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Vignette test Two Point Hospital

Two Point Hospital – Piqûre de rappel

Two Point Hospital essaie de rendre un grand hommage à Theme Hospital. Si la nostalgie vous donne des plaques, il vaudrait mieux consulter avant de jouer.

C’est l’hôpital qui se fout de la charité… littéralement

Si vous avez connu les jeux vidéo dans le milieu des années 90, il se peut qu’un ou deux jeux Bullfrog fussent installés sur votre ordinateur. Entre Populous, Theme Park, Syndicate et Dungeon Keeper, l’ancien studio de Peter Molyneux avait su rentrer dans la légende des jeux de gestion. Dans le tas, il y a aussi eu Theme Hospital qui a su provoquer quelques crampes chroniques aux zygomatiques.

Le principe est — a priori — simple. Vous êtes à la tête d’un complexe hospitalier et vous devez gérer son fonctionnement de A à Z : du recrutement des médecins et du personnel au traçage des plans en passant par le choix des tarifs. Parce que oui, Theme Hospital est une parodie du milieu hospitalier avec un humour bien anglais. La bonne santé de vos patients sera surtout un moyen de se faire beaucoup d’argent.

Two Point Studios a été fondé par Ben Hymers, Mark Webley et Gary Carr. Ces deux derniers ont justement travaillé chez Bullfrog (avant d’être assassiné par EA en 2001) et étaient des membres clés du développement de Theme Hospital. Autant dire que Two Point Hospital porte un lourd héritage, et le revendique pleinement (et surtout fièrement).

Le principe est — a priori — simple. Vous êtes à la tête d’un complexe hospitalier et vous devez gérer son fonctionnement de A à Z.

vu d'ensemble d'un grand hôpital
Votre hôpital finit vite par être très imposant et intimidant

Ponction monétaire

Quand on lance le didacticiel de Two Point Hospital, il y a un constat qui saute à la figure : le gameplay est quasiment identique à celui de son illustre modèle. Même si on s’y attendait, ça fait quand même un choc, 20 ans plus tard. Même le tout premier niveau est similaire à celui de Theme Hospial.

On vous donne quatre murs et c’est votre boulot de dessiner les pièces qui viendront accueillir l’équipement utile au bien-être de vos patients.

Two Point Hospital est principalement un jeu d’optimisation. Il faut savoir alors bien optimiser l’espace de l’hôpital et les objets qui se trouvent à l’intérieur pour être le plus efficace possible dans les différentes phases du traitement.

Il y a un constat qui saute à la figure : le gameplay est quasiment identique à celui de son illustre modèle.

Les maladies d’un patient (toujours aussi loufoques) doivent d’abord être auscultées par un généraliste avant qu’il soit éventuellement redirigé vers une salle de diagnostic appropriée selon les cas. Une fois que le diagnostic est fixé, on peut soumettre le patient à un remède qui sera plus ou moins complexe, exigeant parfois de l’équipement spécialisé.

Ma maladie préférée : le malade se prend pour Freddie Mercury

Seulement, même quand les patients ne sont pas sur le billard, il faut s’occuper d’eux. Two Points Hospital propose énormément d’accessoires pour donner du charme à son hôpital, et il faudra alors le décorer pour le rendre attrayant. Mettre à disposition des distributeurs automatiques et des stands de prospectus peut aussi réduire l’ennui (et vous rapporte de l’argent !) afin qu’il ne soit pas tenté d’aller voir ailleurs à cause d’un médecin trop long.

Il faudra aussi gérer votre personnel et les assigner à divers postes selon leurs atouts. Les différents types de personnels sont les mêmes que le Theme Hospital: les médecins, les infirmier.es, les assistant.es et les agent.es de maintenance. Au fur et à mesure que votre réputation progresse, vous aurez de plus en plus de CV à disposition et vous pourrez facilement recruter des employés avec de meilleures compétences.

Les différents types de personnels sont les mêmes que Theme Hospital.

Le but du jeu est que le workflow soit fluide, que les patients soient contents pour accepter de venir chez vous et qu’il y ait le moins de morts possible (les erreurs médicales, ça arrive).

Oui, l’humour anglais absurde (pléonasme) est toujours de la partie et la plupart des maladies sont soit basées sur des jeux de mots, soit complètement barrées (la localisation française a fait du bon boulot sur ce point). On se surprend à sourire quand on découvre une nouvelle maladie et la façon dont elle est traitée. Une de mes préférées reste le cas d’épidémiede « monosourcils », où l’entité capillaire se détache du patient pour ensuite aller grouiller partout dans l’hôpital tel un cafard. À vous de les écraser avec votre souris.

une blague sur l'homéopathie dans un message de service
L’humour hospitalier, c’est particulier.

Au niveau de la direction artistique, on reste dans le simple et cartoonesque, comme si c’était fait de pâte à modeler. On pourrait presque croire que le studio d’animation Aardman ait participé au projet. C’est surtout très lisible. Indispensable quand il commence à avoir beaucoup d’éléments et du peuple à l’écran.

Oui, l’humour anglais absurde (pléonasme) est toujours de la partie.

D’un point de vue technique, il est impressionnant de voir que le pathfinding fonctionne aussi bien avec autant de gens dans les couloirs et avec des salles encombrés d’objets en tout genre. Certaines décisions de personnages sont parfois bizarre et de (rares) bugs peuvent casser le fonctionnement d’une salle de traitement, mais rien qu’une intervention à la main ne peut pas résoudre.

Comme gratter une démangeaison sévère

Après avoir retrouvé les réflexes de l’époque, on prend toujours un réel plaisir à gérer son microcosme aseptisé.

Une fois qu’on a quelques heures de jeu dans les pattes, on se rend compte que le gameplay d’autrefois gagne un peu de profondeur pour éviter d’être une simple copie carbone.

Par exemple, les salles sont plus performantes selon leur taille et les éléments qui sont dedans, influençant son prestige, et parfois son efficacité avec les bons élémentsGénéralement, on abusera des éléments décoratifs mais cela permet quand même de donner un certain cachet à la pièce.

l'interface de création d'une pièce
Sponsorisé par Valérie Damidot

Malheureusement, cette tâche devient vite répétitive et fastidieuse, puisque chaque élément doit être posé à la main. Il n’y a aucun moyen de dupliquer une salle telle quelle (la bonne idée étant tout de même de pouvoir la déplacer à volonté). Si on est réceptif, on prend tout de même un certain plaisir à disséminer les différents éléments d’une pièce, essayant de lui donner une allure cohérente, un peu comme une maison de poupée.

On se rend compte que le gameplay d’autrefois gagne un peu de profondeur pour éviter d’être une simple copie carbone.

En revanche, les compétences des médecins et des autres employés fonctionnent de façon différente. Bien sûr, il faudra toujours une spécialité pour pouvoir appliquer certains soins (comme un diplôme en psychiatrie pour pouvoir traiter les maladies mentales), mais cela va maintenant plus loin.

Les niveaux d’expérience de vos employés débloquent des slots de compétences qui peuvent être comblés dans une salle de formation. Il est important que cette salle soit toujours en activité puisqu’en plus des spécialités, certaines compétences permettent de travailler plus vite, plus efficacement, en prenant moins de pauses, etc. Elles coûtent cher, mais un employé déjà formé peut enseigner ce qu’il a appris à ses camarades pour économiser de l’argent. Il y a même des compétences pour rendre le processus plus efficace.

Les niveaux d’expérience de vos employés débloquent des slots de compétences qui peuvent être comblés dans une salle de formation.

Les formations sont aussi très longues, et votre médecin ne peut pas faire ses consultations s’il retourne sur les bancs de l’école. Il faudra alors prévoir du personnel supplémentaire si vous ne voulez pas que vos couloirs soient bondés de malades impatients. Ça part souvent vite en sucette, comme une succession de vomissements en chaîne. Garder le moral du personnel haut est aussi essentiel pour qu’il évite de réclamer des augmentations à tout bout de champ.

un aperçu des zones couvertes par des objets décoratifs
Les plantes vertes, c’est important

Il est également question dorénavant de soigner sa réputation. En rendant heureux vos patients, en évitant les morts (ça arrive trop souvent en fait) et en impressionnant des VIP, vous obtiendrez un boost de consultations et plus de CV à disposition. Le niveau de votre hôpital calculé à partir du nombre d’employés et de salles compte aussi dans l’équation.

C’est alors un duel entre l’offre et la demande. Au fur et à mesure que vous étoffez l’hôpital, il faudra rester dans la course et arriver à satisfaire vos clients patients tout en arrivant garder la tête hors de l’eau sur tous les aspects. Il ne faut pas hésiter à multiplier le nombre de pièces pour garder les salles d’attente les moins saturées possible.

Au fur et à mesure que vous étoffez l’hôpital, il faudra rester dans la course et arriver à satisfaire vos clients patients.

On prend souvent de la distance et admire la machine qui tourne, tout ce fric versé sur le compte de la société et tous ces gens qui agonisent dans les couloirs. C’en est presque poétique.

Les files d'attente sont saturées
« Désolé, le docteur mouse n’est pas disponible avant 2022 »

BEP Chirurgie

Malheureusement, malgré tous ses efforts pour être un jeu de gestion profond, Two Point Hospital est manifestement un peu trop facile. Attention, il y a quand même beaucoup de choses à gérer et rester inactif accumule les problèmes.

Une fois que le bouzin lancé, il est très peu probable que vous perdiez. Les premiers instants peuvent être tendus financièrement, à cause d’un hôpital vide à équiper un minimum, mais si vous faites les choses correctement et grâce à un système d’emprunt hérité du premier jeu, vous vous en sortirez sans trop d’encombres.

Two Point Hospital est manifestement un peu trop facile.

Il n’y a jamais vraiment de sensation d’urgence et les situations particulières (comme les urgences, justement) sont toujours proposées, mais jamais imposées.

Un palmarès annuel récompense les performances du joueur
Pourquoi je l’ai jamais ce prix, moi…

Appliquer des prix de dingos est aussi assez peu punitif. Si vous faites bien le boulot, votre réputation reste bonne quoi qu’il arrive et le cash continue de couler à flots, vous laissant le champ libre pour investir dans toutes les folies possibles.

Pour éviter la répétition, chaque carte du jeu propose alors ses propres défis et sa propre disposition des bâtiments, vous empêchant souvent d’appliquer le même schéma à chaque début de partie. Par exemple, il s’agira d’avoir un hôpital très bien décoré, ou alors d’être dans l’impossibilité de recruter des médecins compétents, où il faudra prévoir un programme de formation maousse costaud.

Pour éviter la répétition, chaque carte du jeu propose alors ses propres défis et sa propre disposition des bâtiments.

Chaque mission possède un système d’étoiles où il faut atteindre un certain score. Dès la première étoile débloquée sur 3, vous pouvez passer à la mission suivante. Seulement, la bonne idée est qu’il est tout à fait possible de revenir à un ancien hôpital pour continuer à l’améliorer avec les technologies et les objets que vous avez débloqués. La rejouabilité est assurée, et le défi est remplacé par le plaisir de vouloir optimiser au mieux en utilisant ses nouveaux jouets.

Récapitulatif financier des derniers mois
N’hésitez pas à passer par l’écran infos pour savoir comment vous vous en sortez.

Afin d’ajouter de la motivation à l’envie de bien faire, le titre possède des fonctionnalités en ligne qui vous met en compétition avec votre liste d’amis Steam. Sur une carte donnée, il est alors possible de comparer vos statistiques et de savoir qui fait quoi le mieux, comme le revenu annuel, le taux de guérison ou encore votre réputation.

Il est aussi possible de défier vos amis dans des challenges chronométrés, en direct ou en différé et en choisissant les conditions de victoires (nombre de patients guéris, argent gagné, etc). Participer à ces petits défis rigolos vous octroie des points pour débloquer de nouveaux éléments.

Il est aussi possible de défier vos amis dans des challenges chronométrés.

« Il est strictement est interdit de mourir dans les couloirs »

On est rassuré avec ce Two Point Hospital et en même temps peu surpris. La formule de l’époque est reprise au pied de la lettre et les nouveautés introduites sont très bien implémentées, soutenues par une réalisation solide. Le challenge n’est pas réellement présent, les moments d’ennui sont très rares et il y a toujours un aspect de l’hôpital qui demande notre attention. Si le système de rejouabilité est simple et pourtant très efficace, on aurait quand même voulu en avoir un peu plus, comme de vraies mécaniques de jeux inédites. Quoi qu’il en soit, le titre est plaisant et son humour noir fait un bien fou. Si vous cherchez un moyen de revivre la grande époque de Bullfrog ou si vous êtes en manque cruel d’un jeu de gestion agréable et (presque) pas prise de tête, Two Point Hospital est un traitement adapté.

► Points forts

  • Un vieux gameplay remis au goût du jour
  • Une satire du système de santé rigolo
  • On ne s’ennuie pas
  • La possibilité de revenir gérer d’anciens hôpitaux
  • Pouvoir tout régler au millimètre
  • Une direction artistique plaisante et pratique

► Points faibles

  • À eu peur de réellement innover
  • Impossible de perdre une fois bien lancé
  • De rares bugs de pathfinding gênants
  • Des musiques qui rendent hommage, mais vites répétitives

Par chèque ou carte bleue ?

16/20

War Legend a bénéficié d’une copie fournie par l’éditeur de ce jeu.

Two Point Hospital est disponible sur PC, Mac et Linux.


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2 commentaires
  • funk ~ Le 5 septembre 2018 à 20:16

    « Il strictement est interdit de mourir dans les couloirs »

    Erreur de frappe dans ce sous titre

  • citizenerased ~ Le 5 septembre 2018 à 20:52

    Merci, j’ai corrigé entre temps :)