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Test Indivisible —L’indie qui te refait le portrait

Il faut bien le dire, de nos jours l’industrie est dominée par des triples A un peu creux dont les budgets astronomiques se justifient de moins en moins. Heureusement Indivisible s’en vient nous apporter un joli vent de fraîcheur et rappelle que la scène indépendante n’est pas allergique à l’ambition.

Iddhi bizarre adventure

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Un peu plus de 7 ans après nous avoir proposé le fort sympathique Skullgirls, Lab Zero Games revient en force avec un nouveau titre sous le signe de l’innovation : Indivisible. Mélangeant RPG et plateforme dans un univers cartoon enchanteur, le titre suppose dès le premier coup d’œil une recette atypique qui a tout pour séduire.

Et « atypique » est le maître mot ici. Loin de se contenter d’un énième RPG plus mignon qu’ambitieux, le studio californien a tout fait pour donner à Indivisible une forte identité, notamment par son gameplay singulier. Les anciens verront en lui un saint hommage à Valkyria Profile, du haut de son système de combat dynamique à souhait entrelacé par des phases plateformes qui font mouche.

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L’héroïne qu’on incarne se nomme Ajna, fière combattante apprentie d’un paisible village, sous la tutelle de son père. A peine avons-nous eu le temps de prononcer son nom (Indr) que ce dernier succombe sous les coups d’assaillants ayant mis à feu et à sang leur havre de paix. Ajna se montre alors aussi tête brûlée que revancharde, puisqu’elle se lance ni une ni deux à la chasse au grand méchant, à savoir Ravannavar.

Si des subtilités de scénario sont présentes, on n’aura toutefois pas beaucoup plus à retenir de l’histoire qui nous ait raconté. Sur ce plan, Indivisible ne cherche pas une seule seconde à s’étendre plus que nécessaire sur son écriture. Il suffit de voir la vitesse à laquelle on recrute les personnages (principaux) jouables ; limite on commence à soupçonner chaque PNJ avec qui on discute de pouvoir en faire partie. Surtout qu’en ce qui concerne le charach design de ces derniers, j’en connais qui se sont bien éclatés.

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Gros marteau, oreilles de lapin, tenue absolument pas typique du citadin… c’est un nouveau perso ça non ? ET ELLE AUSSI À DROITE NON ? NON ?!!!

De même, les différentes péripéties balancent des « rebondissements » (veuillez noter les guillemets) aussi vite que Sonic change de godasses, sans parler du côté prévisible de l’ensemble.

Cela dit, rien de méchant en soi. Bien qu’indéniablement secondaire vis-à-vis du reste — et en somme toute classique — l’intrigue se veut épaulée par une narration maîtrisée qui captive malgré tout. Les dialogues participent aussi sur ce plan, tant ils sont souvent drôles et bien rythmés ; ils parviennent souvent à arracher des rires sincères. Mention spéciale à Razmi, la gothique de service, grinçante à souhait.

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Razmi et Razmoi sont dans un bateau…

Grossièrement résumée, la partie exploration d’Indivisible rentre dans la catégorie « Metroidvania ». La progression est en effet assez à similaire à ce genre : avancer dans les différents niveaux ou découvrir une partie cachée d’une carte vous demandent la plupart du temps de récupérer l’outil/la capacité adéquate au préalable.

La hache permet ainsi de briser certains obstacles et même de s’accrocher au mur, tandis que l’arc laisse atteindre des cibles au loin qui nous barre la route. WL test Indivisible On se retrouve cependant plutôt vite confronté à une certaine lassitude des phases de plateformes, en dépit de leur difficulté qui va crescendo dès la seconde moitié du jeu. Heureusement, les développeurs ont trouvé l’équilibre parfait entre les combats et l’exploration. Les passages de plateformes s’entrecoupent d’affrontements dont le nombre suffit à satisfaire notre besoin de castagne, tout en évitant l’overdose mal venue.

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Cette finesse dans l’alternance des genres rend nos balades on ne peut plus plaisantes. Cela l’est d’autant plus grâce à une direction artistique digne des plus grands, combiné à des couleurs bariolées et des animations léchées et punchy comme on l’aime.

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L’intro concoctée par le studio d’animation Trigger (Kill la Kill, Promare,…) dépote !

Le tout s’accompagne d’une bande-son aux petits oignons qui jamais ne faillit. Chaque thème musical sert son propos ; les compositions du vénéré Hiroki Kikuta (Secret of Mana) s’imbriquent à la perfection dans ce tableau créatif déjà fichtrement charmant.

Les 100 coups de iddhi

La véritable force d’Indivisible réside sans aucun doute dans son système de combat éclectique, du tour par tour au sens le plus moderne du terme.

Ceux-ci se déroulent en temps réel, avec 4 personnages sur le terrain, chacun lié à une touche qu’il suffit de presser pour le faire attaquer. À l’image d’un jeu de baston, il suffit d’ajouter une direction à vos attaques pour effectuer des coups spéciaux et faire pleuvoir les combos.

On retrouve d’ailleurs un compteur de combos qui, bien que purement informatif, a le mérite d’exister. On regrette tout de même que parvenir à un nombre de coups à 3 chiffres n’ait pas plus d’intérêt que ça.

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Les affrontements en plus d’être assez originaux sont aussi très dynamiques. Les temps morts sont rares et la jauge de combo laisse mine de rien la sensation satisfaisante d’enchaîner les monstres. Les animations donnent définitivement l’impression de jouer des personnages d’animés en plus de rendre efficacement la puissance des coups portés.

Aussi, tabasser les ennemis fait monter votre jauge dIddhi, qui vous sert à déclencher des coups dévastateurs — ou des techniques plus spécifiques comme des soins. Si la manière de procéder est la même pour tous les personnages, les super attaques tout comme leurs effets sont nombreux et variés.

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La majeure partie des coups « ultimes » sont à découvrir de nous-mêmes.
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En tout et pour tout, les mécaniques sont très simples en prendre en main : une touche, un personnage, des coups directionnels. Pour autant, Indivisible réussit à afficher une profondeur appréciable dans la structure de son gameplay. Il revient à nous de découvrir par nos propres moyens les subtilités du système entre nos mains, et d’en maîtriser tous les aspects.

Il faut ainsi avoir l’œil sur beaucoup de paramètres : PV de ses personnages, des ennemis, jauge d’Iddhi, timing des coups et des blocages. La réactivité est donc à l’honneur ; en effet il est nécessaire de déterminer en quelques secondes la cible de votre adversaire et d’appuyer sur la bonne touche pour bloquer, tout comme l’enchaînement de vos propres attaques doit se faire rapidement.

Aussi, le joueur a tout intérêt à aller chercher les bonnes combinaisons de héros ; chacun ayant un panel de coups qui leur est propre, la plupart fonctionnent mieux avec certains qu’avec d’autres.

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Qui plus est, la jauge d’iddhi gagne importance à mesure qu’on avance dans l’aventure. Outre sa composante de « super attaque », elle devient un véritable outil stratégique en fonction du combat mené — contrôle, soins ou juste dégâts, un choix crucial selon le combat mené.

Des subtilités qu’on peut plus ou moins se permettre d’ignorer dans les premières heures de jeu, mais qui deviennent vite indispensables plus loin.

Enfin, les combats de boss révèlent le plein potentiel du gameplay d’Indivisible. En plus d’être exigeant que la normale, ils mettent parfaitement en lumière le mélange de genre atypique inhérent au titre.

WL test Indivisible À partir d’un certain montant de dégâts infligé au boss, on a droit à une phase de plateforme dans laquelle il faut éviter moult éléments mortels, sous peine de reprendre le combat en étant estropié, voire pire, tout recommencer.

Là où il apparaît bien souvent que bourrer les touches tel un joueur néophyte de Tekken suffit à vaincre ses opposants, arracher la victoire face aux divers boss s’avère beaucoup plus délicat. Et pour le coup, il est d’autant plus satisfaisant d’en venir à bout.

Iddhi vrai ou iddhi pas

Malgré toutes ses qualités, Indivisible souffre d’un défaut quelque peu particulier compte tenu de ce qui a été dit jusque là : il ne mérite pas vraiment son étiquette RPG.

Que ce soit le RPG ou ses genres subsidiaires, la personnalisation est toujours présente — à des degrés différents. Or ici, elle est presque complètement effacée du tableau. Le joueur n’a aucun contrôle — ou presque — sur les différentes statistiques des personnages et se trouve dans l’incapacité d’apporter une quelconque modification.

Un problème qui se veut plus ou moins pallié par la présence d’une bonne vingtaine de compagnons, tous ayant leur particularité. Malheureusement, certains justifient difficilement leur présence sur le champ de bataille par rapport à d’autres — sans dire qu’ils sont injouables (loin de là), ils restent néanmoins bien moins efficaces que leurs collègues.

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Plusieurs personnages jouables sont cachés (et donc manquable).

En termes d’amélioration, Indivisible reprend plutôt les codes du plateformer à la Castlevania. Sans compter la montée de niveau, le power-up se fait uniquement par l’obtention des « Ringsels », des sortes de cristaux rouges disséminés aux quatre coins du monde. En les échangeant à Mori ou Ratna, PNJ qui résident dans votre tête, vous pouvez augmenter votre attaque ou votre défense.

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Le For Intérieur, le QG des grands esprits.

Il est cependant assez compliqué de savoir à quel point ces augmentations ou les niveaux supérieurs modifient nos statistiques. Le titre manque cruellement de clarté en ce qui concerne les caractéristiques ; la seule indication étant une nomenclature à étoile qui n’offre aucune réelle base de comparaison.

De même, l’ensemble des personnages affichent un cœur à côté de leur nom représentant leur relation avec Ajna. Le hic c’est qu’on ne sait pas ce que cela implique. Plus de dégâts ? Plus résistant ? Petites romances en perspective ? Faites vos jeux !

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Ça passe parce que ça casse

Si jeu de l’année il n’est pas, Indivisible n’en reste pas moins une expérience haletante qui ne demande qu’à être vécue. Certes, le scénario est quelque peu convenu dans sa structure et au final, l’absence quasi totale de personnalisation lui enlève presque l’étiquette RPG, mais ce sont là des défauts vites perdus dans l’ombre d’un jeu palpitant dans lequel il est bien difficile de s’ennuyer. Le fabuleux mariage de genres élaboré par Lab Zero Games fonctionne à merveille au travers d’une épopée non sans bons sentiments et d’un game design des plus abouti. À défaut d’atteindre des sommets, Indivisible cogne suffisamment fort pour rester dans les mémoires.

► Points forts

  • Un beau mariage intergenre
  • Système de combat dynamique et bien pensé
  • La direction artistique, un bonheur pour la rétine
  • Une narration solide
  • 20 personnages déblocables
  • Musiques prenantes
  • Un doublage de qualité
  • Les combats de boss : quintessence du style Indivisible

► Points faibles

  • Scénario aussi classique que prévisible
  • Phases de plateformes assez vites redondantes
  • N’est RPG que de nom
  • Manque de clarté vis-à-vis des caractéristiques
  • Un système de combos qui mériterait d’être approfondi

Pot-pourri mais en fait c’est bien

16/20

WarLegend.net a bénéficié d’une copie presse fournie par l’éditeur de ce jeu.

Indivisible est disponible sur PC, Switch PS4 et XB1.

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