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Test Sea of Thieves – La barre est bloquée à bâbord toute

Arrr ! Sea Of Thieves a enfin pris le large et les pirates du monde entier écument la Mer des voleurs en quête de richesses et d’aventures ! Favorisant le travail d’équipe, une liberté dont seuls des pirates peuvent jouir et des mécaniques que chacun peut s’approprier, montons à la vigie et observons un peu mieux comme le premier jeu exclusif Xbox Game Pass s’en sort dans le tumulte et les remous de son système bac à sable (de plage).

Tu es un pirate, Harry

Quand la première présentation de Sea of Thieves débarque à l’E3 2016, les gens étaient intrigués par deux choses : ça avait l’air fun et Rare semblait enfin aux commandes d’un vrai jeu, après un passage à vide sur Kinect. Pourtant, dès le départ, on sentait une certaine appréhension sur sa capacité à garder les joueurs en haleine sur le long terme, condamnés à répéter ad vitam nauseam les mêmes missions en boucles. Je vous rassure de suite, ce n’est pas (totalement) le cas, même si un certain état d’esprit et quelques prérequis sont nécessaires pour arriver à prendre son pied (marin) dans Sea of Thieves.

Première chose, la création de personnages est… originale. Comme dit plus haut, c’est le genre de choix de game design qui ne ravit pas tout le monde, mais Rare a toutes les bonnes intentions du monde de proposer système de création comme celui-ci. Les pirates sont générés procéduralement et sans paramètres de réglages, et la seule option que vous avez est d’en garder une sélection avant de faire votre choix final. L’avantage, c’est que ça favorise vraiment la disparité des trognes que vous rencontrerez en jeu et ainsi mieux profiter de la direction artistique cohérente et sublime de Sea of Thieves. Bien sûr, vous pouvez générer autant de pirate que vous voulez avant de trouver celui qui vous convient, mais c’est comme dans la vraie vie : on ne choisit pas vraiment sa gueule.

Il existe énormément d’archétypes et de variétés de personnages possibles.

Une fois le personnage créé, plusieurs choix s’offrent à vous : jouer seul, en duo ou avec un équipage complet. Ce n’est pas une surprise, les mécaniques de jeu de Sea of Thieves poussent les joueurs à coopérer en groupe, de manière obligatoire ou par simple question de confort. Il est tout à fait possible de jouer seul à Sea of Thieves, mais l’intérêt du titre vient principalement des interactions possibles entre les joueurs et de la narration de vos sessions qui découle de ces actions. Tout est une question de partager un « délire » autour de la piraterie dans Sea of Thieves. Les aventures, c’est fait pour être partagé et bravé ensemble. Sinon, l’intérêt est vite limité. Cela peut être vu comme une faiblesse pour certains qui ont acheté le jeu sans trop savoir dans quoi ils se mouillaient et victimes de la hype, mais les joueurs qui ont un groupe d’amis joueurs réguliers pourront s’éclater comme rarement.

Il est tout à fait possible de jouer seul à Sea of Thieves, mais l’intérêt du titre vient principalement de l’interaction possible entre les joueurs

Malheureusement, puisque nous sommes en Europe, le matchmaking est vivement déconseillé. Trouver un équipage motivé, compétent (les mécaniques ne sont pas dures à saisir, merde), et qui accepte de communiquer dans une langue qui n’est pas la leur (c’est valable aussi pour vous) est une chose bien trop rare qui finira par user vos nerfs. Seulement, les meilleures sessions de Sea of Thieves que vous vivrez seront celles où tout le monde s’entend bien, où le courant (d’eau) passe et quand les membres d’équipage arrivent à jouer ensemble de manière cohérente. L’expérience devient tout de suite grisante, voire jouissive.

Un bon travail d’équipe résulte une navigation rapide et efficace.

Fais ce qu’il te plaît, vivre en pirate c’est ça.

La prise en main de Sea of Thieves est instantanée et favorise l’immersion en bien des points. Pour commencer, pas de HUD en dehors de votre barre de vie. Tu veux connaître l’heure de la journée ? Tu sors ta montre. Tu veux une direction ? Tu sors ta boussole. Tu veux savoir où tu es ? Tu sors ta carte et te creuses les méninges. Toutes les informations que vous avez besoin de savoir se lisent dans l’environnement pour qui sait où regarder. Un cercle de mouette indique la position d’une épave, les tempêtes peuvent être repérées au loin, il suffit de lever les yeux pour voir la direction du vent, etc.

« La modélisation de l’eau est complexe et sublime » — IGN 11/10

Les interactions que vous avez avec l’environnement sont également très simples, mais pourtant très complètes. Le genre de possibilités qui pourrait presque qualifier Sea of Thieves de jeu à gameplay émergeant. La navigation en est un parfait exemple. Que vous soyez sur un Sloop ou un Galion, les principes sont les mêmes, mais l’échelle — évidemment — diffère. Chaque joueur peut s’atteler à une tâche comme bon leur semble, comme sur un vrai bateau (simplifié) : maintenir la barre, régler la voilure ou son orientation, vérifier le cap sur la carte de l’océan, monter à la vigie pour surveiller les environs, réparer la coque avec des planches, ou encore écoper l’eau de la cale.

La prise en main de Sea of Thieves est instantanée et favorise l’immersion en bien des points

Il y a beaucoup de choses à faire, et se répartir les tâches de manière efficace est un accomplissement en soi. Parfois, il faudra se prêter main-forte sur une même tâche, selon la situation. Par exemple, l’ancre du bateau est lourde, et vous ne sera pas de trop pour la lever rapidement. Idem pour la voilure qui est plus facile à manipuler si vous êtes deux. Et quand on sait que le bateau réagit de façon réaliste à la houle des vagues d’une mer dont c’est la MEILLEURE MODÉLISATION GRAPHIQUE ET PHYSIQUE EN DATE (oui), on s’y croit à 200%.

Du danger ? Cap sur le danger !

Bien naviguer sur la Mer des voleurs et un bon moyen de ne pas s’ennuyer pendant les trajets qui peuvent être un tantinet long, jusqu’à même les raccourcir. Même lors de batailles navales (qui sont quand même brouillonnes), une meilleure coordination et une bonne connaissance de la gestion du bateau permettent de mieux le manoeuvrer et avoir le dessus. Pas de niveaux d’expériences, pas de compétences spéciales, tout le monde à accès aux mêmes outils dès le début du jeu.

Pas de niveaux d’expériences, pas de compétences spéciales, tout le monde à accès aux mêmes outils dès le début du jeu.

Cependant, cette prise en main simplifiée pour mieux la diversifier a quand même ses lacunes, comme un combat à pied des plus… simplets. Vous avez le choix entre un coutelas et trois armes à feu différentes, avec cinq munitions pour ces derniers. Pour le sabre : une attaque simple en combo de trois, une attaque chargée et une parade et c’est tout. Certes, quelques mécaniques permettent de prendre l’avantage sur l’adversaire comme le déstabiliser avec une bonne défense pour contre-attaquer, mais, même si l’intention est louable afin de privilégier le combat en groupe, il est juste dommage que le système soit aussi rigide. Sans parler des armes à feu qui sont réellement léthales dans de bonnes mains au point d’être perçus comme injustes.

Ascenseur émotionnel : détérrer pleins de coffres pour se les faire piller lamentablement 10 minutes plus tard

Voyages, Voyages

Une fois le jeu bien en main, qu’est-ce qu’on y fait dans la Mer des voleurs ? Et bien, à peu près ce qu’on veut (ou presque).

Pour gagner de l’argent dans Sea of Thieves, vous devrez accomplir des Voyages. Proposées par trois factions différentes avec chacun leurs objectifs, ces Voyages ne sont pas réellement des missions à propemenent parler, mais un moyen d’être dirigé vers des objets à récupérer et à vendre. Une fois un Voyage terminé, rien ne vous empêche d’enchaîner sur un deuxième plutôt que de perdre du temps à faire des allers-retours au port. Seulement, si votre bateau coule, vous perdez tout. À vous d’évaluer les risques.

Accomplir des Voyages et rapporter des objets utiles à chaque faction vous apporte de la réputation auprès de ces dernières, et vous donne accès à des Voyages de meilleure qualité, parfois plus longs, mais dont la récompense vaut bien plus la chandelle.

Même au 2545e coffre déterré, on ressent toujours un petit truc.

Il n’y a pas que des Voyages qui vous permettent de dénicher des richesses. Certaines îles possèdent des marchandises à récupérer, des cartes aux trésors peuvent être trouvées dans des bouteilles échouées, des épaves peuvent être explorées pour récupérer des coffres et des bibelots. Malheureusement, ces événements aléatoires sont bien trop peu nombreux et bien trop peu fréquents.

Les forteresses pirates squelettes ne sont pas prendre à la légère.

Nonobstant, on ne va pas se mentir, la routine s’installe vite et l’ennui guette rapidement, et ce ne sont pas des attaques périodiques sur des forteresses squelettes ou des attaques-surprises de Kraken impressionnants (la première fois) mais bien trop facile à échapper ou à battre, qui changeront réellement quoi que ce soit.

On ne va pas se mentir, la routine s’installe vite et l’ennui guette rapidement.

Jusqu’au bout de monde

Si le jeu peut se révéler être excellent à certains moments, comme dit plus haut, tout dépend de l’état d’esprit du joueur. Si votre but et d’amasser un maximum de richesse pour ensuite devenir plus fort, vous allez être déçu, car les seules choses pour lesquelles vous pourrez dépenser votre or seront des éléments cosmétiques qui coûtent une jambe (littéralement). Plus vous montez en réputation, plus de choix vous seront offerts. Seulement, une fois qu’on a habillé son pirate de la béquille au cache-oeil, il est difficile de justifier ce grind à la Elite jusqu’au statut Légendaire. Bien sûr, Rare veut être rassurant sur ce point et explique que le prix élevé du jeu représente l’apport de contenus soutenu et régulier sur les deux prochaines années, sans aucune participation financière supplémentaire de la part du joueur (pas de DLC).

Il y a aussi de gros problèmes de mécaniques de gameplay qui peuvent aussi vous vous faire arracher les cheveux, comme une pénalisation de la mort complètement absente dans Sea of Thieves. Quand un joueur meurt, il réapparait 30 secondes plus tard sur son bateau et les combats entre équipages finissent par ressembler à des attaques suicides en boucle. Marrant au début, très vite redondant sur la fin. Pareil pour les attaques de forteresses squelettes qui durent une plombe et qui ne sont pas intéressantes. Il suffit d’accoster son bateau tout près et de dégrossir le rang des squelettes jusqu’à la fin des vagues. Les forteresses ont été pensées pour être conquises avec plusieurs équipages en coopération, et la non-peur de la mort les pousse ensuite à s’entretuer afin de récupérer tout le butin au lieu de le partager, comme le code pirate l’exigerait.

8 170 doublons pour se faire couper la jambe et la remplacer par du bois moisi?! J’achète !

L’aventure devenant rapidement frustrante pour des exemples cités plus hauts, Rare a réellement pensé son jeu pour être jovial et chaleureux, mais ce gameplay « émergeant » permet aussi aux joueurs de pourrir la vie des autres, et comme on est sur internet, personne ne va se priver. Si vous arrivez à vous débarrasser d’un équipage adverse, leur bateau réapparait à l’île la plus proche, leur permettant de revenir à la charge. De plus, se battre dans les avant-postes est possible, juste histoire d’emmerder ceux qui veulent décharger tranquillement leur butin, qu’ils ont mis des heures à acquérir.

Rare a réellement pensé son jeu pour être jovial et chaleureux, mais ce gameplay « émergeant » permet aussi aux joueurs de pourrir la vie des autres

De même, on sent que le jeu a subi de nombreuses modifications et de nombreux changements d’intentions, comme les mécaniques de bases qui n’ont pas été aussi poussées comme Rare l’aurait voulu. Par exemple, les nuits dans Sea of Thieves sont grisantes de réalisme : on n’y voit rien. Lors de l’exploration d’une île, il n’est donc pas rare qu’un joueur porte une lanterne pour éclairer les autres et les aider à se repérer. Cependant, chacun possède une copie de la carte du voyage et qui est parfaitement lisible dans le noir. Ainsi, la chasse au trésor finit par être un chacun-cherche-dans-son-coin. Il aurait été plus malin de réserver la carte à celui qui l’a récupéré et que les autres l’aident à la déchiffrer en étant à proximité de lui (et en l’éclairant), d’autant plus qu’il est possible de montrer explicitement la carte à un joueur proche (inutile, donc). De la même manière, un joueur peut s’engouffrer dans un canon pour être propulsé, mais ce dernier peut faire feu de l’intérieur, limitant ainsi la coopération de ce genre d’action (pourtant très fun).

Je les ai appelés Riri, Fifi et El Pollo Diablo

Potentiel raté en vue, mon capitaine !

Sea of Thieves, c’est un peu comme la saga Pirates des Caraïbes : les premiers films sont fun et jouissifs, mais on finit par se lasser par manque de diversité et de nouveautés. C’est réellement dommage, parce que le jeu a le potentiel pour devenir quelque chose de grand. Son accessibilité et sa simplicité qui invitent à la créativité, qui est son point fort, devient rapidement son point faible. S’amuser énormément sur Sea of Thieves est possible, mais seulement avec l’esprit léger et les bons potes réguliers. Son aspect bac à sable n’est pas assez poussé pour que son faible contenu se suffise à lui même. Rare a fait de l’excellent boulot sur beaucoup de points, mais la sensation d’inachevé est impossible à cacher. En espérant que le suivi du jeu sera aussi exceptionnel que Rare et Microsoft le clament depuis longtemps. Ainsi, Sea of Thieves est dans un tel état qu’il faudra qu’on s’y repenche d’ici quelques mois.

► Points forts

  • Direction artistique sublime
  • Les bons gros clichés de la piraterie qu’on aime
  • L’immersion
  • La navigation qui réserve quelques subtilités
  • Un jeu très solide à plusieurs
  • Tout le monde à la même enseigne
  • Gameplay très simple pour un maximum de créativité
  • Meilleures modélisation et physique de l’eau de l’Histoire du jeu vidéo
  • Meilleur système d’ébriété de l’Histoire du jeu vidéo
  • Le Hurdy-Gurdy est devenu mon instrument de musique préféré

► Points faibles

  • Très difficile de jouer avec des étrangers pas motivés
  • Fini par être très redondant avec si peu de contenu
  • Les bonnes surprises trop rares
  • Des bateaux gratuits à vie
  • On peut naviguer plusieurs heures sans croiser un seul autre bateau
  • Les autres joueurs parfois plus chiants que nécessaire
  • Système de combat à pied trop simple
  • Mourir ? Pas grave
  • Les batailles navales qui ressemblent parfois à pas grand-chose
  • N’est pas allé jusqu’au bout de certains aspects de gameplay
  • Le Windows Store sur PC

Mille milliards de mille bâillements

14/20

War Legend a bénéficié d’une copie du jeu de la part de Microsoft.

Vidéo Test de Sea of Thieves

Sea of Thieves est disponible sur PC et Xbox One/X.


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  • denpxc ~ Le 25 mars 2018 à 13:06

    Il y a une arnaque dans ce jeu c’est de l’avoir suggeré MMO alors que ce sont des instances de 16 joueurs (4 bateaux max), le nomansky arnaque n’est pas loin, cumulé avec le peu de endgame content, dans 1 mois j’attends les news comme quoi le jeu a perdu 95% de sa population