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Test Pro Cycling Manager 2018

Test Pro Cycling Manager 2018 – La routourne ne tourne plus

Tapie dans l’ombre derrière des jeux de qualité signés Focus Home Interactive se cache une licence de niche qui surfe sur la vague cycliste estivale. Pro Cycling Manager c’est un peu le FIFA des jeux de vélos. Un jeu auquel Cyanide n’accorde pas toujours le soin nécessaire, mais qui doit bien sortir chaque année, étant donné la lucrativité du Tour de France. Inlassablement, les joueurs attendent d’être surpris, mais ne le sont jamais.

Trafic de ventoline : le jeu vidéo

Le Tour de France, on grandit tous plus ou moins avec. Seulement, il y a deux types de personnes qui regardent le Tour : celles qui font la sieste, et celles qui font la sieste en se demandant si Thomas Voeckler va se mettre à sucer les roues ou faire du chasse patate pour rentrer sur le groupe de contre. Je fais partie de la deuxième catégorie.

Pro Cycling Manager reste un solide jeu de gestion

Car oui, je peux me targuer d’être un connaisseur, un maître du jargon cycliste, qui connait de nom de tous les surhommes qui magnifient le Tour de France. Et tout ça, c’est grâce à Pro Cycling Manager. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est possible de découvrir le vélo avec Pro Cycling Manager, même si l’inverse est plus commun.

Milan San Remo sur pro Cycling Manager 2018
Aaaah Milan-San Remo, l’air du printemps !

Pro Cycling Manager reste un solide jeu de gestion. Un peu à la manière d’un Thibaut Pinot, on a de la qualité pour les passionnés, mais il peine à atteindre son potentiel maximal. Cette mouture 2018 se révèle encore une fois très complète et inexplicablement addictive pour tout aficionado de la bicyclette. Malheureusement on ne peut s’empêcher de penser que ce nouvel opus ne comprend même pas assez de nouveautés pour justifier son existence.

Ca roule tranquillement cette année Gérard

Pour les non-initiés, on peut résumer Pro Cycling Manager à une simulation de directeur sportif d’une équipe. La série a évolué ces dernières années avec une gestion d’une équipe cycliste très complexe : calendrier, transferts, sponsoring, équipement, rien ne vous sera épargné, mais le jeu vous explique tout très bien. Viennent ensuite les courses, mais on en parlera plus loin.

Pro Cycling manager manque de licences
Quel plaisir de retrouver ce diable de Mirco Civendash !

La principale nouveauté de ce Pro Cycling Manager est la possibilité de négocier instantanément les contrats des coureurs, avec une réponse immédiate. De quoi aborder plus sereinement la difficile période des transferts, qui vous force d’ailleurs à prendre des coureurs qui ont déjà marqué des points World Tour (courses les plus importantes).

Cyanide n’a pas beaucoup bousculé la gestion routinière, mais pourtant passionnante, de son équipe cycliste

Pour le reste, rien de nouveau sous le soleil de juillet. On a toujours une interface qui fait terriblement cheap, mais qui a au moins le mérite de nous forcer à nous intéresser à la gestion de l’équipe avec le fameux système de mail. Impossible de couper court aux choix d’équipements ou à la préparation du calendrier, et tant mieux quelque part.

Le système d'objectifs sur Pro Cycling manager
Les sponsors sont… comment dire… exigeants

Cyanide n’a pas beaucoup bousculé la gestion routinière, mais pourtant passionnante, de son équipe cycliste. Comme c’est mon premier Pro Cycling Manager depuis la mouture 2015, j’ai découvert les systèmes d’objectifs par leaders, qui ne sont pas toujours remplis de bon sens (un coureur a tendance à préférer une course en fonction de son prestige plutôt que par le profil du coureur).  Le système d’objectifs sponsors est aussi assez contraignant et nous oriente un peu trop pendant notre saison, même si on peut au moins négocier sur ses objectifs, en tâchant de les garder suffisamment élevés pour garder la confiance des sponsors.

C’est la clavicule Thierry

Autant la partie gestion n’a pas subi de gros bouleversements ces dernières années, autant la partie course en temps réel a plutôt bien évolué. On a maintenant la possibilité de protéger ses leaders, et de mettre les équipiers en gestion automatique (selon une stratégie prédéfinie) pour ne pas avoir à s’en occuper. Evidemment, ces « nouveautés » ne datent pas de cette édition 2018. Faut pas pousser non plus. Quoi qu’il en soit, les phases de courses procurent un certain stress et sont plutôt réalistes, voire punitives, tant le placement est important, ce qui n’est pas une mauvaise chose.

la physique limitée de Pro Cycling Manager 2018
Eh oh poussez pas derrière on part tous en même temps !

Malheureusement, l’immersion est brisée par un moteur physique à la ramasse (les coureurs qui se traversent, sérieux les gars ??) et un moteur graphique qui est resté dans le grupetto. Les spectateurs ne bougent presque pas, les commentaires risibles (drôles malgré eux) n’ont pas changé depuis 2011. Bref, une belle bouillie visuelle qui a bien besoin d’un lifting. Si Football Manager peut se permettre de mettre de textures moisies, une course cycliste vaut aussi pour ses paysages et sa réalisation. Et quand on regarde la tronche des coureurs, ou celle des paysages, on a envie de se crever les yeux.

Une course cycliste vaut aussi pour ses paysages et sa réalisation. Et quand on regarde la tronche des coureurs, ou celle des paysages, on a envie de se crever les yeux. 

Histoire d’enfoncer légèrement l’immersion, les courses sont souvent gâchées par des comportements bizarres de la part de l’IA. J’ai parfois vu  de parfaits inconnus gagner une course importante et difficile. Il est également toujours aussi compliqué de faire gagner une échappée (ça, à la limite, c’est plutôt réaliste), ce qui peut se révéler assez frustrant. Les joueurs qui rêvent d’arrivée épiques en solitaire devront prendre leur mal en patience : les arrivées au sprint règnent en maître sur le jeu, même en petit comité. Je conçois que c’est crédible, mais il me semble qu’un meilleur compromis entre le réalisme et l’enthousiasme que soulève les courses est à trouver.

Une échappée sur Pro Cycling manager
Tabarnak, Antoine Duschesne ne disputera pas la victoire sur cette étape…

Le mode Pro Cyclist a le mérite d’exister, mais entraînera un certain ennui si on n’est pas sur des courses de son acabit. Pour rappel, il s’agit de créer son coureur (avec deux spécialisations, hourra) et de le faire évoluer au fil de sa carrière. C’est fonctionnel, mais bien moins passionnant que le mode carrière classique. Choisir deux spécialisations est un vrai plus et permet de jouer sur plus de terrains, réduisant le nombre de courses inutiles.

Cyanide en a encore sous la pédale

Si Pro Cycling Manager séduit toujours les fans de vélos, c’est surtout à cause du manque de concurrence sur le secteur. Un peu à l’image d’un Football Manager, le jeu de Cyanide reste un jeu de gestion très complet mais pèche par frilosité à chaque épisode, se contentant d’ajours mineurs. On pourrait même remettre en cause son format de sortie annuelle, qui fait de cette édition 2018 un jeu fonctionnel mais sans intérêt pour qui télécharge une bonne base de données pour l’édition 2017. Au passage, la communauté PCM ne sera jamais assez remerciée pour son travail.

Victoire d'Arnaud Démare (Pro Cycling Manager 2018)
On oublie tous les défauts du jeu quand Arnaud Démare gagne en bleu-blanc-rouge <3

Quitte à ne pas se fouler, pourquoi ne pas proposer une mise à jour annuelle pour une vingtaine d’euros comprenant les nouveaux parcours/effectifs et quelques ajouts mineurs ? On est en droit de se poser la question quand Cyanide ne comble pas les failles les plus béantes du jeu, à savoir les graphismes et l’IA. On n’aurait pas craché sur un peu plus de modes de jeu aussi. L’ancien mode piste était sympa, et le cyclo-cross pourrait être un mode attrayant.

On pourrait même remettre en cause son format de sortie annuelle, qui fait de cette édition 2018 un jeu fonctionnel mais sans intérêt pour qui télécharge une bonne base de données pour l’édition 2017.

Rajoutez à ça une interface franchement limite et des licences manquantes et vous obtenez un jeu tout juste acceptable, qui n’avait peut-être pas lieu de sortir. Ce qui est sûr, c’est qu’il s’adresse aux passionnés, contrairement à son cousin « Le Tour de France » sur console. Si vous avez déjà touché à un PCM ces deux dernières années, retirez trois-quatre points de la note. Si c’est votre premier, rajoutez-en autant.

► Points forts

  • Complet et complexe
  • Nouvelles négociations de contrats
  • Des progrès dans les notes
  • Mode pro cyclist divertissant
  • Tutoriels très clairs

► Points faibles

  • Toujours des incohérences d’IA
  • Un nombre de nouveautés famélique
  • Des licences qui manquent, la communauté qui comble
  • Objectifs des sponsors assez contraignants
  • Moteur graphique (toujours) immonde
  • Interface moyenne
  • La piste et le cyclo-cross, ça aurait été sympa aussi

Le peloton évite la chute de peu

10/20

WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse PC fournie par l’éditeur de ce jeu.

Pro Cycling Manager 2018 est disponible sur PC


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