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Vignette test mordhau

Test Mordhau – Il n’y a que les cottes de maille qui m’aillent

Cela faisait quelques années que la baston médiévale tendance amputation était en manque d’un successeur digne de ce nom. Et puis Mordhau est arrivé.

Haumicide volontaire

Lancé sur Kickstarter en avril 2017 et arrivé un chouille en retard, Mordhau a fini de polir ses armures et d’aiguiser ses lames. Le titre déboule avec 3 modes de jeu principaux assortis de quelques suppléments que l’on peut retrouver via la liste des serveurs :

  • Frontline
  • Battle royale
  • Horde
  • Team deathmatch
  • Deathmatch
  • Skirmish

4 cartes accompagnent ces modes, ce qui reste relativement léger, mais suffisant pour le moment si tant est que les développeurs donnent le change en en ajoutant quelques-unes.

Test Mordhau 5
Un point capturé devient un point de réapparition dans Frontline.

Le mode Frontline est le plus populaire à l’heure actuelle et propose des bastons tendance lignes de front (pour les joueurs de Battlefield), sorte de conquête en ligne droite qui impose de prendre un point pour passer au suivant. Des mini-objectifs accompagnent la prise de points avancés, comme le fait de détruire des barricades ou de charger un bélier de poudre pour ensuite le pousser jusqu’au QG adverse. Chaque équipe démarre avec 1000 points et ce montant diminue de 1 à un rythme soutenu, augmenté par le nombre de points capturés par l’ennemi. Je n’ai pas réussi à déterminer si cela était influencé par les kills, mais si le jeu suit les principes de conquête de Battlefield – ce que je crois qu’il fait -, c’est le cas.

Ça manque de dynamique de level design, les cartes ne se démarquant clairement pas par la qualité de celui-ci.

Le problème pour ma part se trouve du côté du manque de possibilités pour renverser la vapeur. Bien souvent l’équipe qui prend le pas sur l’autre en début de partie gagne celle-ci. Une fois que le point central est acquis, il le reste et des goulets d’étranglement se forment à tous les passages qui permettent d’y accéder. En gros, ça manque de dynamique de level design, les cartes ne se démarquant clairement pas par la qualité de celui-ci, et ce ne sont pas quelques catapultes qui changeront cela. On note toutefois la possibilité d’empoigner un marteau pour construire des barricades ça et là. De même, ceux qui auront équipé leur personnage d’une boîte à outil pourront créer quelques défenses et des petites balistes.

Test Mordhau
Il est possible de passer derrière des balistes fixes dévastatrices.

Le Battle Royale est vraiment sympathique. Limité à 64 joueurs, il propose pour la première fois une joute médiévale à cette sauce. On démarre à poil, on ramasse ce qu’on peut et on zigouille les adversaires pour récupérer ce qu’ils laissent tomber. Ça fonctionne très bien, malheureusement à l’heure actuelle il est presque impossible de trouver une partie en Europe et les serveurs dédiés sont peu nombreux et surtout peu remplis.

La Horde, comme son nom l’indique fort bien, oppose plusieurs joueurs à des vagues d’ennemis contrôlés par l’IA. Sympathique sans plus, ça défoule un bon coup. Clairement, le mode phare de ce Mordhau reste Frontline. À noter que Mordhau ne se fend pas d’un mode histoire. Ici, on plonge directement dans le multijoueur et ça tombe bien, c’est exactement ce qu’on cherche.

« On va partir sur un pelage d’oignon » – Philippe Hachetesfesses

Passons à ce qui nous intéresse le plus : la baston ! Mordhau se vante de proposer des combats qui permettent d’échanger les coups d’épée de façon plus réaliste que ce à quoi nous avons été habitués jusqu’ici. Lorsque vous donnez un coup, si la lame de l’adversaire en fait autant et que les 2 armes se rencontrent, personne n’est touché. Au lieu de ça, elles glissent l’une sur l’autre et vous permettent de continuer le mouvement, ce qui dynamise les affrontements.

Test Mordhau
Lorsqu’une lame en rencontre une autre, ça fait des étincelles…

Les choses sont plus poussées que dans un Chivalry ou un Mount & Blade ; la sélection de coups est plus étoffée : attaques latérales, descendante, estoc, contre, feinte, contre-attaque. S’ajoutent à cela les possibilités secondaires de quelques armes, notamment le mordhau pour l’épée longue. Cela consiste à prendre son épée par la lame pour frapper avec le pommeau, très lourd, qui occasionne de beaux dégâts sur les adversaires en armure. D’autres lames peuvent tout simplement se jeter, par exemple. Le résultat est une palette assez intéressante pour les affrontements.

Bien entendu, il est très important d’arriver à lire le jeu de l’adversaire afin de « chamber » ses coups – c’est-à-dire frapper dans la même direction que lui pour contrer son coup, poursuivre votre mouvement et le toucher s’il ne contre pas à son tour. Cela permettra de s’en sortir pour les combats de plus haut niveau. Il est également possible d’effectuer un clique droit pour se contenter de lever l’épée et contrer tout simplement la frappe adverse sans qu’une contre-attaque suive, ce qui donne naissance à de nombreux affrontements de type : frappe-contre, frappe-contre, frappe-contre vers l’infini et au-delà. La courbe d’apprentissage est ardue, mais lorsque l’on comprend qu’on arrivera à rien comme ça, on est forcé de se tourner vers des techniques plus avancées.

Je n’ai jamais autant aimé découper que dans Mordhau.

Je n’ai jamais autant aimé découper que dans Mordhau. Le jeu se montre précis et équilibré et, comme promis, vous frappez pile là où vous voyez la lame passer. Une fois qu’on a appris à lire un peu ses adversaires, les combats se montrent très intéressants et c’est à celui qui parviendra à surpasser l’autre. Il y a rarement de la chance dans Mordhau, sauf si vous êtes de mauvaise foi.

Il est aussi possible de tirer à l’arc, et là encore il faudra jouer de précision pour éliminer ses ennemis. Les armes à distance de Mordhau ne pardonnent pas, aussi est-il très gratifiant de voir une flèche se planter dans la tête d’un adversaire, surtout s’il est éloigné. Notons qu’une parade effectuée avec une lame au bon moment permet de contrer une flèche ou un carreau façon Jedi.

Test Mordhau
Vous n’aurez réussi l’entraînement qu’après avoir passé le test du « Running Hans ».

Enfin, des chevaux sont disponibles en jeu (2 par équipe), et chacun peut grimper dessus pour foncer à travers la map et couper des têtes. Difficiles à manier, ils procurent néanmoins de chouettes sensations, notamment lorsque l’on rencontre un cavalier adverse et que ça part en duel façon joute. Il est bien entendu possible de dégommer la monture, aussi prends-je un malin plaisir à tirer dessus lorsque je joue archer pour faire se gameler les types (on peut faire pareil avec une arme de mêlée).

C’est pas faux

Mordhau propose aussi de personnaliser ses mercenaires. En plus d’un set de classes de base déjà bien étoffé, vous pouvez créer vos propres personnages en choisissant les niveaux d’armure pour la tête, le torse et les jambes, ainsi que les armes et compétences qu’ils embarqueront.

Test Mordhau
Du cosmétique à l’armure en passant par les composants de l’arme elle-même, les options de personnalisation sont nombreuses.

Une bonne grosse flopée d’équipements est disponible, avec des armures de niveau 1, 2 ou 3 qui occupent autant de slots parmi les 16 offerts à chaque mercenaire. Forcément, un soldat en armure lourde embarquera moins d’armes (ou tout du moins des armes moins imposantes) ou de compétences que son comparse habillé léger.

Une bonne grosse flopée d’équipements est disponible.

Les armes varient de la faux à l’épée longue en passant par le célèbre Zweihander. Côté distance, on est un petit peu limité avec seulement 3 armes : arc long, arc composite et arbalète. En revanche, les armes sont bien équilibrées et on a accès à des stats de base et avancées, qui permettent de déterminer avec exactitude la génération de dégâts sur tel ou tel type d’ennemi, en fonction de telle ou telle attaque. L’épée de justice étant dépourvue de pointe, ses estocs sont par exemple particulièrement nazes, mais sa lourdeur fait de ses autres coups des attaques dévastatrices. Il est ainsi possible d’avoir des classes personnalisées à l’extrême ; vous pouvez ainsi vous adapter à toutes les situations.

Test Mordhau
Les statistiques avancées permettent d’identifier les meilleurs équipements en fonction de l’adversaire rencontré.

Je profite de parler de l’équipement pour mentionner la mauvaise gestion des boucliers. Ceux-ci peuvent être levés en permanence et ainsi se protéger contre tous les dégâts. La déplétion de la barre d’endurance étant très lente, il est vraiment difficile de faire lâcher un bouclier à un adversaire (car le fait de manquer d’endurance se traduit, lorsque l’on prend un coup, par la perte de son arme). Il est de plus impossible de les détruire. Le seul moyen de faire chier un porteur de bouclier est de lui donner un coup de pied. Au pire vous pouvez le contourner, mais bonne chance. Bon équilibre me direz-vous. Pas tellement puisque le bouclier se montre trop permissif et entache les affrontements en son état actuel. Il suffit littéralement de maintenir le clique droit appuyé, d’équiper une arme rapide et de frapper avec lors des moments où l’on baisse le bouclier.

Les compétences, de leur côté, ne sont pas abusées et malgré tout fort utiles. Sanguinaire permet par exemple de récupérer toute sa vie si l’on parvient à tuer un ennemi, mais coûte très cher. Grâce à elles, on personnalise plus encore ses mercenaires histoire d’avoir des panoplies éclectiques et complètes.

Ce qu’il y a de bien avec Mordhau et qui devient de plus en plus rare, l’aspect cosmétique est cool, mais ce n’est qu’un à-côté qui ne conditionne absolument pas mon envie de revenir sur le jeu et d’y progresser.

À noter que l’équipement se débloque au fil des niveaux d’expérience grâce à de l’or récolté à chaque partie. Le taux de récupération de ce dernier est satisfaisant et permet aussi d’acheter de nombreux éléments cosmétiques. Aucun nouveau passage par le porte-monnaie est à prévoir. Le contenu est assez énorme sans jamais sortir de la plausibilité liée au médiéval. Surtout, ce qu’il y a de bien avec Mordhau et qui devient de plus en plus rare, l’aspect cosmétique est cool, mais ce n’est qu’un à-côté qui ne conditionne absolument pas mon envie de revenir sur le jeu et d’y progresser.

On voit bien les côtes d’armure

Développé sous Unreal Engine 4, Mordhau se défend très bien côté graphismes. L’animation des tissus des armures est aussi plutôt réussie. Les armes et armures sont très bien modélisées et donnent un rendu réaliste. Les environnements des 4 maps sont relativement variés, entre le col d’une montagne, le cœur d’une forêt et la dévastation d’un champ de bataille. La bande son se montre quant à elle plutôt répétitive mais efficace.

Test Mordhau

En revanche, j’aurais tout de même souhaité que les effets sonores soient plus percutants. Ça manque de lames qui s’entrechoquent tout ça. Si vous jouez principalement sur la contre-attaque, il n’y aura que des glissements de métal et ce n’est pas folichon. C’est mineur certes, mais le diable se cache dans les détails.

Quelques petits soucis à signaler : il n’est pas du tout facile de trouver comment lancer un votekick, ce qui est en quand même franchement dommage quand on voit le paquet d’abrutis qui s’amusent à teamkill volontairement (en moyenne 1 toutes les 2/3 parties). Ce qui m’embête le plus est le manque de discernement quand au choix des couleurs d’équipe. Les rouges contre les bleus. Dans un jeu médiéval gore. Personne dans l’équipe ne s’est dit que le sang allait générer un léger problème ? Bien sûr lorsque l’on pointe son viseur sur un personnage, son nom apparaît au bas de l’écran dans la couleur de son équipe, mais en mêlée il est assez difficile de s’y intéresser je ne vous le cache pas. Ce qui fait qu’il arrive souvent que des membres de l’équipe bleue bien blessés se fassent tuer par leurs copains car pris pour des rouges (je n’ai rien contre les communistes).

Tabard-nacle que c’est bon !

Mordhau m’a tapé dans l’œil. Moins ardu sur le plan technique qu’un For Honor, mais plus complexe qu’un Chivalry ou un Mount & Blade, le premier titre de Triternion (une équipe indé qui bosse en télétravail aux 4 coins du monde) propose une expérience addictive bien ancrée dans les affrontements sanglants. Les manques côté nombre de maps et level design n’entament pas le plaisir de se jeter dans la mêlée en poussant un cri de guerre. Le titre est en plus bourré d’humour, qu’il soit du fait des développeurs ou des joueurs. Nous, en tout cas, on a hurlé de rire plus d’une fois face à un mec qui perd ses bras en les levant pour parer une lame ou un type qui continue de batailler à cloche-pied après avoir perdu une jambe.

Monty Python flesh wound

► Points forts

  • Chouette à regarder.
  • Une palanquée d’armes, d’armures et de cosmétiques.
  • Possibilité de créer de nombreux mercenaires aux profils bien marqués.
  • Nombre de modes de jeu satisfaisant.
  • De l’humour à revendre.
  • Accessible dans sa complexité.
  • La lame touche là où vous voyez qu’elle touche.
  • Les armes s’entrechoquent lorsqu’elles se rencontrent.

► Points faibles

  • Level design faiblard.
  • Le dynamisme des interactions avec l’environnement pas aussi poussé qu’annoncé.
  • Mauvaise gestion des boucliers.
  • Peu de maps.
  • Le mode Battle Royale est pour le moment déserté en Europe.
  • Manque d’opportunités pour renverser le cours d’une partie en Frontline.

Mordhau vaches !

16/20

War Legend a bénéficié d’une copie fournie par l’éditeur de ce jeu.

Configuration de test :

  • GPU : NVIDIA RTX 2080
  • CPU : Intel i7-9700K @5GHz
  • RAM : 16 Go
  • HDD

Mordhau est disponible sur PC.


Achat GoCleCd.

2 commentaires
  • n4kj0 ~ Le 8 mai 2019 à 01:59

    Très bon article, en revanche de ce que j’ai vu ce que ça donner sur Twitch, j’ai eu comme l’impression que tout était en Slow motion, je n’attendais pas des attaques a la Apex, rapide, mais la ? J’ai une impression de lenteur, ce qui m’a freiner instant.. je passe mon tour du coup, ça tombe bien, les finances n’était pas ouf en ce moment ;p

  • hexen ~ Le 8 mai 2019 à 06:26

    Oui ça peut paraître lent vu de l’extérieur. C’est tout simplement une question de game design : si les attaques allaient trop vite ce serait trop dur de chamber, notamment dans les parties à 64 joueurs où la mêlée devient vite… comment dire… haletante. Une fois en jeu, tu as l’impression que l’action va plus vite. À noter que c’est aussi lié à la lourdeur des armes : ceux qui jouent avec la rapière frappent assez vite par exemple. Tout dépend des stats de l’arme que tu privilégies.