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Test Void Bastards – Détenus dans l’espace

Quand on est prisonnier d’un vaisseau carcéral à la dérive, il faut compter plus que sur de la chance et des tripes pour espérer s’en sortir. Void Bastards nous offre tout un programme.

Embrouille administrative

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Bon, imaginez : vous avez merdé et vous êtes un criminel reconnu. Vous avez avez fait exploser un engin explosif dans un lieu public ou vous avez oublié de payer votre facture d’oxygène. En tout cas, vous êtes un salopard. Heureusement pour la société du futur, vous avez été capturé, liophylisé, et actuellement en transfert pour un centre de détention spatial.

Si votre situation n’est pas déjà très confort, ça peut encore empirer. Le vaisseau en question est en panne, en plein milieu d’une nébuleuse infestée de pirates, de créatures spatiales et pleine d’épaves de vaisseaux où hantent encore leurs occupants devenus mutants. Il est alors nécessaire d’aborder ces derniers pour récupérer le matériel requis pour réparer le vaisseau carcéral avec tout un périple pour falsifier une carte d’identité afin de redémarrer l’ordinateur de bord. Vous êtes un prisonnier à qui on a retiré ses droits, après tout. Les joies de l’automatisation à outrance.

Les cinématiques façon motion comics sont très réussis (et drôles).

Si les premiers éléments sont faciles à récupérer, il faudra s’enfoncer de plus en plus profondément dans la nébuleuse pour arriver au bout du projet. Seulement, les vaisseaux à la dérive sont de plus en plus complexes et les ennemis de plus en plus balèzes. Il va donc falloir s’adapter au fur et à mesure de vos pérégrinations dans le vide spatial.

Void Bastards revendique des inspirations comme System Shock ou même BioShock

Void Bastards revendique des inspirations comme System Shock ou même BioShock et veut mettre entre les mains un gameplay systémique tentaculaire qui obligera le joueur à redoubler d’ingéniosité pour s’en sortir. Pas étonnant, puisque le président du petit studio Blue Manchu n’est nul autre que Jonathan Chey, l’un des cofondateurs d’Irrational Games (BioShock).

Première édition

Le premier truc qui saute aux yeux quand on lance Void Bastards, c’est sa direction artistique sublime, mais qui ne plaira pas à tout le monde. À la manière d’un vieux Doom-like, les ennemis sont des sprites 2D dans un environnement 3D en cell-shading, ce qui donne un résultat assez bluffant, où le moindre screenshot pourrait être confondu avec une case de BD américaine.

Le premier truc qui saute aux yeux quand on lance Void Bastards, c’est sa direction artistique sublime, mais qui ne plaira pas à tout le monde.

Le style général et la narration comptent d’ailleurs beaucoup sur ça pour nous rappeler de vieux comics. L’humour absurde teinté de science-fiction pulp fonctionne très bien, d’autant plus que le narrateur de Stanley Parable (Kevan Brighting) fait office d’ordinateur de bord au sarcasme exacerbé. D’ailleurs, la direction artistique sert également dans le gameplay, puisque chaque effet sonore important se traduit généralement par un effet visuel ou une onomatopée, comme dans les BD. Idéal pour « voir » un ennemi marcher dans une pièce à côté.

On s’y croit.

Void Bastards est un Rogue-lite avec progression générale. Si vous mourez, vous ne perdez pas les ressources récupérées jusque là, mais vous pouvez dire adieu à votre précieux ravitaillement (nourriture, carburant et munitions). Chaque épave est générée de façon procédurale avec beaucoup de paramètres différents qui vous feront réfléchir à deux fois avant de choisir votre prochaine destination.

Si vous mourez, vous ne perdez pas les ressources récupérées jusque là, mais vous pouvez dire adieu à votre précieux ravitaillement.

Votre personnage aussi est tiré au hasard parmi « des millions d’autres clients » (le nom politiquement correct des prisonniers), avec des traits génétiques qui rappellent beaucoup Rogue Legacy. Ces traits uniques apportent pas mal de variété au gameplay et doivent être pris en compte selon la situation, en plus d’être souvent drôles. Par exemple, il se peut que le client tousse de temps en temps (alertant les ennemis aux alentours), laisse tomber des objets derrière lui, fasse 2m50 ou bien sprinte de manière silencieuse. Il existe d’ailleurs plein de manières de modifier son patrimoine génétique.

Il y a énormément de objets à fabriquer, tous plus ou moins utiles.

Selon les capacités du personnage actuel, des armes et munitions disponibles et de la configuration des épaves à portée (ennemis présents, récompenses et autres modificateurs) on choisit minutieusement sa prochaine destination, car un coup mal calculé peut souvent se conclure sur une mort rapide tout à fait évitable (comme dans la majorité des Rogue-lites). On apprend souvent de ses erreurs et il y a suffisamment de paramètres à prendre en compte en permanence pour être stimulé de manière positive et soutenu. C’est tout ce qu’on demande à un jeu du genre.

Immersion Comics

Une fois une épave abordée, on comprend l’inspiration de System Shock. On peut interagir avec beaucoup d’éléments du vaisseau et ses différents systèmes : il est possible de verrouiller une porte pour limiter le déplacement des ennemis, consulter la carte pour découvrir l’emplacement des objets à récupérer ou encore désactiver les systèmes de sécurité pendant un temps limité.

On peut interagir avec beaucoup d’éléments du vaisseau et ses différents systèmes.

Les archétypes de vaisseaux ne sont pas très variés, mais l’emplacement des points de défense (caméras, tourelles, robots de sécurité), des dangers environnementaux (feux, radiations, câbles électriques) et des ennemis est bien sûr aléatoire. Jouer efficacement à Void Bastards, c’est prendre en compte plein de paramètres sur le vaisseau actuel et s’en servir au mieux pour ressortir les poches pleines et sans trop de bobos. La vie remonte très lentement (à condition d’avoir de la nourriture en réserve) et le moindre PV épargné peut vous aider sur le long terme. Foncer dans le tas est donc rarement une solution.

Décrochez les amarres des pirates afin qu’ils vous foutent la paix (ils sont très dangereux).

Certaines commandes du vaisseau sont plus puissantes, mais coûtent de l’argent. On est alors loin d’une compétence de hacking à la System Shock où il était nécessaire d’avoir un certain niveau de compétence. On râle au début, mais cela ne fonctionne finalement pas trop mal. Cela permet toujours de considérer l’intérêt d’un hacking avant son exécution : « en ai-je vraiment besoin dans la situation actuelle ? ».

Certaines commandes du vaisseau sont plus puissantes, mais coûtent de l’argent.

Chaque ennemi possède ses propres forces et faiblesses à découvrir (souvent à la dure) et prendre en compte. Vous finirez par avoir le choix dans un arsenal varié et utile, mais vous serez limité à chaque mission. Vous connaissez les types d’ennemis en avance. Utilisez cette information pour choisir votre équipement en conséquence. De plus, le résultat ne se vérifie jamais par le biais de statistiques arbitraires, mais toujours par le gameplay.

Choisissez votre arsenal judicieusement avant de partir.

Et encore, c’est sans compter sur de nombreux modificateurs qui influent sur l’épave elle-même : le vaisseau peut-être plongé dans le noir, obligeant à avancer à tâtons (en plus de foutre les jetons); des coupures de courant peuvent survenir régulièrement, empêchant l’ouverture des coffres, et les ennemis peuvent être plus ou moins forts que prévu, voire absents du vaisseau.

On retrouve énormément de mécaniques qui se croisent, mais sans jamais s’entrechoquer

Du coup, on retrouve énormément de mécaniques qui se croisent, mais sans jamais s’entrechoquer, pour le meilleur et pour le pire, laissant libre cours à la créativité du joueur pour aborder l’exploration du vaisseau et les combats (quitte à les éviter). Les meilleurs moments sont clairement ceux où on se rend compte que la situation n’a plus aucun sens, comme des ennemis détectés comme très nombreux, mais qui meurent dans les nombreuses flaques de radiations présents à bord, laissant le champ libre pour faire vos courses. En revanche, l’inverse est vrai, où les risques encourus n’en valent plus vraiment la chandelle. Abandonner l’épave étant alors une bonne idée.

Le feu brûle tout le monde sans distinction, et c’est tant mieux.

Ce n’est pas aussi profond qu’un véritable immersive sim comme System Shock ou Prey, mais ça fait bien le café. Void Bastards s’épure un maximum pour garder un gameplay propre et faire en sorte que la génération aléatoire ne génère pas trop de problèmes.

Spatio-Bricolo

Au fur et à mesure que vous récupérez des objets clés, vous pouvez étoffer votre équipement en fabricant des armes et différents gadgets à effet passif, souvent puissants. Tellement puissants qu’il est conseillé de reconsidérer vos capacités d’exploration en fonction de ce que vous avez débloqué.

Les objets clés et désirés sont indiqués directement sur la carte.

D’habitude, je trouve les mécaniques de crafting chiants, lourds et redondants, mais ce n’est pas le cas dans Void Bastards. Parmi les très nombreux objets que l’on peut fabriquer, il est important de se fixer des priorités pour pouvoir affronter un maximum de situation, comme développer une combinaison contre les dangers environnementaux, la possibilité de trouver des munitions pour vos armes plus facilement ou étendre votre autonomie en oxygène. Il y a énormément de choix et un même composant peut être utilisé pour de multiples recettes, dont les objets clé pour progresser dans le scénario.

D’habitude, je trouve les mécaniques de crafting chiants, lourds et redondants, mais ce n’est pas le cas dans Void Bastards.

Il est alors possible de pointer directement le composant que l’on recherche sur la carte afin de savoir où chercher. Les récompenses des épaves sont également aléatoires, mais on sait toujours d’avance ce qu’on risque de trouver sur place, histoire de confronter les risques et les récompenses.

La passerelle permet de connaître l’emplacement des coffres du vaisseau.

Si vous galérez à atteindre l’élément qui vous intéresse, vous pouvez accumuler des matières premières pour les fabriquer directement sur votre vaisseau, histoire d’avoir tout le temps la bonne impression de progresser, même si vous mourez tous les deux sauts.

Si vous galérez à atteindre l’élément qui vous intéresse, vous pouvez accumuler des matières premières pour les fabriquer directement.

Comptez une petite dizaine d’heures pour en voir le bout une première fois, mais perdre régulièrement peut vous coûter cher en temps de jeu. Des niveaux de difficultés supplémentaires se débloqueront au fur et à mesure que vous terminerez vos premières runs, et il faudra maîtriser les mécaniques de jeu jusqu’au bout des ongles pour espérer en voir le bout.

Gravité conditionnelle

Void Bastards arrive à mélanger le genre de l’immersive sim avec des mécaniques de Rogue-lite à merveille. Les mécaniques sont bien pensées et la génération procédurale s’en sert à bon escient. Il faut autant utiliser son cerveau que faire parler la poudre et apprendre de ses erreurs fait partie d’un processus bien calibré. Bon, le contenu aurait mérité d’être un peu plus étoffé et l’aléatoire n’a pas que du bon, mais la direction artistique et l’expérience globale font qu’on passe un excellent moment à arpenter les vaisseaux à la dérive de Void Bastards.

► Points forts

  • Une DA comics singulière très réussie
  • Un humour potache qui fait mouche
  • Un gameplay systémique qui fonctionne
  • Des paramètres à prendre en compte, tout le temps
  • De gros dilemmes dans le crafting
  • Une progression bien calibrée

► Points faibles

  • La partie shoot n’est pas ultra confort
  • Certaines situations sont ingérables
  • Les archétypes d’épaves se répètent trop vite
  • Traduction française bourrée d’erreurs

Le System Shock du LOL

15/20

Configuration du PC utilisé pour ce test :

Void Bastards est disponible sur PC et Xbox One.

1 commentaire
  • bobyto ~ Le 19 juin 2019 à 12:34

    Testé hier, DA vraiment sympa, principe plutôt cool, mais j’ai peur que ça devienne très vite répétitif (comme la plupart des rogue-lite). C’est assez lent niveau shoot par contre