Turtle Beach livre son Stealth Pro II, un petit bijou de casque sans fil premium, avec tout ce qu’il faut pour devenir votre nouveau joujou préféré.
Unboxing & caractéristiques
Le Stealth Pro II arrive dans une coque rigide qui ne laisse aucun doute sur son positionnement tarifaire. Le couvercle aimanté découvre une housse de transport intégrée, l’une des plus volumineuses passées entre mes mains pour un test de casque, avec mousse découpée sur mesure à l’intérieur. Dans cette housse : le casque, une station galet qui fait office de chargeur et de second émetteur, un dongle USB-A 2,4 GHz, un câble USB-C vers USB-A de 2 mètres, deux batteries interchangeables de 40 heures chacune, un microphone amovible et une notice de démarrage rapide.
Le cœur technique repose sur deux transducteurs Eclipse de 60 mm à double architecture (woofer et tweeter dédiés), avec une réponse en fréquence annoncée de 10 Hz à 40 kHz — plus large que la moyenne du segment, qui plafonne généralement autour de 20 kHz. La certification Hi-Res Audio Wireless de la Japan Audio Society autorise un flux 24 bits/96 kHz en USB sans fil et s’appuie sur les codecs Bluetooth LC3plus et LDAC pour la connexion mobile, ce dernier transmettant jusqu’à trois fois plus de données que le Bluetooth standard.
Le système CrossPlay 2.0 permet d’enregistrer jusqu’à quatre émetteurs (station + dongles) et de basculer entre les sources par simple pression. Le bundle de base ne fournit que deux récepteurs — la station et un dongle —, les émetteurs supplémentaires étant facturés 34,99 euros à l’unité, sauf achat sur la boutique officielle Turtle Beach qui en offre un troisième.
Côté isolation, quatre microphones internes assurent une réduction active du bruit annoncée jusqu’à 25 dB. Le microphone principal, un modèle flottant de 9 mm suspendu sur six rayons en caoutchouc, encode en 16 bits/32 kHz sur une plage de 100 Hz à 16 kHz et se double de microphones à formation de faisceaux intégrés aux oreillettes pour un usage sans boom détachable. Le casque pèse 393 grammes avec microphone (382 g sans), confirmé à la pesée. Compatible PC (Windows 10 et versions ultérieures, USB 2.0 minimum), PlayStation 4 et 5, ainsi que tout appareil mobile Bluetooth, il est proposé en finition noir/cuivre, blanc et noir uni selon les déclinaisons PlayStation ou Xbox.
Ergonomie & design
La construction s’appuie sur des bras en aluminium anodisé coulissants, des commandes métalliques à taille diamant et des plaques d’oreillettes en plastique soft-touch. L’arceau abandonne le coussin traditionnel au profit d’une suspension en mesh tendu, un choix qui rappelle la sangle d’un siège de bureau haut de gamme : le contact est plus ferme qu’une suspension classique, mais répartit mieux le poids sur la durée. Les oreillettes coulissent indépendamment sur environ 25 mm de chaque côté, pour un arceau qui s’étire jusqu’à 317 mm à l’intérieur ; elles pivotent également à 90 degrés et s’inclinent pour épouser la morphologie du visage.
L’oreillette gauche se détache par aimant pour l’accès à la batterie, un système d’une simplicité déconcertante à l’usage. Les coussinets en mousse à mémoire de forme double couche, enveloppés d’un tissu respirant façon maillot de sport, intègrent le système ProSpecs pensé pour les porteurs de lunettes. Aucune gêne constatée sur ce point, même après plusieurs heures consécutives avec monture sur le nez.
Sur la question du poids, il faut nuancer : en main, la densité de l’appareil se fait sentir immédiatement, mais elle disparaît une fois le casque en place, y compris sur de longues sessions. Concrètement, c’est le casque que je remets sur les oreilles à chaque session, qu’il s’agisse d’une partie compétitive ou d’une simple playlist en fond. La finition noir/cuivre, avec ses liserés discrets sur l’arceau et les fourches, s’éloigne du vocabulaire agressif habituel du gaming — aucun RGB, une allure qui passe aussi bien devant un écran que dans un train.
Les commandes sont réparties sur les deux oreillettes : à gauche, molette de volume, molette chatmix programmable, bouton de mode (bascule ANC par défaut), port USB-C de charge et port mini-USB pour le microphone ; à droite, bouton CrossPlay pour changer de source, seconde molette dédiée au volume Bluetooth et bouton d’appairage Bluetooth. L’ensemble reste accessible au toucher après une courte période d’adaptation.
Performances
À l’usage, le Stealth Pro II s’impose aussi bien pour l’écoute musicale que pour le jeu : la scène sonore reste précise, avec une localisation fiable des bruits de pas qui devient un vrai atout en compétitif, et une restitution des ambiances suffisamment détaillée pour les jeux misant sur le sound design. Le réglage d’usine n’est cependant pas irréprochable : les aigus sont poussés un cran trop haut par défaut, avec des bruits de pas et de tirs parfois trop présents, et certains passages musicaux aigus proches de l’agressif — un défaut correctible via les préréglages EQ de Swarm II, mais réel de série.
L’isolation active, portée par les quatre microphones internes, s’est montrée efficace à l’épreuve : un sèche-cheveux allumé à proximité immédiate du poste de travail devient à peine perceptible, sans dégradation du jeu ni du micro. L’isolation passive des coussinets fait déjà l’essentiel du travail, au point que l’ANC en devient presque superflu, avec un léger impact sur la qualité sonore une fois activée, plus sensible en musique qu’en jeu.
Le système CrossPlay 2.0 constitue l’argument central du produit. Au quotidien, il permet d’enchaîner PC, machine portable et console sans reconfiguration ni déplacement de dongle, chaque bascule s’opérant par simple pression sur le casque. Les dongles indépendants permettent de connecter des appareils éloignés sans câble USB entre eux — un avantage réel sur les stations filaires classiques du marché. Une limite à noter côté Bluetooth : un seul appareil actif à la fois malgré la connexion simultanée 2,4 GHz + Bluetooth, ce qui empêche d’utiliser deux sources Bluetooth en même temps.
Sur l’autonomie, les deux batteries de 40 heures tiennent globalement leurs promesses, avec un chiffre réel légèrement inférieur à l’annoncé en usage intensif, options activées au maximum. Sur deux semaines de test, la batterie n’a été échangée qu’à deux reprises, dont une par simple curiosité — l’anxiété liée à l’autonomie disparaît de fait grâce au système d’échange à chaud.
Le microphone principal fait l’unanimité : voix claire et naturelle, qualité vocale parmi les meilleures rencontrées sur ce type de produit, résultat pleinement satisfaisant pour la visioconférence et le streaming. Le point faible concerne en revanche les microphones internes à formation de faisceaux, utilisés sans le boom détachable : plus sujets au bruit ambiant, un brin nasillards avant réglage logiciel, avec une prise en main initiale pas toujours évidente pour les activer correctement.
Logiciel
L’application Swarm II (PC, iOS, Android) centralise les réglages : égaliseur séparé jeu/micro, modes Superhuman Hearing à trois niveaux prédéfinis plus intensité ajustable, gestion du noise gate et de la sensibilité du micro, activation de l’ANC et création de profils — jusqu’à cinq —, mise à jour du firmware du casque, de la station et des dongles, et mappage des commandes programmables. Quatre préréglages audio (amplification des basses, son emblématique, amplification des aigus, amplification des voix) restent accessibles directement depuis le casque sans passer par le logiciel.
La fiabilité de l’application n’est pas exemplaire à 100 %. La mise à jour initiale s’est déroulée sans accroc, mais l’historique de Swarm chez Turtle Beach reste marqué par des blocages ponctuels selon les configurations : l’application peut rester bloquée sur un message de mise à jour disponible sans jamais parvenir à se mettre à jour, ce qui empêche l’accès aux réglages avancés et à la configuration des microphones internes. Un problème d’installation ou d’unité isolé reste possible, mais il mérite d’être mentionné plutôt que passé sous silence.
Conclusion
Le Stealth Pro II est, à ce jour, le casque sans fil le plus abouti qui me soit passé entre les mains sur le segment premium multiplateforme. Confort, autonomie et polyvalence CrossPlay 2.0 forment un ensemble cohérent pour qui bascule réellement entre plusieurs machines. La liste des réserves reste malgré tout réelle : aigus un peu vifs de série, microphones internes perfectibles sans le boom, application Swarm parfois capricieuse, dongles supplémentaires facturés en sus. Si vous jouez sur une seule plateforme sans jamais bouger votre setup, l’argument CrossPlay perd tout son sens et un casque filaire moins onéreux fera aussi bien l’affaire. Pour les autres : à 349 euros, c’est le prix du casque le plus polyvalent du marché premium. Personnellement, je ne m’en passe plus.



















