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Test RAD – Donjons & mutations

Double Fine a toujours été prompt à l’expérimentation et développer toutes sortes de jeux. Cette fois, le studio de Tim Schaffer s’attaque au genre du rogue-lite en faisant revivre les 80s.

Il était une fois l’Apocalypse… encore

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Encore un concept de jeu imaginé par des types saouls en happy hour un vendredi en s’inspirant d’un simple jeu de mots. En effet, « rad » est le diminutif de « radical », qui est un terme ringard typique des années 80/90 pour décrire quelque chose de  » trop cool qui déchire », mais d’un autre côté, c’est aussi le diminutif de « radiations ». Assemblez les deux et PAF ! Ça fait RAD. Je valide totalement ce genre de méthode de brainstorming.

RAD est un peu un pot-pourri de tout ce qui se fait en termes d’idéalisation des années 80, les mutants dégueulasses en plus. La direction artistique est vraiment chouette, avec de jolies couleurs (toujours ce néon violet qui rappelle bizarrement l’époque) et une certaine personnalité au-delà du cliché assumé. Ajoutez une bande-son toute droite sortie d’un Yamaha DX7 accompagné de riffs de guitare endiablés et vous avez une ambiance avec un charme de fou… malgré l’overdose récente dans la pop culture.

Bandai-Namco édite le jeu. Autant en profiter.

Pourtant, RAD se déroule dans un lointain futur… ou plutôt, le Présent. La fin du monde a eu lieu et la Terre s’est retrouvée ravagée. Bon, jusque là, ça va : les survivants s’organisent pour reconstruire à l’aide de technologies avancées, tout se passe bien et puis… BOOM. Deuxième fin du monde. La situation devient tout de suite plus compliquée. Ces deux couches de civilisations qui se sont succédé ajoutent encore un peu plus de charme à l’univers de RAD qui propose clairement quelque chose d’assez unique.

C’est pas de cul.

Au bord de l’extinction, l’humanité fait confiance à des ados — comme tout bon film des 80s qui se respecte— appelés les Remodelés. Ces élus peuvent absorber les radiations présents dans le monde pour redonner des couleurs au wasteland et faire jaillir la vie partout où ils passent. Cependant, cela a un coût : les Remodelés mutent pour devenir des créatures étranges… mais ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

J’ai eu ma mut’

Dans sa construction, RAD est un rogue-lite assez classique : des niveaux et des objets générés de manière procédurale, de l’argent et des clés à gérer, des secrets et des patterns à découvrir et assimiler, et la possibilité de progresser même au-delà de la mort.

À force de tuer des monstres et récolter des rads, votre personnage mute et acquiert des capacités uniques qui définiront votre gameplay… et votre apparence. Le principal attrait du jeu est là : votre personnage subit des mutations très lourdes, dégueulasses, mais qui en deviennent assez fun. Le jeu n’est pas vraiment gore ou graphique, mais il fait bien comprendre que tout ce qui est bio n’est pas forcément sain.

« Ah ? Tu trouves ? »

Propulsez votre crâne enflammé, transformez votre bras en boomerang, faites pousser une pustule consciente cracheuse de bave sur votre dos, enracinez vos ennemis avec vos jambes d’écorce, donnez naissance à des créatures à sacrifier avec une queue monstrueuse… il y en a pour tous goûts.

Le jeu sera donc d’utiliser ces pouvoirs — qu’on ne choisit pas — de manière efficace et créative dans les combats. Les ennemis sont variés et sont plus sensibles à certaines tactiques que d’autres. Chaque run promet d’être vraiment différent selon ce que vous récoltez comme pouvoir. En complément, le Remodelé peut utiliser une batte pour tabasser du monstre et récupérer le précieux Rad, avec quelques mouvements intéressants.

« Venez les enfants, on va au McDo. »

Malheureusement, on se rend compte rapidement que certains aspects ne sont pas très bien maîtrisés pour rendre l’expérience vraiment agréable. Les combats au corps à corps sont assez rigides avec des animations qui empêchent certaines manoeuvres d’esquives. On finit par s’y faire à force d’erreurs et d’expérimentation, mais c’est surtout les pouvoirs de mutation qui ont du mal à se compléter entre eux, alors que le concept de bouillon de culture est censé faire le sel du titre.

Il arrive carrément un moment où les monstres deviennent réellement très forts et qui vous vide de votre barre de vie en une claque. Rester au contact devient alors vraiment risqué et sans capacités à distance, vous allez en chier. Chaque mutation peut encore muter pour devenir plus puissante et obtenir des propriétés supplémentaires, mais vous ne pouvez qu’en avoir trois à la fois, un par bouton.

Chaque style de personnage représente un cliché des 80s. Comme… « la pouffiasse » ?

On ira surtout chercher les mutations mineures qui apportent des pouvoirs passifs souvent indispensables pour ne pas passer un sale quart d’heure, comme des immunités à certains types de dégâts, du vampirisme ou une poche d’objet supplémentaire.

Contrairement à un Binding of Isaac, il n’y a pas vraiment de moyen de se constituer une orientation de build. Si toutes vos mutations sont améliorées à fond, le niveau de rad suivant en change un de façon aléatoire… c’est tout sauf confort, surtout en fin de run. On a envie de se convaincre qu’on est juste mauvais, mais le jeu ne nous aide tout simplement pas.

Animutants

L’aspect rogue-lite de l’exploration des niveaux est déjà bien mieux géré, bien que certains motifs se répètent un peu trop. Chaque niveau possède ses propres mécaniques et défis, ce qui permet de mieux appréhender chaque run et de varier un peu les plaisirs.

Explorer une carte de fond en comble peut prendre du temps, mais la bonne idée est de tracer le passage du joueur sur le sol afin d’optimiser ses déplacements. Il existe d’ailleurs différentes façons de raccourcir drastiquement la phase d’exploration. Les amateurs de speedrun apprécieront. Mais dans l’ensemble, RAD manque clairement de rythme.

La météo peut parfois s’en mêler. Je ne suis pas protégé contre la foudre.

La bonne intention de RAD est qu’il fait tout pour ne pas devenir la fête à la saucisse contrairement à d’autres rogue-lites avec des mécaniques qui deviennent rapidement pétées (à l’instar d’un Gungeon ou un Nuclear Throne). Il n’y a pas vraiment de système de stats, le gameplay étant uniquement modifié de manière directe par les mutations imposées au joueur. On joue avec un truc carré et propre, sans fioriture et sans la nécessité d’avoir une page wiki ouverte sur les genoux.

Cependant, la courbe de difficulté en vient rapidement chahutée, puisque les ennemis, eux, gagnent en puissance à chaque niveau et en nombre, avec des barres de vie absurdes et des mécaniques parfois vraiment reloues (ceux qui se téléportent à chaque fois qu’on les touche, grrr). On aimerait pouvoir taper plus fort, mais il n’y a rien pour ça. Sans les bonnes mutations, tout n’est que souffrance.

Son cousin s’appelle Prout. Oui.

Il n’y a que le milieu du jeu qui semble équilibré. En début de partie, tout est trop facile et répétitif ; en fin de partie, les situations deviennent souvent infernales. Pourtant, certaines mécaniques permettent de commencer une run plus sereinement, comme la possibilité de mettre de l’argent de côté pour une future run, ce qui est assez appréciable quand on est économe.

Le background de l’univers de RAD est assez intéressant.

Si vous arrivez à bout de RAD, la rejouabilité est quand même au rendez-vous. Il existe différentes fins à débloquer, de nouveaux objets  et des secrets sur le monde à découvrir. Les mutations les plus intéressantes sont bien sûres celles débloquées à force de jouer, mais il n’est pas clair comme ces nouvelles mutations sont découvertes. Il faut jouer et mourir inlassablement avant d’arriver enfin à des builds intéressants.

Running in the 80s

RAD est un rogue-lite intéressant avec une vraie personnalité et un gameplay au premier abord efficace et carré. Malheureusement, le côté aléatoire des mutations subi par le joueur, le rythme et certaines mécaniques de gameplay mal dosées (malgré de très bonnes idées) n’en fait pas une bonne alternative à d’autres monuments du genre. Ses runes imprévisibles sont à la fois sa plus grande force et sa plus grande faiblesse. Jouer à RAD n’est pas vraiment désagréable et on peut se surprendre à relancer une partie après une défaite cuisante, mais son manque d’ambition et de peaufinage fait qu’il n’a pas vraiment ce goût de « reviens-y ». Un comble pour un hommage aux 80s.

► Points forts

  • Une direction artistique des années 80 avec du bon goût
  • Un rogue-lite accessible et plus profond qu’il en a l’air
  • Des mutations uniques qui changent RADicalement les approches
  • Des ennemis avec des mécaniques identifiables
  • Certaines mutations sont bien dégueu’
  • Une chouette bande-son avec un narrateur d’enfer

► Points faibles 

  • Le combat à la batte est rigide et donc dangereux
  • Le côté aléatoire des mutations est souvent frustrant
  • La progression globale aussi est assez aléatoire
  • Une difficulté absurde en fin de run sans les bonnes mutations
  • Les couleurs dégueulent un peu quand même

Top délire méga groove

14/20

Configuration de test :

  • GPU : NVIDIA GTX 980 Ti
  • CPU : Intel Core i7-6700k @4GHz
  • RAM : 16 Go DDR4
  • Installé sur un SSD
WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse PC fournie par l’éditeur de ce jeu.

RAD est disponible sur PC, Xbox One, PS4 et Nintendo Switch.

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