citizenerased
0 commentaires
À la une, Actualité, Jeu vidéo, News, Test

Test Splatoon 2

Test Splatoon 2 – Encre sympathique

Tout le monde s’est moqué de Nintendo quand il a annoncé le premier Splatoon en voulant alors se lancer dans le monde impitoyable du shooter en ligne. Le résultat était un titre solide avec sa personnalité propre s’ancrant parfaitement dans l’héritage de Big N avec ses idées a priori d’un autre temps et pourtant toujours fraîches. Splatoon 2 fait parti d’un long projet de remplissage de catalogue pour la Nintendo Switch. Ce deuxième opus mérite-t-il sa hype ou n’est-il qu’un bouche trou ?

Test Splatoon 2 – Yamete Kudasai !

Nintendo a toujours eu une image enfantine complètement assumée. Se sentant à l’écart des joueurs de Call of et compagnie, la firme de Kyoto a réussi à surprendre tout le monde en proposant sa propre vision du shooter multijoueur en ligne coloré (tu m’étonnes) avec une dose d’originalité insolente. Le jeu vidéo pour tous ça veut dire pour tous. Les casuals s’amusent à petite dose et les hardcore gamers ont de quoi y trouver leur compte. Le premier Splatoon — malgré un suivi exceptionnel sur plus d’un an — manquait un poil de profondeur et devenait très frustrant pour grind le matériel qui vous ressemblait. Splatoon 2 essaie alors de palier ces problèmes, avec plus ou moins de réussite.

Le gameplay est quasi identique à quelques points près. Armé des Joy-Con ou de la manette classique, on peut toujours jouer au gyroscope ou aux sticks avec la manette pro ou les deux Joy-Con assemblés. La nouvelle manière intéressante de jouer est sans doute les deux Joy-Con séparés qui permet de contrôler le gyroscope d’une seule main, s’évitant de devoir se casser les deux poignets pour viser rapidement. Que l’on soit sur sa télé ou en mode portable, chacun pourra jouer à sa convenance. Il est à noter que la bête tourne comme un charme à 60 FPS constants que l’on soit en mode portable à 720p ou en 1080p branché sur le dock, tout en ayant eu le luxe de recevoir une légère mise à jour graphique comparé à son grand frère sur Wii U. On regrette juste l’absence de mode à écran splitté, ce qui est toujours dommage pour un jeu Nintendo qui mise avant tout sur la convivialité de ses softs. Mais on peut supposer sans mal que cela aurait sûrement mis la console à genoux sans toucher au sacro-saint 60 FPS.

Test Splatoon 2
Avec le rouleau, on roule sur l’adversaire… littéralement.

Test Splatoon 2 – Jet d’encre du toner

Grosso modo, on retrouve les mêmes modes de jeu : le mode multijoueur avec parties normales et classées, des matchs privés et la campagne solo. La campagne solo possède exactement la même construction que son aîné, où le joueur devra retrouver l’une des Calamazones (stars de l’univers du premier Splatoon votées par les joueurs) alors portée disparue. On retrouve une succession de niveaux style chambre de test de Portal avec des passages à analyser et à exécuter. Le level design se veut avant tout efficace et stimulant à défaut d’être cohérent. C’est un jeu Nintendo après tout : Gameplay über alles. Certains passages demandent pas mal de doigté et débloquer tous les items exige de recommencer certains niveaux plusieurs fois si l’on a pas le bon œil ouvert. S’il possède plus de stages et permet de choisir et d’améliorer son arsenal, on aurait préféré une plus grande prise de risque de la part de Big N.

Test Splatoon 2
Splatoon 2 introduit de nouvelles mécaniques de gameplay par petites touches

Le cœur du jeu réside bien évidemment dans son multijoueur où la guerre de territoire faire rage. On y retrouve toujours les parties phares qui ont fait le cachet de Splatoon : essayer d’en foutre partout un maximum et accessoirement plus que l’adversaire. Moult outils seront à disposition avec chacun son mode de fonctionnement très personnel. Chaque lanceur d’encre se joue très différemment des autres et offre une variété de jeu très appréciable quand on enchaîne les parties. Si on retrouve tout l’arsenal Wii U, de nouvelles armes originales sont à disposition pour étoffer une quincaillerie déjà conséquente. On y trouve par exemple le double lanceur avec une cadence de tir élevée qui permet d’exécuter des roulades ou encore le parapluie à jet d’encre qui permet de se protéger de tirs ennemis avec un bon sens du timing. Les vielles armes ne sont pas en reste puisqu’elles ont été rééquilibrées et pour certaines modernisées, comme le sniper qui permet à présent de garder sa charge un bref instant quand le joueur se cache dans son encre. Parfait pour les embuscades de fourbes. Le plus gros changement réside surtout dans les armes ultimes qui ont toutes été refaites, beaucoup moins abusées lors de leur utilisation. Elles sont toujours aussi efficaces mais demanderont d’être utilisées à bon escient car facilement contrables. Au revoir le méga calamar, je ne te regretterai pas.

Les maps sont composées d’anciennes et de nouvelles souvent intéressantes et parfois inspirées, surtout celles avec des éléments de gameplay tirés du mode solo, comme les tyrolienne d’encre ou les éponges qui gonflent quand on leur tire dessus. Deux maps sont toujours tirées toutes les deux heures pour chaque mode de jeu (comprenant les parties classées) ce qui permet de mieux varier les plaisirs dans la longueur.

Test Splatoon 2
La roulade du double encreur permet de tirer deux fois plus vite dans un court laps de temps.

Le nouveau mode de jeu est sans doute la plus grande réussite du titre. Si un mode horde n’a vraiment rien d’original, on se demande comment Splatoon avait-t-il pu s’en passer auparavant. Nommé Salmon Run, il réunit quatre joueurs qui doivent récupérer des œufs face à des vagues de saumons débiles et vindicatifs. Il faut travailler en équipe avec l’équipement imposé pour venir à bout des boss uniques qui fonctionnent tous à leur manière. Souvent très bordélique et parfois un peu trop facile, il n’en reste pas moins fun avec des variations de terrain ou météo du plus bel effet entre les vagues. De plus, l’ambiance petit boulot saisonnier douteux tendance braconnage dégueulasse est particulièrement délicieuse. Farmer le Salmon Run a une certaine importance puisqu’il permet débloquer de l’équipement exclusif et des tickets boosters d’argent ou d’expérience pour les parties classiques. Splatoon 2 surprend assez agréablement dans sa manière d’inciter le joueur a varier les différents modes de jeu. Avec la rotation des cartes toutes les deux heures, le renouvellement des stocks d’équipement toutes les 24 heures et les bonus à débloquer pour un nombre de matchs définis, on peut apprécier le jeu aussi bien pour les grosses sessions avec des bonus de séries que pour quelques matchs.

L’argent durement gagné lors des matchs vous permet de débloquer des armes et des vêtements qui non seulement vous saperons comme jamais, mais qui définissent également votre style de jeu. Les bonus sont toujours aléatoires selon les morceaux d’équipement et un peu plus spécialisés pour éviter les évidences et les redondances (adieu l’armure que tout le monde prenait systématiquement). Le grind à outrance est toujours au programme pour débloquer le matos de ses rêves, mais l’aspect aléatoire de son élaboration est beaucoup mois frustrante — ce qui ne veut pas dire moins long — puisque le joueur pourra à présent recycler ses pièces d’équipement pour y extraire les bonus rattachés, afin de les rattacher à une autre pièce au choix. Cela dit, il faut énormément d’argent et de temps pour y arriver. Les acharnés du theory crafting en auront pour leur argent. Le grinding en devient un peu plus intéressant puisqu’il est maintenant orientable.

Test Splatoon 2
Ça coûte une tentacule de grind son équipement.

Jouable en local avec plusieurs consoles, le jeu vous incite également à jouer en face à face avec vos copains encreurs en chair et en os. Des bonus exclusifs sont déblocables à la seule condition de jouer avec eux en direct. Donc on fait pas sont timide et on prend le bus avec sa switch dans son sac pour récupérer son stuff ! Parce que ça sera la vraie seule manière de jouer avec.

Test Splatoon 2 – Nuit d’encre

Si les idées de Nintendo font souvent mouches avec son cachet bien à lui, l’ergonomie de l’interface souffre toujours d’une lourdeur assez marquée. Il est par exemple impossible d’arrêter un matchmaking lancé ou encore moins de changer d’équipement à ce moment là, alors que c’est justement là qu’on se tourne les pouces à rien faire (et ce n’est pas le très chouette mixage de la musique d’attente à la manette qui y changera quelque chose). De même, jouer avec des amis se révèle être un calvaire puisque l’un doit lancer une partie pour qu’ensuite un autre le rejoigne. Cependant, il doit absolument attendre qu’une place se libère et peut se retrouver au hasard dans l’équipe adverse. Pour jouer en cohésion, c’est raté. Evidemment, vous pouvez créer des parties privées mais… c’est des parties privées quoi. Créer un groupe avec la fameuse app pour chat vocal n’y change d’ailleurs rien, puisque les joueurs se retrouvent dans le même genre de partie. Nintendo se défend de ce game design voulant alors éviter le pubstomping, où une équipe coordonnée roulerait sans pitié sur une équipe formée d’inconnus. Ça ne prend pas vraiment puisqu’il existe des milliards de méthodes de matchmaking déjà existantes qui règlent ce problème la plupart du temps. Au moins, avec ce système, la recherche de parties s’en retrouve très rapide. Pour jouer réellement avec ses potes en lignes, il faudra alors se pencher sur les matchs classés en escouade de quatre… encore faut-il avoir tout ça sous la main.

De son côté, Nintendo promet un suivi aussi long si ce n’est plus que le premier Splatoon. De nouvelles armes, de nouvelles maps et le retour des Splatfests sont au programme, et tout cela gratuitement. Aucun DLC payant n’a été annoncé sur le long terme, donc espère que cela le restera ainsi.

Test Splatoon 2
Nintendo espère bien contenter le fan service de la communauté. Coralie a déjà conquis mon cœur…

L’application Nintendo Switch : un demi échec annoncé

Annoncée depuis un bail et crainte depuis, la fameuse application liant la Nintendo Switch avec votre Smartphone aura fait couler beaucoup d’encre… ah ah. Avec un système de chat vocal à la ramasse au delà du ridicule pour finalement ne servir qu’en de rares occasions — sans dec’, l’application doit rester en premier plan avec l’impossibilité de mettre le téléphone en veille — son intérêt sera finalement ailleurs. L’application interne dédiée à Splatoon 2 vous servira à plein d’autres choses que de parler avec vos amis, que vous retrouverez  sans doute sur Discord/Teamspeak. En effet, vous pourrez consulter l’historique de vos 50 derniers matchs, une actualité des derniers objets débloqués, la rotation actuelle et future des cartes, des défis improbables comme, par exemple, consulter la superficie totale encrée comparée à la pyramide de Gizeh, ou encore une boutique exclusive à l’application. Les stocks de cette dernière ne sont pas influencés par votre niveau d’expérience et sont renouvelés bien plus vites que leurs homologues en jeu. De quoi faire du lèche-vitrine quand vous êtes coincés à table le dimanche midi en famille.

Test Splatoon 2 – Inkling Park

Splatoon 2 n’offre malheureusement pas le plaisir de fraîcheur novatrice qu’apportait son aîné. Il maîtrise cependant bien mieux son contenu que ce soit en quantité ou en qualité. Cela dit, s’il reste une expérience solide et agréable, les petits soucis du premier opus sont toujours présents ça et là , à commencer par l’interface limite infantilisant, pourtant le fer-de-lance de l’esprit Nintendo. Splatoon 2 se veut résolument moderne et ouvert mais se ferme des portes en même temps, comme si Nintendo avait peur de faire confiance à ses joueurs pour construire leur propre expérience de jeu. Si jusque là on pouvait lui reprocher de trop ressembler à la version Wii U, on peut remercier le Salmon Run qui offre une vraie plus-value afin de varier les plaisirs. La campagne solo est agréable et la finir à 100% demandera du temps, les parties multijoueurs s’enchaînent toujours avec plaisir et les acharnés de la gagne trouveront leur compte dans les parties classées tout en planifiant leur stuff sur le long terme. On peut dire que Nintendo a finalement développé son propre Call of Duty à la mode de Kyoto, à coups de mises à jours subtiles mais substantielles, où on n’a jamais pris autant son pied à en foutre un peu partout.

► Points forts

  • Parties rapides et fun
  • Pour les casuals comme pour les acharnés
  • Toujours à part de la concurrence
  • Campagne solo plus longue
  • Grinding moins frustrant
  • Le Salmon Run
  • Univers toujours aussi Tenta-cool

► Points faibles

  • Pas de mode écran splitté
  • Galère à jouer avec des potes en ligne
  • Le chat vocal est une sacrée blague
  • Pas de changements radicaux avec la version Wii U

De toute façon, je suis là pour les mèmes

Splatoon 2 est sorti sur Nintendo Switch.


Procurez-vous Splatoon 2 sur Amazon.

0 commentaires