 FPS est possible avec le DLSS (à condition d’avoir une RTX 2080 Ti). C’est tout ce qu’on a besoin de savoir.

Il est temps de conclure

D’après le retour des différents benchmarks, il est encore beaucoup trop tôt pour dire s’il faut craquer pour une carte RTX. Bien sûr, ce sont les nouvelles cartes les plus puissantes du marché et le 4K à 60FPS est enfin à portée de main grâce au DLSS. Malheureusement, c’est aussi les prix les plus hauts jamais constatés pour un lancement de gamme. Le gain des performances par rapport à la série 10 est réel, mais un poil timide pour un tel tarif.

Le dernier argument de NVIDIA pour ses cartes est bel et bien le ray tracing en temps réel qui promet de faire des merveilles, mais la sortie vraisemblablement précipitée de la gamme RTX empêche encore de pouvoir s’exprimer sur le sujet, et c’est vraiment dommage parce que c’est là dessus qu’on voulait juger les cartes à leur juste valeur. Difficile de ne pas y voir une manoeuvre marketing afin de mettre en avant les cartes sans vraiment aborder toutes leurs facettes.

Maintenant, reste à voir si les versions constructeurs et la future RTX 2070 vaudront le coup. Les premiers pourraient très bien faire baisser les prix et la deuxième devrait permettre d’avoir un prix d’entrée bien plus intéressant, à un prix annoncé tout de même de 639€ pour la Founders Edition. Étant la dernière carte à être compatible avec le ray tracing et le DLSS, on espère que ces technologies pourront être utilisées de manière efficace, sinon, ça sera très dur de justifier un achat pour l’instant.

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  • Gorilla ~ Le 21 septembre 2018 à 03:59

    Merci pour ce récap’
    Comme toujours je vais attendre que les early adopters essuient les plâtres et quand la techno sera au point et plus abordable je m’y intéresserai à nouveau.

    A moins que je craque pour jouer à Cyberpunk en DLSS ! ;)