lyaf
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Un peu plus d’un mois après la sortie de Star Wars : The Old Republic, un constat s’impose ; malgré une com’ avec les habituels mots-clés séduisants comme « innovative », « new experience » ou « heroic content », le jeu de Bioware se borne à fonctionner exactement selon les codes imposés par World of Warcraft. On monte son personnage en niveau à travers des zones de quêtes, on atteint le niveau maximum et ensuite on passe son temps dans des instances PvP ou à faire des quêtes journalières en attendant la Grand-Messe de la soirée, le sacro-saint raid PvE. Et c’est à ce moment que les étoiles dans les yeux se transforment en étrons de singe.

Toutes les activités proposées par le jeu tournent autour d’un seul axe, atteindre le niveau maximum pour finir l’histoire proposée à chacune des classes. Vous avez fini l’histoire de votre classe ? Il en reste 7 autres, bienvenue dans le monde de la rejouabilité. Vous aimez maximiser votre expérience de jeu sur un seul personnage ? Nous avons des quêtes journalières répétables tous les jours, bienvenue dans un monde où vous allez continuer à faire des quêtes après avoir fait 80 heures de quêtes. Du coup le reste importe peu, même si les créateurs de Baldur’s Gate ont promis des classements et des tournois pour les instances PvP à plus ou moins long terme, on a vite cerné le produit et la clientèle visée. Du coup, le cruel manque de PvP compétitif se fait sentir. Mais pour qui, au final ?

Il y a, dans l’énorme base de joueurs intéressés par le genre MMORPG, des joueurs qui ne s’intéressent qu’au PvP. Une partie d’entre eux ont fait leurs armes sur Ultima Online ou Dark Age of Camelot et veulent retrouver les sensations vécues sur ce genre de jeux, l’adolescence en moins. La découverte d’un monde virtuel, l’affrontement entre joueurs, l’évolution au sein d’une communauté, l’urgence d’un évènement de serveur ou le stress de ne pas mourir, de ne pas décevoir ses compères rendaient l’expérience de jeu très intense.

Certains d’entre eux jouent également sur d’autres supports (RTS, MOBA, FPS) mais la recherche de challenge et de l’affrontement contre un ou des autres humains domine le choix et transcende le genre, pour le coup. Tel Sheila au crépuscule de sa carrière, ces joueurs sont fripés par des années de World of Warcraft, un jeu qui, de par son succès, a imposé un cahier des charges bien rigide en termes de MMO. On en est même à se demander si c’est possible de sortir du carcan imposé par le jeu de Blizzard, qui propose un PvP linéaire, formaté et dominé par les synergies entre classes. Le problème avec ces joueurs PvP, c’est qu’ils sont infiniment moins nombreux que la masse de « nouveaux joueurs » improbablement appelés « casual players » par certains. J’ai écrit problème, car on demande en général aux minorités de s’adapter au support développé pour la majorité. Du coup, beaucoup de ces joueurs n’y trouvent pas leur compte, ne retrouvent plus les sensations qu’ils ont eues dans le passé. On appelle ça le syndrome du « c’était mieux avant ».

Après chaque sortie d’un « gros » MMO, le cercle vicieux de la hype reprend ; on va se renseigner sur le prochain hit en puissance, fraîchement dégoûté du produit d’avant et bien décidé à s’investir dans ce-nouveau-jeu-dont-on-parle-un-peu-partout-même-au-LIDL. Récemment, les cycles les plus importants ont été Age of Conan -> Warhammer Online, Warhammer Online -> Aion, et Aion -> Rift (on ne va pas parler de Darkfall, ça va embarrasser tout le monde, surtout moi). Quand on regarde son étagère et qu’on voit les boîtes de tous ces jeux (je viens d’avouer un truc dégueulasse), on se demande si le « MMO PvP » n’est pas mort, si on est pas condamnés à avoir des produits « pour tous les joueurs », des produits formatés avec des codes bien en place pour le grand public et popularisés par World of Warcraft.

Guild Wars 2 fera-t-il la différence ? Vous pouvez remplacer « Guild Wars 2 » par le nom des autres MMOs de l’étagère, à chaque fois les promesses d’une nouvelle expérience de jeu avec du contenu épique et des innovations géniales étaient ressassées sans fin, aussi digestes que des frites de lasagnes. Le jeu d‘ArenaNet sera-t-il à la hauteur des espérances de ces joueurs PvP en mal de sensations fortes depuis un trop long moment déjà ? Est-ce qu’à l’inverse de Lady Di, le jeu filera droit ? Vous le saurez dans la deuxième partie de mon billet « Qui va jouer à Guild Wars 2/2 », qui sera pour le coup écrit en latin et composé en alexandrins, mais probablement pas. Bonne nuit et bonne chance.


Professeur Hengel DefwinSpécialiste en psychologie comportementale et féru de maquettes en poisson cru à ses heures perdues, le Professeur Hengel Defwin vous livre régulièrement ses fines analyses, quand il n’est pas ivre mort en train d’insulter des chats.