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Vignette test the room vr a dark matter

Test The Room VR: A Dark Matter – L’Egypte et le couvert

Après avoir écumé les plateformes mobiles et porté sa licence à succès sur PC, Fireproof Games se lance à l’assaut du marché VR, toujours avec The Room.

L’appel du Zéro

J’adore The Room. Très peu habitué aux jeux mobiles, j’ai dévoré l’intégralité de la licence de Fireproof Games depuis The Room jusqu’à The Room: Old Sins. Pour ceux et celles d’entre vous qui ne connaîtraient pas la saga, il s’agit de jeux d’énigmes très travaillés et offrant de magnifiques objets à décrypter et ouvrir. La satisfaction est grande rien qu’à regarder les mécanismes s’actionner et révéler la prochaine partie d’un puzzle, sur fond de la douce musique des cliquetis. Si je devais faire une comparaison purement de surface et radicalement foirée en termes d’ampleur, je prendrais le manoir mécanique de Dishonored 2.

The Room VR: A Dark Matter - boîte égyptienne

Un univers de science-fiction bien sombre et très intriguant.

Tout cela se paie en plus le luxe de nous proposer un univers de science-fiction bien sombre et très intriguant. Il existerait un élément incroyable permettant les choses les plus folles : le Zéro. Avec juste ce qu’il faut de mystère, nous tentons d’en apprendre plus à son sujet en marchant dans les pas de ceux et celles qui ont eu affaire à lui. The Room VR: A Dark Matter ne fait pas exception à la règle et nous place dans l’uniforme d’un inspecteur de police britannique. On ne peut s’empêcher de penser à l’Appel de Cthulhu de H.P. Lovecraft et à son inspecteur, et mine de rien ça fait plaisir, n’en déplaise.

The Room VR: A Dark MAtter - rapport de disparition
Tout commence avec une énième disparition…

Pour la première fois dans son histoire, The Room vient fureter du côté de la VR. L’idée est donc de nous immerger totalement dans les environnements du jeu et de profiter des capacités offertes par la réalité virtuelle… ou pas.

Indiana Jones sans le fouet ni les nazis

Chargé d’enquêter sur des disparitions mystérieuses, l’inspecteur de police que nous sommes se voit rapidement contacté par « L’Artisan », que ceux et celles qui ont déjà joué aux précédents opus de la série connaissent. Pour les autres, disons simplement que son nom reflète bien sa personne, en partie. Bientôt, nous nous retrouvons transporté dans la salle d’étude d’un archéologue, au milieu d’objets de l’Egypte ancienne. Alors commence la prise de tête pour essayer de comprendre ce qui s’est passé et apprendre le fin mot de l’histoire.

The Room VR: A Dark Matter propose ainsi 4 environnements principaux.

The Room VR: A Dark Matter propose ainsi 4 environnements principaux qui serviront à abriter les casse-têtes chargés de nous donner du fil à retordre. Ce que l’on remarque très rapidement, c’est la spatialisation du son. The Room propose un petit fond d’horreur ou tout du moins d’angoisse, et les effets sonores servent plutôt bien cette visée. Là-dessus la VR se révèle plutôt sympathique et permet de créer l’émotion chez le joueur. On regrette toutefois que ça n’aille pas un peu plus loin que ça, mais j’y reviendrai.

The Room VR: A Dark Matter - crypte avec cercueil au mur
Des environnements lugubres vous attendent.

Autre point important : nous évoluons bien entendu au milieu des environnements, et on aura même le privilège d’en avoir quelques-uns en extérieur – mais ça restera très bref. The Room VR: A Dark Matter offre des niveaux crédibles avec de très chouettes détails. Les épisodes mobiles étaient déjà ciselés en matière de graphismes et d’animation, ce nouvel opus en réalité virtuelle n’y fait pas exception, même si on peut chipoter en notant ça et là quelques textures un peu moins travaillées.

On savait qu’on en boufferait, des lentilles

Les énigmes en elles-mêmes sont toujours aussi bien conçues et on prend beaucoup de plaisir à les résoudre pour découvrir où le jeu nous emmènera ensuite. Il est toujours question d’un système de lentilles qui permet de quelque peu changer les perspectives. L’une vous permet notamment de voir à travers certaines surfaces, ce qui autorise à y plonger la main pour actionner des mécanismes et ainsi débloquer certaines situations qui de prime abord semblent impossibles à aborder.

The Room VR: A Dark Matter - cristaux en suspension The Room VR: A Dark Matter - éclairage de motifs en suspension

Les énigmes en elles-mêmes sont toujours aussi bien conçues.

Une autre donne la possibilité de rapetisser pour entrer dans des mécanismes et ainsi interagir à une échelle complètement différente. On peut ainsi entrer dans une boîte pour faire un réglage qui nous permettra de résoudre une énigme dans la salle principale. Enfin, une nouvelle lentille fait son apparition et vous propose quelque chose d’assez classique, mais au thème assez sympathique : le fait de relier des points entre eux sans que jamais les traits ne se croisent. Le thème choisi est l’astronomie.

The Room VR: A Dark Matter - puzzle astronomie

Comme à l’accoutumée, on est avide d’en savoir plus sur le Zéro et l’Artisan. The Room VR: A Dark Matter apporte quelques réponses et fait avancer le schmilblick, mais j’ai eu la sensation d’en avoir beaucoup moins appris que dans les précédents jeux. De même, les enjeux me paraissaient moins importants, contrairement à The Room 3 qui se concluait sur une perspective de fin du monde. Fireproof Games serait-il victime du syndrome Valve, à qui on reprochait à la sortie des épisodes Half-Life de ne pas lui-même connaître les tenants et aboutissants de son histoire ? Je ne pense pas qu’on en est là, mais cet épisode VR laisse un petit goût de trop peu.

Réalité pas assez virtuelle

En parlant de ce qui laisse un goût de trop peu : si les énigmes sont toujours au niveau et dignes d’un The Room, on se pose un peu plus de questions quand il s’agit de juger l’intérêt de la réalité virtuelle. En effet, Fireproof Games semble avoir bien peu fait usage des capacités du medium en dehors de ce que j’ai pu évoquer au sujet du son.

Fireproof Games semble avoir bien peu fait usage des capacités du medium.

Le son justement, aurait pu être utilisé de manière un peu plus intensive, soit pour la narration, soit plus particulièrement pour participer aux énigmes. Pourquoi ne pas faire intervenir le son comme moyen de donner un indice au joueur ou bien carrément en faire un élément nécessaire à la résolution de certains puzzles ?

The Room VR: A Dark Matter - paysage égyptien
Cet opus tourne beaucoup autour de l’Égypte et on aura droit à quelques environnements extérieurs.

C’est le sentiment qui prévaut dans la globalité pour The Room VR: A Dark Matter – pourquoi la VR ? Autre exemple probant : on se téléporte d’énigme en énigme… exactement comme on le fait dans les opus mobiles. J’aurais souhaité plus de liberté de mouvement et d’exploration, de devoir me confronter à tout un niveau et y chercher énigmes et indices. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, plutôt que de reprendre le système traditionnel d’indices via le menu, il aurait été possible de les disséminer dans l’environnement sous diverses formes ou bien simplement comme des rouleaux de parchemin – ce qui les aurait rendus clairement identifiables pour ceux qui ne souhaitent pas d’aide.

The Room VR: A Dark Matter - Hutte de la sorcière
Le niveau ultime du jeu est le plus en phase avec la réalité virtuelle.

Par ailleurs, la plupart du temps on ne peut pas utiliser ses 2 mains. Exemple : une grosse valve à tourner ? Si on place ses deux mains, le jeu l’interprète comme un changement de prise, il est impossible de se servir de ses 2 paluches. Même chose avec les points de prise qui sont clairement très délimités. Tout cela est très familier de l’usage mobile, bien plus que de la VR. On sent que Fireproof Games n’est pas encore très à l’aise avec le support et se limite, alors que l’équipe a déjà fait ses preuves du côté de l’imagination de ouf. On sent d’ailleurs que c’est sur le dernier niveau que la VR est la mieux exploitée, fruit sans doute de l’expérience des développeurs.

The Room: The Room

The Room VR: A Dark Matter est un très bon jeu d’énigmes, fidèle à la licence The Room, mais c’est un jeu VR passable au mieux. L’ambiance reste excellente et les énigmes sont toujours aussi satisfaisantes. Malgré qu’il reste un poil court, The Room VR: A Dark Matter nous fait passer un bon moment, on regrette simplement que Fireproof Games ne parvienne pas à dépasser les limites de son support de prédilection, mais je ne doute pas aux vues du dernier niveau que cela est amené à s’améliorer par la suite.

► Points forts

  • Ambiance très soignée
  • Bande son
  • Énigmes exigeantes et satisfaisantes
  • Chouettes graphismes

► Points faibles

  • Un poil court
  • N’exploite pas les possibilités de la réalité virtuelle

La VR reste fermée à clé

14/20

Configuration de test :

  • GPU : NVIDIA RTX 2080
  • CPU : Intel Core i7-9700K @5GHz
  • RAM : 16 Go DDR4
  • Installé sur SSD
WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse fournie par l’éditeur de ce jeu.

The Room VR: A Dark Matter est disponible sur Steam, Oculus et PSVR.

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