hexen
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Hatred est un jeu qui a fait une énorme polémique, et le mot est faible. On peut comprendre que le titre soulève des vents houleux puisque son objetctif principal est de massacrer des civils à tour de bras en incarnant un tueur de masse. Votre objectif sera de parcourir les rues et de littéralement tirer sur tout ce qui bouge, votre anti-héros n’ayant « pas peur de mourir. ». Au-delà des questions morales soulevées par Hatred, qu’en est-il du jeu en lui-même? Vaut-il le coup que l’on abaisse la barrière du politiquement correct pour lui?

Un gameplay amusant… mais redondant

Lorsque l’on prend en main notre monstre humain, on est dans une configuration pour ainsi dire classique: une vue aérienne (avec un angle de biais toutefois) et une visée à la souris avec éventuellement un zoom grâce au clic droit. Cela rappelle en fait un peu Hotline Miami dans la forme. Au début du jeu, l’homme sort de sa superbe cave option glauque et commence à tirer à vue après un bref passage tutoriel qui vous explique les touches ainsi que l’exécution, qui permet de finir un ennemi pour vous faire récupérer de la santé (oui, c’est le seul moyen). Vous êtes propulsé là-dedans sans vraiment savoir ce que vous devez faire, alors vous tirez à vue mais en étant un peu perdu quant à votre objectif. « Suis-je supposé tirer jusqu’à plus soif et indéfiniment ou le jeu propose tout de même des niveaux avec objectifs? » me suis-je demandé très rapidement. Heureusement, il y a bien des objectifs à remplir: des marqueurs sont présents sur la carte et désignent des endroits ou évènements particulièrement riches en victimes potentielles. Une fois ceux-ci effectués, vous devez rejoindre un endroit de la carte pour vous enfuir et progresser ainsi vers le niveau suivant.

Bien entendu, ne vous attendez pas à ce que les autorités vous donnent leur bénédiction pour votre petite massacre-party. Les flics vont vous tomber dessus à la première occasion et vont bien sûr vous tirer dessus sans sommation. A partir de là, le jeu prend une tournure quelque peu différente. Vous allez devoir jouer au chat et à la souris avec nos amis les policiers car ils seront nombreux et bien armés (surtout quand il s’agira du SWAT, particulièrement résistant). Il faudra les éliminer peu à peu et surtout ne pas oublier de faire attention à sa barre de vie et, donc, faire des exécutions pour récupérer de la santé. Au passage, les exécutions-cinématiques sont vraiment trop présentes et cassent le rythme.

Bon, vous le voyez venir ou pas? Ben oui, vu que c’est dans le titre et que vous êtes un(e) très bon(ne) lecteur(-trice). On finit par s’ennuyer bien comme il faut. Au final, le jeu ne propose guère plus qu’un vulgaire hit & run. On attend mieux, surtout d’un jeu indépendant qui regorge en général d’idées étant donné que le studio derrière le développement est très libre. On arrive sur une carte, on va sur les objectifs pleins de civils, on tire dans le tas, les flics se réveillent et viennent nous débusquer, on les tue et on s’enfuit. Chargement, on prend les mêmes et on recommence.

Ne vous méprenez pas, le jeu est fun… 5 minutes. On a en fait toutes les clés en main dès le début et peu de surprises nous attendent. Quelques armes à débloquer, l’histoire de l’anti-héros (qui n’a que peu d’intérêt) et… et puis voila! On peut également conduire les voitures de police et du SWAT mais la maniabilité est atroce. La sensibilité lors d’un changement de direction est bien trop élevée et, avec la vitesse du véhicule, on finit rapidement dans le décor, qui est plutôt fournit et qui ne pardonne donc pas qu’on se plante dans notre conduite.

Des graphismes sympathiques

La patte graphique de Hatred est plutôt agréable. L’ambiance noire et glauque est bien rendue grâce au choix du noir et blanc et de l’ajout du grain de film. Cela permet en plus au sang et aux explosions de détonner sur ce fond très sombre et ainsi mettre en avant le fait qu’on a à faire à un jeu de violence où la seule lumière provient de la mort. Quand on y pense, la signification de ce choix graphique est vraiment bien pensée et colle parfaitement au thème et surtout au personnage du titre.

Toutefois, le jeu tournant sur Unreal Engine 4, on se serait attendu à plus de soin dans la modélisation, d’autant qu’on se rend rapidement compte que les modèles de civils ne sont pas légion. Dans ce cas, pourquoi ne pas peaufiner au maximum leur aspect? Les batiments sont corrects et c’est assez sympa de pouvoir percer des trous à la force des armes, même si ça prend un plombe. Les maisons étant ce qu’elles sont aux Etats-Unis, on aurait aussi pu espérer que les tirs passent à travers certains murs.

Le véritable intérêt de l’Unreal Engine 4 se retrouve dans les explosions qui sont vraiment très bien modélisées. Enfin, lorsqu’on tire dans du propane, car les grenades donnent franchement l’impression de bons vieux pétards mouillés. Les projections de sang lorsqu’un ennemi est touché par une balle sont également bien fichues et dans un jeu centralisé sur l’abattage de masse, on peut quand même se dire que c’est tant mieux.

Un scénario quelconque

L’histoire, de son côté, est véritablement quelconque et ne présente strictement aucun intérêt, à moins d’être un grand fan de films se démarquant par le néant de leur qualité scénaristique. Il est clair qu’il ne faut pas jouer à Hatred pour son aspect narratif, puisque celui-ci n’est absolument pas travaillé. L’histoire du personnage principal n’est qu’un prétexte au massacre orchestré. Quel dommage! Destructive Creations aurait pu montrer que son jeu n’est pas uniquement du tir sur civils décérébré. Une bonne idée aurait été de développer l’anti-héros, de mettre en avant sa psychologie, son histoire, afin de le décortiquer et d’offrir une explication à sa dérive mentale. Tout ceci non-pas pour le prendre en pitié, mais pour tenter d’apporter une profondeur à la fois au jeu et à son personnage principal, en jouant sur un phénomène affligeant et toujours aussi triste qu’est le meurtre de masse.

Ou alors, Destructive Creations aurait dû pencher du côté du grandiloquent et partir dans un délire extravagant et exagéré, avec une dose d’humour. Le vide du scénario laisse ici un peu pantois. Certes ce n’est sûrement pas l’objectif principal de Hatred, mais si le gameplay lui-même devient redondant et relativement – soyons honnête – chiant, quel est alors cet objectif? Ou est l’amusement et la justification d’un tel jeu?

Mise à mort

Je fais partie de ceux qui attendaient ce jeu pour ce qu’il était: un jeu, et je le jugerai en tant que tel, car il me semble aberrant de le concevoir autrement. J’envisageai une bonne tranche de fun sur fond de politiquement incorrect. Il ne faut pas oublier que des jeux comme Duke Nukem 3D ou encore GTA et Postal ont vu le jour sous les auspices du politiquement incorrect, et ce sont encore aujourd’hui des jeux qui sont pour moi au panthéon du fun. Le problème avec Hatred, c’est que le parti pris n’est ni sur le gameplay, ni sur le scénario, ni sur le fun. Un jeu doit être au minimum divertissant, et Hatred est loin de l’être assez, surtout vu le thème qu’il aborde. Il y avait énormément de possibilités pour Destructive Creations pour créer un jeu outrageusement amusant qui aurait en plus transcendé les colibets. Hatred aurait pu être aussi approprié que mon conditionnel pour sa qualité.

[Points positifs]

  • Gros défouloir
  • Des explosions véritablement impressionnantes
  • Le choix artistique du noir et blanc

[Points négatifs]

  • Redondant
  • Pas de profondeur de L’Antagoniste
  • Scénario pauvre, au mieux
  • Maniabilité des véhicules à revoir
  • Marrant 5 minutes

Configuration minimale:

  • Winsows Vista (SP2), 7 (SP1) et 8.1 64 bits avec mise à jour DirectX 11 (KB971515-x64)
  • Processeur: Intel Core i5-750 @ 2.6 GHz ou AMD Phenom™ II X4 955 @ 3.2 GHz
  • 4 GB de RAM
  • Carte graphique NVIDIA GeForce GTX 460 ou AMD Radeon HD5850 (1 GB de VRAM)
  • DirectX version 11
  • 4 GB d’espace disque

Configuration recommandée:

  • Winsows 7 (SP1), 8 et 8.1 64 bits
  • Processeur: AMD Octa-Core / Intel Quad-Core @ 3.4 GHz (AMD FX X8 8350 ou Intel Core i5 3570 ou architectures plus récentes sont recommandées)
  • 8 GB de RAM
  • Carte graphique AMD/NVIDIA dédiée avec au moins 2048MB VRAM dédiée et au moins DirectX 11 et support Shader Model 5.0. AMD Radeon R9 285 et NVIDIA GeForce GTX 670 ou mieux sont recommandées.
  • DirectX version 11
  • 4 GB d’espace disque

Note 2

7 commentaires
  • ewina ~ Le 9 juin 2015 à 14:36

    sympas pour ce défouler

  • drydis ~ Le 9 juin 2015 à 20:08

    ça sent quand même le bide…

  • gohan57 ~ Le 9 juin 2015 à 20:31

    juste un jeu pour se défouler :D mais il fait tellement polémique

  • foboz ~ Le 10 juin 2015 à 02:10

    Nice-su

  • milouz ~ Le 10 juin 2015 à 07:16

    C’est pas ce jeu qui fait la polémique par l’orientation de ces devs qui se revendiquerait être de gros fachos j’avais en,tendu un truc dans le genre?

  • lielith ~ Le 10 juin 2015 à 10:04

    Si c’est bien ce jeu qui avait fait cette polémique. Il a même été boycott par plusieurs site de vente/ presse spécialisée …. et serait, il parait banni de Twitch.
    La polémique fait vendre des boîtes et parler du jeu, à défaut d’avoir un contenu de folie ….
    Le genre de jeu sympa pour te défouler quand tu as passé une sale journée

  • hexen ~ Le 10 juin 2015 à 10:59

    Non, il y avait des soupçons à ce propos @Milouz, mais eux ont toujours dis que c’était bullshit. http://www.warlegend.net/dossier-hatred-mains-en-lair-lhypocrisie-ou-la-vie/