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Test Pokémon Épée & Bouclier - vignette

Test Pokémon Épée/Bouclier – Bonjour, la Galar

Après 20 ans de Pokémon, le nouveau Pokémon nouveau est enfin là et pour la première fois sur console HD. Est-ce que la série a fait sa rétrospective et a commencé à évoluer ? Oui… et non.

Ça demande du courage

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La saga Pokémon arrive enfin sur console de salon. Enfin presque, puisque la Switch est également une console portable, m’enfin bon. Vous voyez l’idée. Je n’avais pas touché à un Pokémon depuis X/Y sur 3DS que j’ai expédié rapidement. Le jeu était chouette, mais j’ai trouvé les mécaniques un peu trop convenues par rapport au premier Pokémon sur Gameboy auquel j’avais joué… 15 ans auparavant.

Dans une volonté d’innover, des responsables de Game Freak ont déclaré s’être inspirés de Zelda: Breath of the Wild.

Aujourd’hui, la série a plus de 20 ans et je suis décidément trop vieux pour ces conneries. Pourtant, j’étais impatient de découvrir ce que cette 8e génération Pokémon me réservait. Dans une volonté d’innover et d’apporter de réelles nouveautés à la série, des responsables de Game Freak ont déclaré s’être inspirés de Zelda: Breath of the Wild.

Imaginez ! L’un des meilleurs jeu de la décennie qui a su élever une licence ancestrale au point mort en quelque chose d’unique et maîtrisé, tout en restaurant les premières impressions d’antan a eu une influence sur l’une des licences les plus cultes de tous les temps !

C’est pas très vegan, ça.

Ouais, alors… c’est pas faux, mais c’est vite dit. On ne va pas bouder notre plaisir et avoir l’honnêteté de dire qu’il y a effectivement innovation ici et là, mais on aurait aimé que Game Freak emmène le schmilblick un poil plus loin.

« Vas-y, rentre dans la pokéboule »

Qu’on crève l’abcès tout de suite : oui, il n’y a pas tous les pokémons toutes générations confondues dans le Pokédex, et ce n’est pas grave. Cette affaire — connue sous le nom de Dexit — a pris des proportions incroyables sur les Internets et un certain nombre de fans sont devenus complètement barjos, jusqu’à insulter et menacer les développeurs de façon très virulente.

Il n’y a pas tous les pokémons toutes générations confondues dans le Pokédex, et ce n’est pas grave

Pokémon Épée/Bouclier est techniquement assez éloigné des précédents jeux, et incorporer la totalité du Pokédex national aurait été un boulot titanesque, surtout que Game Freak n’a jamais eu l’occasion de s’attaquer à une console HD jusqu’à maintenant. Le studio reste à taille relativement humaine et a doublé d’effectif en catastrophe ces deux dernières années pour soutenir les besoins de développement. Il est un peu dommage de voir un studio qui brasse autant d’argent ne réussisse à grossir de façon efficace, mais c’est comme ça.

Scottish Pokémon Girl, meilleur mème de 2019.

Franchement, il y a en a largement assez pour l’instant. Certes, la vieille banque en ligne Pokémon n’est pas compatible avec cet épisode, mais avec une connexion prochaine avec Pokémon Let’s Go et Pokémon GO, il va finir par être complet ce Pokédex national, quitte à ce que ça soit le cas dans le prochain opus.

Mine de rien, le monde de Pokémon n’a jamais semblé être aussi vivant. À l’instar de Pokémon Let’s Go, les pokémons sont visibles à travers les hautes herbes et cela apporte un certain confort lors des sessions de chasses (surtout pour la chasse aux pokémons chromatiques. je sais ce que vous aimez, bande de malades). Foncez sur ceux qui vous intéressent et évitez les combats relous. Au grand dam du Repousse qui devient presque inutile. Certains pokémons vous attaqueront à vue, mais d’autres s’enfuiront, donnant un peu plus de personnalité aux bestioles.

Mine de rien, le monde de Pokémon n’a jamais semblé être aussi vivant.

La nouveauté principale vient surtout de l’introduction des Terres sauvages. Elle est là, l’inspiration de Breath of the Wild : une grande zone ouverte avec des Pokémons qui se promènent librement. Bon, ça fait ramer la console comme pas possible, mais c’est le Pokémon next-gen qu’on espérait… jusqu’à un certain point.

Ouais, il y a un petit truc qui se produit.

Certes, la variété des pokémons est présente selon les biomes, la météo et le cycle jour/nuit basé sur l’heure qu’il fait dans le monde réel, mais la plupart errent sans but, dans la seule attente de se faire capturer, toujours cantonnés aux hautes herbes. Des pokémons très puissants sont un peu plus libres et peuvent offrir un sacré challenge en plus d’être compliqués à capturer, mais c’est tout.

La plupart [des pokémons] errent sans but, dans la seule attente de se faire capturer.

Le réel souci avec cette idée pourtant intéressante est qu’il n’y a qu’une seule zone ouverte et que le reste du jeu se parcours de façon très classique. Trop classique. Il aurait fallu que l’aventure soit parcouru uniquement en monde ouvert pour que l’essai soit transformé.

Je ne veux pas grandir

Pokémon Épée/Bouclier reste… un Pokémon : on a un rival de toujours, on bat des champions de ville en ville pour gagner des badges avant d’affronter le grand Maître. Le tout est rythmé par un scénario qui prend pied dans la nouvelle région de Galar, une contrée fortement inspirée de la Grande-Bretagne, à l’instar de la France dans Pokémon X & Y.

Le scénario prend pied dans la nouvelle région de Galar, une contrée fortement inspirée de la Grande-Bretagne.

L’ambiance à Galar est chouette, entre ses cottages britanniques, ses vastes plaines vertes, ses villes post-révolution industrielle, ses châteaux médiévaux ainsi qu’un clin d’œil à la culture punk. Et encore, c’est sans parler de sa météo capricieuse qui peut avoir une influence pendant les combats. D’ailleurs, la Ligue Pokémon et ses grands stades pleins à craquer — pour voir des gamins de 12 ans combattre, syndrome Olive & Tom — font clairement référence à la passion de nos voisins d’outre-Manche pour le foot.

La Team Yell est un prétexte pour avoir des pseudo méchants. C’est tout.

Malheureusement, l’histoire reste très convenue avec tous les clichés habituels, en plus d’éléments qui ne font pas beaucoup sens (l’intrigue avance en découvrant un truc au pif dans une pizzeria. WTF ?!). Un poil moins niaise que de précédentes installations, diront certains, mais ce n’est pas ça qui vous tiendra en haleine pendant la vingtaine d’heures nécessaire pour la terminer. Après tout, les fans hardcore de Pokémons savent que la vraie aventure commence au-delà.

L’histoire reste très convenue avec tous les clichés habituels, en plus d’éléments qui ne font pas beaucoup sens.

La progression est d’une linéarité déconcertante, malheureusement. Adieu les CS qui permettent un peu de backtracking, on se contente de suivre les routes de Galar pour affronter le prochain champion en profitant de la balade pour racketter de jeunes dresseurs qui n’ont qu’un Moumouton à opposer à votre équipe de 6. D’ailleurs, plus besoin d’aller à un Pokécentre pour changer son roster et une pause camping permet de restaurer les PV de ses pokémons.

Jamais vu un Pokémon aussi fier.

De ce fait, le jeu est très facile : en terminant la Ligue, je n’ai pas perdu un seul combat, et je suis du genre bourrin à ne pas trop réfléchir à une stratégie au-delà du type de créature à utiliser. En prenant le temps de capturer la majorité des pokémons de chaque route, j’avais une avance d’expérience assez faramineuse qui déséquilibre un peu le challenge de l’aventure. Sur une autre note, j’ai tellement de thunes que je ne sais pas quoi en faire.

Le jeu est très facile : en terminant la Ligue, je n’ai pas perdu un seul combat.

Autre exemple, toute votre équipe gagne de l’expérience au fil des combats. Plus besoin d’exposer un pokémon en première ligne pour qu’il gagne des niveaux (ça casse un peu le mythe du Magicarpe). Parfait pour le farming XP, mais qui devient vite obsolète quand de bien meilleures alternatives existent. Je ne pense pas que cela soit vraiment un problème, car la licence se veut être un best-seller grand public de nos jours, mais sachez où vous mettez les pieds.

Pas sûr que chahuter avec un Leviathor soit une bonne idée.

Quiconque a joué à un Pokémon ne sera absolument pas dépaysé, et c’est peut-être là le plus gros point faible du titre (à mon sens). On sent une volonté d’évoluer avec les Terres sauvages, mais le reste du game design reste inchangé. Des compétences de combats aux objets en passant par l’interface et les messages de script lents et crispants, on reste au chaud à la maison.

Darwinisme

Bon, tout n’est pas à jeter dans ce Pokémon Épée/Bouclier. Enfin si, le système de jeu en ligne est tout sauf ergonomique et manque clairement de fonctionnalités (être déconnecté à chaque fois que je vais sur la home de la Switch, c’est relou), et il n’est toujours pas possible de trier les boîtes pokémons, ce qui serait bien pratique quand il s’agit d’organiser PLUSIEURS CENTAINES de créatures capturées.

Tout n’est pas à jeter dans ce Pokémon Épée/Bouclier.

Pokémon Épée/Bouclier introduit — enfin — ses propres mécaniques de jeu, comme le fameux Dynamax. Fini les méga-évolutions ou les attaques Z, voilà une mécanique qui voit les choses en grand, mais qui sera plus spectaculaire que réellement utile.

GOUUUUPIX

En Galar, les pokémons peuvent croître d’une bonne dizaine de mètres avec des compétences pour chaque type. Toutes les caractéristiques s’améliorent drastiquement, mais cela ne dure que 3 tours, et le combat se finit généralement avant qu’on puisse se Dynamaxer à nouveau. Certains pokémons peuvent même se Gigamaxer, avec un effet accru et une apparence unique.

Certains pokémons peuvent même se Gigamaxer, avec un effet accru et une apparence unique.

Dans le cadre des combats d’arène, les champions trichent un peu puisqu’ils peuvent dynamaxer leur pokémon en même temps que le vôtre, sans perdre de tour. Le vrai souci du Dynamax est que son utilisation est réservée à quelques situations : les combats d’arènes, quelques événements dans le scénario et les raids contre des pokémons Dynamax sauvages (qui est introduit un peu n’importe comment au début du jeu).

On est fort en pommes.

Parlons des fameux raids, justement. Si vous rêvez d’un Pokémon MMO depuis un moment, Pokémon Épée/Bouclier pourrait être ce qui s’en rapproche le plus. Vous pouvez croiser d’autres joueurs dans les Terres sauvages — bien que vous ne partagez pas le même « monde » — et certains pokémons nécessitent 4 dresseurs pour être capturés. Le système de matchmaking est très mal foutu (comme tout le reste de la partie connectée, je rappelle), mais il est possible de jouer avec ses amis en créant des synergies intéressantes. Dans le tas, un seul dresseur sera capable de Dynamaxer son pokémon.

Si vous rêvez d’un Pokémon MMO depuis un moment, Pokémon Épée/Bouclier pourrait être ce qui s’en rapproche le plus.

Les raids Dynamax sont très pratiques pour le farming, puisqu’ils permettent d’obtenir des disques de technique uniques et apportent beaucoup d’objets intéressants comme les précieux bonbons XP. De plus, tous les dresseurs auront l’occasion de capturer le pokémon vaincu qui profitera d’une bonne statistique Dynamax d’entrée de jeu. Si les premiers raids ne représentent aucun challenge, les raids à 5 étoiles permettent d’avoir quelques sueurs froides.

L’histoire d’Épée/Bouclier s’inspire des mythes arthuriens.

Une autre particularité de cet opus vient des pokémons en eux-mêmes qui possèdent des pouvoirs passifs assez originaux. On peut prendre exemple sur Morpeko — la nouvelle mascotte qui a pour but de vendre des peluches — qui change de type un round sur l’autre, ou le bien débile Nigosier qui peut partir à la pêche pour balancer un pokémon à la tronche de l’adversaire (avec un effet élémentaire aléatoire).

Morpeko — la nouvelle mascotte qui a pour but de vendre des peluches — change de type un round sur l’autre.

D’ailleurs, on peut complimenter la qualité de conception des nouveaux pokémons dans leur ensemble. Les designs s’insèrent assez bien dans le bestiaire Pokémon, bien que certains soient toujours un peu trop… basiques et géométriques. On se fait même aux starters qui ne sont pas des plus inspirés, mais c’est surtout les pokémons régionaux qui ressortent, comme le nouveau Ponyta ou le radieux Palartichot. Le Smogogo façon bourgeois de la révolution industrielle est clairement mon préféré.

C’est oui.

Si vous vous sentez toujours honteux de garder prisonniers des centaines de pokémons dans vos boîtes, le Poké-service est là pour ça. Il s’agit de missions présentées d’utilité publique qui apporte énormément d’expérience, à condition d’envoyer les bons profils. Envoyez vos pokémons en mission jusqu’à 24h et regardez-les grandir sans avoir besoin de combattre.

Envoyez vos pokémons en mission jusqu’à 24h et regardez-les grandir sans avoir besoin de combattre.

Comme dernier ajout sympathique-mais-sans-plus, on peut nommer le Poké Camping. On peut jouer avec ses pokémons pour renforcer son lien affectif avec eux et préparer différentes recettes au curry pour le plaisir de la tambouille via un minijeu. Il est même possible d’inviter d’autres joueurs en local pour faire jouer ses pokémons et préparer la bouffe ensemble. Seulement, même si le Currydex se veut complexe avec le joueur dans le flou dans son fonctionnement, cet aspect a vraiment zéro impact sur le core gameplay, outre un bonus d’XP.

La localisation est toujours au top (c’est un cheminot).

Enfin, les joueurs qui voudront devenir des éleveurs d’élite auront la vie facilitée avec la possibilité de manipuler plus facilement les caractéristiques cachées de leurs pokémons avec d’autres fonctionnalités bienvenues. Avec la possibilité de se remémorer des techniques oubliées gratuitement, gérer tous les aspects de ses pokémons n’aura jamais été aussi accessible.

Rosebiffe se rebiffe

Pokémon Épée/Bouclier a des airs de Pokémon Next-Gen, mais ne va pas au bout de ses ambitions, de peur de froisser les pokéfans (ce qu’il a pourtant fait). Enfin un pokémon en full 3D avec quelques changements bienvenus dans des mécaniques revues et vieillissantes, mais qui retombent rapidement dans leurs vieux travers. On pourrait être très critique sur le manque de prise de risque, mais force est de constater que la saga est toujours aussi plaisante à jouer et l’apport de nouveautés par petites touches fait le travail si on est pas trop exigeant. Les aspects connectés et certaines fonctionnalités auraient quand même mérité un meilleur traitement, mais on ressort plutôt satisfait de cette épopée à travers les plaines de Galar. Le prochain opus prouvera si Game Freak est prêt à emmener sa licence phare dans une nouvelle ère ou si elle restera figée dans l’ambre comme d’autres séries à gros succès.

► Points forts

  • Techniquement et artistiquement solide
  • L’ambiance de Galar
  • Les nouvelles mécaniques de capture
  • Les Terres sauvages, une idée qui mérite de mûrir
  • Une meilleure gestion de l’élevage
  • Une bonne bande-son (avec une participation de Toby Fox)
  • Une aventure principale avec un bon rythme…

► Points faibles

  • … mais qui souffre d’un sacré classicisme
  • Tout le jeu souffre de classicisme, en fait
  • Trop facile
  • Dynamax sous-exploité, voire gimmick
  • Fonctionnalités en ligne pauvres et peu pratiques
  • Impossible de trier ses boîtes
  • Peu de pokémons inédits et de formes régionales
  • Des PNJs copiés/collés

« We gonna have a fookin’ Pookémon fight o’ wot ? »

15/20

WarLegend.net a bénéficié d’une copie de Pokémon Épée sur Nintendo Switch fournie par l’éditeur du jeu.

Pokémon Épée/Bouclier est disponible sur Nintendo Switch.

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