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Un cimetière bien tenu de Graveyard Keeper

Test Graveyard Keeper – Le jeu de ces morts

Les cultures bucoliques de Stardew Valley, ça va 5 minutes. Le succès du jeu préféré des fermiers a inspiré les nécromanciens de Lazy Bear Games, qui ont bien compris que le jeu-travail a son public. Ils vous proposent une alternative avec la première simulation de gestion de cimetière : Graveyard Keeper.

Stardew Death Valley

Graveyard Keeper fait partie de ces jeux que l’on peut définir comme une simulation de vie. Le titre n’est pas dénué de contexte pour autant car votre personnage est coincé dans une dimension parallèle. Arrivé dans un village médiéval par on ne sait quelle sorcellerie, votre avatar devra rentrer chez lui par n’importe quel moyen. Tout un programme.

Cimetière de Graveyard Keeper
Tiens, Stardew Valley a bien changé depuis le DLC cimetière

Livraison des corps, autopsie, enterrement et éventuellement exhumation : tout l’agenda d’un fossoyeur qui se respecte est au programme de Graveyard Keeper. À l’instar de Stardew Valley, votre partie commence dans votre maisonnette, sans que vous sachiez pourquoi vous vous y trouvez. En parlant à tous les habitants du village, vous obtiendrez des quêtes (comme dans Stardew Valley) et potentiellement des réponses sur votre existence.

Même si le contexte du jeu est glauque au possible, […] chaque dialogue est un vrai régal.

S’il est justifié de faire référence à Stardew Valley, c’est parce que Graveyard Keeper s’en inspire très fortement. À travers, vous gagnerez la confiance des personnages et toujours plus de récompenses. Le jeu possède ainsi une dimension sociale, en plus de mettre un gros accent sur la collecte de ressources et l’agriculture.

L'âne farceur de graveyard Keeper
Les cadavres vous sont livrés par un âne qui n’a pas sa langue dans sa poche

Même si le contexte du jeu est glauque au possible, il est très agréable de voir que le studio Lazy Bear n’a pas laissé l’humour de côté. Les personnages sont hauts en couleur et chaque dialogue est un vrai régal.

On ne se lasse pas de l’humour noir de Gerry, le crâne sarcastique qui vous accueille dans votre nouvelle demeure pour vous apprendre les rudiments du métier.

Cimetière, brûlé, aux vents, des landes de pierre

Bizarrement, il est très facile de se prendre au jeu d’un concept aussi sinistre. Cela est rendu possible par la progression, plutôt intelligente. Les semaines sont découpées en journées durant lesquelles certains personnages sont disponibles et d’autres pas.

Le jeu vous force à jongler entre les quêtes pour briser la monotonie inhérente au genre. Graveyard Keeper vous fait passer des pierres grisâtres de votre cimetière à un village médiéval soigné en un rien de temps. Pas mal pour se changer les idées après une autopsie sanglante.

Menu de craft de Graveyard Keeper
Au début ça va, c’est quand le nombre d’établi est multiplé par 10 qu’il y a des problèmes

Si vous avez déjà joué à Stardew Valley, vous aurez vos repères dans Graveyard Keeper, à ceci près que le jeu ne vous explique que très peu de choses. Il est malheureusement la possibilité de rater quelques tutoriels très importants.

Si le début du jeu est très accessible on peut rapidement être submergé par le nombre hallucinant de recettes et de ressources. Fabriquer de simples poutres peut prendre plus de temps que prévu, alors on choisit parfois la facilité en les achetant. Dommage.

Il est assez dommage que votre travail à temps plein ne soit pas mieux expliqué, d’autant qu’il est assez intéressant.

Pour ma part j’ai commencé à autopsier n’importe comment avant de suivre la bonne quête vous expliquant à son terme comment bien procéder.

De même, il est possible de construire des ateliers sans vraiment savoir quels ingrédients peut-on y transformer. Fort heureusement, la collecte de ressources autour de votre maison vous permettra de fabriquer le nécessaire au début du jeu.

Autopsie de graveyard Keeper
Pas question de réduire les corps en charpie dans Graveyard Keeper

Il est assez dommage que votre travail à temps plein ne soit pas mieux expliqué, d’autant qu’il est assez intéressant.

C’est un procédé assez stratégique, qui vous fera oublier tout le sordide de votre métier. Ce sera à vous de choisir quelle partie du corps vous désirez retirer, dans le but de la vendre ou d’améliorer votre cimetière.

La pierre angulaire de Graveyard Keeper est la qualité de votre cimetière, qui s’entretient par une bonne autopsie et un enterrement en bonne et due forme. Dans Graveyard Keeper, on choisit d’extraire les os ou le cœur sans aucune pensée nécrophilique.

Le farm, ça TOMBE mal

Pour entretenir son cimetière, tout le jeu se résume à un arbre de fabrication plutôt vaste. Récolter de la pierre, puis construire une enclume en bois avec des planches, que vous devez fabriquer au préalable à l’établi avec des bûches, pour finir par crafter une pierre tombale… Vous voyez le topo.

Je ne cache pas que décrire une journée type de Graveyard Keeper est ennuyant à mourir. Par nature, le jeu est très répétitif. Passées les 5 premières heures de jeu, la monotonie s’installe inexorablement.

Construction dans la morgue de Graveyard Keeper
Le travail sur les morts fait vite fondre cette foutue barre d’énergie !

Les plus courageux s’accrocheront et ne lâcheront pas leur travail si attachant. Pour voir le bout du jeu, il faut se préparer à du farming de très longue haleine. Les allers-retours sont très fréquents et le jeu vous force à constamment dormir pour recharger une barre d’énergie qui se vide incroyablement vite.

Sans énergie, impossible de faire quoique ce soit. On se retrouve au plumard toutes les 2 minutes, sans exagération. Pour y remédier ? De la cuisine, qui consomme énergie et temps en grande quantité également. Un cercle vicieux sans fin.

Je ne cache pas que décrire une journée type de Graveyard Keeper est ennuyant à mourir

Dernière grosse tare du jeu : l’aspect visuel. Bien moins charmeur que Stardew Valley, Graveyard Keeper mise sur des graphismes simples qui font penser à un jeu fait avec RPG-maker.

C’est assez laid, et surtout pas très inspiré artistiquement. Encore une fois, seuls les travailleurs acharnés pourront passer outre la faiblesse visuelle pour se concentrer sur leur travail.

Morgue de rire ?

N’enterrez pas votre espoir trop tôt : Graveyard Keeper n’est pas un mauvais jeu. Il s’adresse simplement à un public averti.

Gardez à l’esprit que vous avez des dizaines d’heures de jeu en perspective pour en voir le bout. Graveyard Keeper comporte peu d’activités, mais sait les décliner pour en faire un titre assez riche où la découverte de nouvelles recettes est constante.

Bien sûr, si l’idée qu’un jeu peut se résumer à un travail vous effraie : fuyez.

les gardes de Graveyard Keeper
Les gardes du village ne sont pas très funs, comme le jeu !

Graveyard Keeper parvient à casser la monotonie avec de savoureux dialogues et des quêtes suffisamment variées. Malheureusement, le jeu se résume à un embranchement de recettes de craft si complexe qu’on peine à y trouver un réel plaisir passées 15 heures de jeu.

Ajoutez à cela un nombre de tutoriels assez famélique, et vous obtenez un Stardew Valley version morgue très correct, qui peinera toutefois à intéresser les joueurs peu téméraires.

Points forts

  • Concept décalé
  • Humour qui fait mouche
  • Progression bien fichue
  • Personnages et quêtes varié(e)s

Points faibles

  • (Très) répétitif
  • Tutoriel très incomplet
  • Visuellement assez pauvre
  • Quelques soucis d’équilibrage

Pas loin de mourir d’ennui

13/20

Ce test a été réalisé à partir d’une version commerciale

Graveyard Keeper est disponible sur PC, Mac et Xbox One


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