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Test Hunt: Showdown – Dans le bayou, qu’est ce qu’on peut se marais

Depuis quelques années, Crytek a su se faire discret. Il s’est bien essayé à quelques softs VR mitigés mais rien de probant depuis Ryse: Son of Rome. Le voilà de retour avec le sombre Hunt: Showdown. Le jeu est-il à la hauteur de la réputation du studio en matière de FPS ? Plongeons ensemble dans la fange d’une Lousiane maudite pour le savoir.

La Louisiane, ça vous gagne

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Développé par les créateurs de Crysis, Hunt: Showdown est un jeu de shoot en monde ouvert mêlant PvE et PvP avec quelques mécaniques RPG. Wow. Rien que ça. Dans une Louisiane touchée par une malédiction qui vous ferait regretter l’ouragan Katrina, votre mission est de débarrasser le voisinage d’une sale bestiole. Le hic, c’est que le voisinage est (dé)composé de morts-vivants et que la bestiole est du genre monstre coriace. Variant à chaque partie, votre cible sera tantôt de l’araignée géante, du boucher sanguinaire ou du spectre chafouin.

Votre cible sera tantôt de l’araignée géante, du boucher sanguinaire ou du spectre chafouin.

Pour lui mettre la main dessus, vous devrez trouver des « indices » (sorte de puits ésotériques) disséminés à travers la carte dans divers lieux : abattoir désaffecté, cimetière, ferme abandonnée… Tous modélisés dans une décrépitude qui flatte la rétine. Au bout de 3 indices, ou si vous avez la chance de tomber dessus directement, l’antre du monstre sera clairement indiqué sur votre carte.

Un paysage de louisiane baigné d'une lumière brumeuse.
On peut croiser ce genre de paysages sympathiques quoiqu’un peu redondants à la longue.

Après avoir tué la créature au terme d’un combat acharné (car la bougre ne se laissera pas faire facilement), vous devrez récitez trois « je vous salue Marie » pour l’exorciser. Vient ensuite le moment de récupérer votre prime bien méritée sur le cadavre de la bête et de vous tirer d’ici fissa avant que d’autres chasseurs ne viennent vous régler votre compte.

Eh oui car dans Hunt, vous n’êtes pas seul sur le coup…

Désespèrados

On va pas se le cacher, Hunt tire son charme de son aspect multijoueur compétitif. Lorsque vous vous lancez en solo ou en duo, le nombre d’adversaires n’est jamais indiqué. Pire : d’après les développeurs, il changerait à chaque partie. On ne connait jamais le nombre de joueurs que l’on doit affronter, ni combien il en reste. Une idée aussi simple qu’excellente pour maintenir une tension constante tout au long de la partie.

Hunt tire son charme de son aspect multijoueur compétitif.

L’arsenal est doté d’une cadence de tir ridiculement faible et prend des plombes à se recharger. Loin d’être un défaut, cela rend les gun fights lents et létaux. Le son impressionnant des pétoires et leurs dégâts rendent une véritable impression de puissance. D’ailleurs, de la puissance elles en ont : 2 balles de n’importe quel calibre suffisent à vous envoyer ad patres et n’importe quel tir à la tête vous sera fatal. Dans Hunt, les fusillades sont impressionnantes et pardonnent peu.

Un compte à rebours et un joueur planqué comme un lâche.
Les 8 secondes les plus longues de mon existence.

Si ce genre de mécaniques suffisent déjà à me faire frôler la crise cardiaque à chaque fusillade, le jeu m’a achevé avec son système de permadeath. Mourir signifie perdre niveaux et matériel chèrement acquis et ce de manière définitive. Bien que cela puisse être frustrant lors de certaines parties, le jeu vous offre la possibilité de rejoindre les sorties à tout moment, vous permettant d’éviter la phase ultra-compétitive (et ultra-ultra-ultra stressante) de la prime. Il y a donc plusieurs façons de « gagner » pour ceux qui, comme moi, estiment que s’en sortir vivant est déjà une victoire en soi. C’est une très bonne idée dans un jeu aussi dur et exigeant.

Ce marais est trop petit pour nous deux

Les mobs quant à eux ne font pas seulement de la figuration. Chaque zombie spécial a des forces et des faiblesses exigeant une approche différente : la ruche vous empoisonne à distance empêchant votre santé de se régénérer, la carcasse est sensible aux attaques au corps-à-corps mais dispose d’une armure le protégeant des balles… Chaque mob abattu vous rapporte un peu d’XP, à condition de rentrer en un seul morceau. Vous pourrez donc passer des sessions entières consacrées uniquement à l’abattage de monstres sans avoir l’impression de perdre votre temps.

L'encyclopédie du jeu, regorgeant de lore.
Le jeu fait l’effort de nous proposer une encyclopédie qui étoffe son univers.

Un peu rigides, les affrontement PvE sont desservis par une IA pas folichonne.

Un peu rigides, les affrontement PvE sont desservis par une IA pas folichonne. Mais les développeurs ont néanmoins réussi à articuler PvE et PvP : parfois, une cohorte de zombies s’invite dans une fusillade entre 2 chasseurs, ou un monstre des marécages trahit la position d’un tireur embusqué. Selon les situations, les mobs peuvent autant vous être utiles que vous pourrir la vie. Ils permettent d’ajouter une touche d’imprévu dans vos parties.

Le bon et mauvais chasseur

Dans Hunt, le son est totalement intégré dans le gameplay. Fort heureusement, il est excellent et de bénéficier d’une spatialisation impeccable. Quand les devs’ vous conseillent de jouer au casque, ils ne rigolent pas. La carte est criblée d’indices visuels et sonores qui utilisent intelligemment le sound design. Passez près d’une barrière squattée par des corbeaux et ils s’enfuiront en croassant. Marchez dans des boîtes de conserves et vous entendrez le ramdam métallique résonner dans le bâtiment. Il vaut mieux s’accroupir et évoluer avec précaution si vous ne tenez pas à alerter tout le voisinage de votre présence.

Un sinistre cadavre de cheval gisant dans la boue.
Au moins je suis sûr que celui-ci ne se relèvera pas pour trahir ma position. Quoique…

On alterne régulièrement au sein d’une même partie entre le rôle grisant du chasseur et celui, moins jouasse, du chassé. La différence entre la vie et la mort se trouvera dans une bonne observation et surtout une bonne écoute de votre environnement. Le son, en plus d’être de fort bonne facture, contribue à renforcer l’immersion. Chose très plaisante pour les masochistes comme moi qui aiment jouer la trouille au ventre, prêts à sursauter au moindre bruit. D’autant que dans Hunt, à l’instar d’un Escape From Tarkov, mourir est lourd de conséquences…

Pour une poignée de dollars

Vous commencez chaque partie en choisissant votre personnage et son équipement. L’expérience et l’argent récupérés en chasse vous permettent de débloquer les nombreuses armes et compétences disponibles. Vous pourrez ainsi personnaliser votre chasseur en l’équipant de canons sciés, revolvers, carabines ou autres machettes et les combiner à des compétences comme une résistance aux dégâts de feu, un sprint plus long ou une cadence de tir plus élevée avec les revolvers… Le jeu permet de créer des synergies variées pour build le chasseur de ses rêves.

L'écran récapitulatif de fin de partie.
Le système de progression est bien fourni.

Les chasseurs de haut niveau possèdent de nombreuses capacités qui font d’eux des adversaires redoutables, mais le risque de les perdre en chasse vous fera réfléchir à deux fois avant de les choisir. À ce sujet le jeu a la bonne idée d’éviter l’écueil du grind à outrance. Bien que mourir soit toujours une tragédie, il vous suffit de quelques parties prudentes ou d’une bonne grosse game pour obtenir un chasseur qui tienne la route.

Enfin, vous pourrez vous procurer du matériel « légendaire », qui n’est autre que des variations d’armes déjà existantes agrémentées de simples textures. S’obtenant avec de la monnaie du jeu, les plus impatients peuvent faire chauffer la carte bleue pour les débloquer plus vite. Si la présence de mircotransactions dans un jeu payant peut laisser dubitatif, la boutique a le bon goût de rester purement accessoire et discrète.

I got the blues

Hunt: Showdown ne bénéficie pas du degré de finition auquel Crytek nous a habitué. Certaines parties lancées en duo chargent pendant des plombes pour ne jamais se lancer, et celles qui y parviennent souffrent parfois d’un lag très déstabilisant les premières minutes. Triste spectacle que de voir les zombies s’écrouler une demi-seconde après leur avoir tiré dessus, ou en pleine répèt’ de leur chorégraphie de Thriller.

Hunt: Showdown ne bénéficie pas du degré de finition auquel Crytek nous a habitué.

Certains mauvais esprits pourraient penser que le jeu est sorti un peu vite d’early access. Si ce genre de défaut se pardonne volontiers sur des titres vendus une vingtaine d’euros, la pilule passe moins bien devant les 40€ d’Hunt: Showdown.

J’en prendrai pour un dollar

Hunt: Showdown est un jeu qui tient ses promesses. Pensant avoir affaire à un battle royal qui ne s’assumait pas, j’y ai découvert un jeu exigeant aux nombreuses possibilités tactiques. L’ambiance est réussie et les sensations sont au rendez-vous.

► Points forts

  • L’ambiance sombre et prenante
  • La synergie PvE / PvP
  • Le sound design aux petits oignons

► Points faibles

  • Les décors un brin répétitifs
  • Quelques bugs pénibles
  • L’IA pas toujours au top

Comme quoi, certains mélanges ont du bon

15/20

Configuration requise :

  • Processeur : Intel i5-6600 @ 3.3Ghz (6th Generation) or AMD Ryzen 5 1400
  • Mémoire vive : 12 GB de mémoire
  • Graphiques : NVIDIA GeForce GTX 970 4 GB or AMD Radeon R9 390X
  • Espace disque : 20 GB d’espace disque disponible

Hunt : Showdown est disponible du PC, Xbox One et PS4.

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