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XCOM: Ennemy Unkown, puis Ennemy Within, avait su opérer un reboot tout en beauté et en talent de la célèbre licence initiée par MicroProse en proposant une aventure à la fois respectueuse de l’identité originale de la série, mais aussi diablement addictive dans ses aspects stratégie et gestion. Aujourd’hui encore, ce jeu et son extension ont droit à une place d’honneur dans ma ludothèque et dans celles de nombreux joueurs. Autant dire que les attentes sont grandes autour de ce XCOM 2, repoussé de plusieurs mois puisque la sortie était initialement planifiée pour septembre 2015. Je n’y tiens plus, il faut absolument que je vous parle du nouveau titre de Firaxis là, maintenant, tout de suite.

Les tout-verts nous ont pété la gueule, mon capitaine

Si dans XCOM: Ennemy Unkown, la Terre, planète peuplée d’irréductibles humains, résistait encore et toujours à l’envahisseur, les choses ont pour le moins changé lorsqu’on démarre XCOM 2. En effet, les dirigeants du monde entier, ces trouillards, ont décidé de rendre les armes et de laisser les extra-terrestres prendre possession de l’habitat naturel des humains, qu’ils entendent évidemment diriger d’une poigne de fer. Désormais, les pas-beaux sont donc aux commandes et ils matraquent la population à grands coups de propagande afin de la faire rentrer dans le rang. Seulement voila, tout le monde sur Terre n’a pas complètement abandonné l’espoir de botter des fesses venues d’ailleurs et une résistance s’est donc organisée, ressuscitant l’acronyme XCOM (eXtraterrial COMbat unit) et volant un vaisseau alien afin d’en faire son QG. Avouez que déjà, le pitch pète la classe! Puisqu’on en est à parler de la place forte de la résistance, sachez qu’un tel changement – dans XCOM, vous choisissiez un pays qui vous servirait de base et les milliards gouvernementaux coulaient à flot – a des conséquences sur une bonne partie du gameplay d’XCOM 2.

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Votre base, appelée Talion (fort à-propos, n’est-ce pas?), est en orbite autour de la Terre. Le fait qu’il s’agisse d’un vaisseau spatial impose bien sûr quelques contraintes, la première d’entre elles étant que vous disposez d’un espace limité. Ainsi, lors des phases de gestion, vous vous apercevrez qu’il y a en tout et pour tout douze cases à remplir, là où la base terrienne d’XCOM promettait beaucoup plus d’expansion. Loin d’être un défaut du jeu, cela vous force au contraire à être – déjà – très stratégique dans les choix que vous faites au niveau du développement des infrastructures. Après avoir nettoyé les débris aliens d’un emplacement, vous devrez donc choisir parmi les habituels générateurs d’énergie, armureries, laboratoires, etc. Bien entendu, vous ne pourrez pas tout développer et une configuration ne correspondra pas nécessairement à vos besoins durant toute la partie. Tout en sachant que les synergies apportées par la proximité immédiate de certains locaux entre eux est toujours présente, ce qui représente des bonus substantiels. Ainsi, vous vous retrouverez bien souvent à devoir réorganiser votre base en fonction de l’aventure que vous vivrez, afin de faire face à toutes les situations dans les meilleures conditions. Cet aspect renforce clairement le côté « résistance » et donc le réalisme du titre tout en vous imposant de faire preuve d’un sens aigu de la stratégie. Du personnel sera mis à votre disposition (où vous devrez en recruter, quitte à ce que ça soit sur le terrain) et vous serez en charge de l’affecter en fonction de vos besoins. Chacun apporte un bonus particulier et il vous faudra donc faire une fois de plus des choix stratégiques en fonction de la conjoncture.

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Faites parler la poudre

La gestion est un aspect de la licence XCOM, mais ce n’est pas le seul. Les missions au sol sont bien entendu toujours de la partie et vous envoient à la rencontre des forces armées aliens. On dispose toujours d’un certain nombre de points d’action pour les personnages, conditionnant à chaque fois déplacement, tir, etc. La chance est toujours un facteur important, en plus de l’habituel système de couverture. Vous aurez donc systématiquement un pourcentage de chance d’être touché et de toucher. J’en profite pour signaler au passage que vous allez pour commencer vous prendre une belle rouste, la difficulté étant clairement au rendez-vous. Et c’est logique! Non-seulement les aliens sont toujours aussi avancés technologiquement qu’ils l’étaient dans le premier opus, mais ils jouent maintenant à domicile sur Terre et disposent donc de davantage de moyens, ce qui passe notamment par des humains (modifiés génétiquement, sinon c’est pas drôle) fidèles au grand gourou Skippy à l’Advent, le bras armé terrien des extraterrestres. Bien entendu, vous menez des opérations de guérilla et les milliards du Conseil sont bien loin derrière vous. On en est à contrer des ennemis sur-développés avec des pétards. Autant le dire: votre stratégie sera primordiale dès le début de l’aventure afin d’assurer la survie de vos troupes et de la résistance. Mais Firaxis, qui a du faire un stage chez From Software, a décidé que la difficulté n’était pas suffisamment rehaussée et vous impose maintenant des renforts arrivant à intervalles réguliers ainsi que certaines missions que vous perdez automatiquement au bout d’un certain nombre de tours. Oh, et en toile de fond, il y a le projet Avatar, qui est matérialisé par une barre de progression en haut de l’écran. Je ne vous révélerai rien là-dessus, préférant vous laisser découvrir l’histoire du jeu par vous-même, mais pour vous donner un avant-gout: laissez la barre se remplir en déclinant ou en foirant les missions pour contrer le projet et la défaite est instantanée. Allez en prison sans passer par la case départ et on jette la clé. Je ne vous parle même pas des Dark Events qu’il faut contrer correctement, sans quoi des bonus plus ou moins importants sont accordés à vos adversaires.

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« Mais on va se faire exploser! » allez-vous me dire. Oui, probablement. Quoi? Tu crois que mon objectif c’est te rassurer?! Bon, d’accord. Vous menez des opérations de guérilla, autrement dit vous êtes en sous-nombre mais vous devez pourtant paver votre route de cadavres ennemis. Dans cet esprit voulu par Firaxis, il tombait sous le sens d’introduire une composante discretion. Ainsi, tant que vous ne tirez pas et ne vous faites pas repérer, vous pouvez avancer à l’insu de l’adversaire et préparer votre coup pour être d’emblée le plus dévastateur possible. Vous pourrez ainsi éclater des groupes entier sans même qu’ils ne puisse y faire quoi que ce soit, notamment grâce au placement de vos soldats, du déclenchement de tirs de vigilance (qui se déclenchent quand un ennemi bouge dans le champ de vision de votre soldat) et de l’utilisation de la bonne entrée en matière. Firaxis réussit ici parfaitement à retranscrire le mode de combat de la guérilla qui, malgré votre faiblesse initiale, vous permettra d’exploser votre adversaire. Bien entendu, vous vous doutez que cela suppose une exigence particulière au niveau stratégique, surtout quand vous n’êtes pas supposé éclater tout ce qui bouge mais privilégier votre objectif et vous enfuir vite fait bien fait.

XCOM nouveau, XCOM tout beau

Plusieurs ajouts participent à l’excellence d’XCOM 2 et je commencerai par celui du corps à corps. Combien de fois ai-je regretté de me retrouver nez à nez avec des aliens en étant obligé de compter sur mon chargeur dans XCOM? Désormais, le Ranger intervient sur le terrain avec sa lame (dont les dégâts peuvent se révéler hallucinants) mais, là encore, votre sens de la stratégie sera mis à l’épreuve car cela suppose d’intervenir à découvert, et ça peut piquer sévère… Par ailleurs, il est maintenant possible pour un soldat de réclamer une évacuation s’il est mis à terre plutôt que d’attendre comme un bon couillon qu’un allié vienne le relever ou qu’un adversaire vienne l’achever. Une fois n’est pas coutume, faites attentions aux choix que vous opérez, car toute retraite est définitive et déjà que la tâche est ardue, un ou plusieurs soldats en moins peut signifier une défaite inévitable. On notera aussi la présence du piratage informatique qui vous permet de débloquer quelques avantages bien utiles en mission. Quel bonheur de pointer les canons d’une unité robotique ennemie contre les siens!

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Ce n’est pas qu’au niveau des caractéristiques du gameplay que nous nous intéressons. Graphiquement, XCOM 2 est plus beau que son prédécesseur. Sans casser des briques non-plus, l’ensemble est parfaitement cohérent et très agréable à la rétine. On apprécie également le fait que les environnements soient plus variés, mais aussi plus inspirés au niveau de la direction artistique. C’est dans l’ensemble un petit régal pour les yeux et on a vraiment l’impression de parcourir la Terre entière. Cependant, même si la multiplication des angles de caméra et les zooms sur les personnages sont bien présents, il est vraiment dommage de constater des bugs lors des gros plans sur les soldats lorsqu’ils réalisent une certaine action (par exemple un bon gros coup critique de la mort qui tue). On a également eu la désagréable obligation de devoir relancer le jeu suite à un bloquage pur et simple du jeu lors de certaines cinématiques, ce qui tend à décrocher votre immersion.

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Un mot sur les troupes à votre disposition et surtout sur leur personnalisation. Vous disposez de plusieurs classes: tireur d’élite, agent PSI, grenadier, ranger, spécialiste. Chacun a ses spécificités et spécialités. Il vous incombera de les utiliser au mieux afin de vaincre. Ce qu’on ne peut s’empêcher d’adorer, c’est la personnalisation qu’on a poussé à l’extrême! Il était déjà franchement chronovore de customiser ses soldats dans XCOM, mais là vous ne vous en sortirez plus! Vous pouvez créer un visage pour votre soldat, mais vous pouvez en plus lui ajouter des accessoires! Couvres-chefs, tatouages, lunettes.. Mais aussi et surtout – et c’est franchement la classe pour une organisation de résistance internationale – des langues et accents spécifiques de plusieurs pays. A l’heure actuelle, vous pourrez choisir entre français, anglais, américain, allemand, espagnol et italien, mais il n’est pas dit que des mises à jour ou une extension ne viendront pas augmenter le nombre d’options (tout en sachant que Firaxis encourage le modding, ce qui devrait donner de sacrés résultats). En plus de cela et à  la manière d’un FPS/TPS moderne, chaque arme est customisable, non-seulement esthétiquement mais aussi techniquement. Ainsi, il est tout à fait possible d’ajouter une lunette à une mitraillette, tout en sachant que ce genre d’accessoire se loot directement sur les aliens que vous éliminez. Du tout bon!

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Un jeu de stratégie indispensable

XCOM 2 fait tout tellement mieux que son grand frère – qui était déjà exceptionnel – que je suis obligé de vous dire que c’est un must-have. Proposant un défi beaucoup plus relevé (mais aussi plus dans la durée, vos soldats n’étant strictement jamais en mode « promenade de santé en terre ennemie »), des missions plus variées, une gestion plus pointue et un aspect stratégique plus complexe mais aussi plus jouissif à tous les étages, XCOM 2 vous propose en plus une durée de vie largement apte à vous ravir. Comptez au moins une cinquantaine d’heure (et encore…) bien poncer le titre de Firaxis. La personnalisation et les graphismes ainsi que la direction artistique (en plus de la variété des environnements) ne sont entachés que par quelques bugs qui promettent d’être réglés très bientôt.

[Points Positifs]

  • Loooong
  • De la stratégie poussée et omniprésente
  • Une gestion pointue et qui nous force à nous adapter
  • Le camouflage en début de mission
  • L’atmosphère et le gameplay guérilla
  • Le scénario
  • Rejouabilité monstrueuse (et en plus, les mods sont encouragés)
  • Difficulté relevée et régulée tout au long de la partie
  • Du corps à corps

[Points Négatifs]

  • Quelques bugs gênants, voire irritants
  • Ahem
  • Bon, ben voila.

Note 19

XCOM 2 est disponible exclusivement sur PC/Mac chez notre partenaire GoCleCd.fr.

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